Le roman est celui d'Abraham et de Sarah et de la naissance miraculeuse d'Isaac, ses géniteurs étant alors âgés respectivement de cent et quatre-vingt-dix ans. Histoire qui déjà, dans la concision de versets bibliques, frappe par sa vigueur primitive, la hardiesse d'une sorte de romanesque divin absolument ignorant de toute morale, mais qui n'exclut ni l'astuce ni l'humour. C'est ainsi que l'on voit par deux fois le patriarche, par souci de sa sécurité proche, céder sa femme aux souverains qui l'accueillent : Pharaon d'abord, Malchisédech ensuite. C'est ainsi qu'Abraham puis Sarah, incrédules, ayant ri en secret à l'annonce qu'un fils va leur naître, le Seigneur attribue aussitôt à ce fils le nom d'Isaac, qui signifie "rire" en hébreu. Mario Brelich suit fidèlement le texte biblique, et tout son livre est une démarche pour en combler les nombreuses lacunes, s'aidant d'une érudition qui couvre aussi bien la théologie chrétienne que la tradition rabbinique et arabe, l'ethnologie, la psychanalyse. Le résultat est surprenant. Le récit de la Genèse, projeté sur l'écran de la pensée moderne, prend une actualité passionnante.
Nombre de pages
288
Date de parution
05/10/1978
Poids
320g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070273102
Titre
L'étreinte sacrée
Auteur
Brelich Mario
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
320
Date de parution
19781005
Nombre de pages
288,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Dans son appartement du faubourg Saint-Germain, sur la fin de sa vie, le détective d'Edgar Poe, Dupin, reçoit la visite de ce "vieil ami" qui fut l'interlocuteur attentif de ses enquêtes déductives. Ensemble, ils découvrent dans un dossier jauni l'ébauche d'un récit oublié de Dupin, sur Judas. "L'affaire Judas", énigme à ses yeux, est en effet la seule qu'il n'ait pas encore résolue. Assis dans son fauteuil, il va se lancer pour son ami dans la plus rigoureuse élucidation du mystère qu'est resté le "crime des crimes". Première constation : sur le pourquoi et le comment de la trahison, les Évangiles sont muets. Les ennemis de Jésus n'avaient nul besoin de Judas ni de son baiser pour se saisir de lui. Il était à leur merci. Quant aux mobiles, seul des évangélistes, Jean, vaniteux et perfide comme à l'accoutumée, qui prétend avoir tout su à l'avance (et n'en aurait rien dit), s'avise de présenter Judas comme un voleur professionnel. Mais trente deniers sont une somme ridicule (et Judas était le trésorier de la troupe). Si Judas n'a pas de mobiles, Jésus lui, à l'inverse, en a à profusion. La trahison est nécessaire à la rédemption. Désigné par Jésus comme son complice, en quelque sorte, Judas le satanique est le seul à savoir que Jésus est le fils de Dieu. Ce roman policier qui ouvre sur de riches perspectives théologiques aboutit à l'évidence que "le mystère éclairci n'en reste pas moins mystère".
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.