Massenet, dont le buste trône en haut de l'escalier d'honneur de l'Opéra-Comique, est mort en 1912. Au pied du même escalier, sa Manon accueille les spectateurs, car, avec Carmen, elle représente l'un des deux piliers de ce théâtre : en 1884, Massenet, alors âgé de 42 ans, contribue de façon décisive à moderniser le genre de l'opéra-comique tout en rendant hommage à ses origines. Puis, après avoir popularisé dans le monde entier l'esprit de la salle Favart, il donne à son théâtre de prédilection la création ou la première parisienne de ses principaux ouvrages (Werther, Le Portrait de Manon, Grisélidis, Le Jongleur de Notre-Dame, Chérubin, Thérèse, etc.) ou ballets (Cigale, Les Rosati). Aussi l'Opéra-Comique lui a-t-il rendu hommage a l'occasion du centenaire de sa mort en proposant diverses manifestations parmi lesquelles une journée d'études dont le présent volume rassemble les actes. Des chercheurs d'horizons divers étudient des aspects aussi précis que complémentaires et jusque-là peu abordés, d'une production multiforme, touchant aussi bien aux oeuvres elles-mêmes, des plus célèbres (Manon, Werther) à d'autres moins connues (La Grand'Tante, Visions..., Cigale), qu'à certains de leurs aspects périphériques, comme l'interprétation (Lucien Fugère, Léon Beyle), la mise en scène ou l'iconographie qui les accompagnent (affiches et partitions). Actes de la journée d'études du 8 décembre 2012, Opéra Comique
Dans l'histoire de la danse en France, deux périodes ont véritablement retenu l'attention des chercheurs: la période romantique, dominée par une oeuvre phare - Girelle - puis celle des Ballets russes qui s'étend de 1909 aux années vingt, car, entre ces deux moments clefs, l'art chorégraphique aurait été en proie à une profonde inertie. Fruit de la collaboration entre l'Université Jean Monnet et l'Opéra Théâtre de Saint-Etienne, le présent ouvrage souhaite battre cette idée en brèche. Sept articles - issus d'une journée d'études qui s'est tenue à l'Opéra Théâtre - illustrent des aspects les plus divers de la danse, au tournant des XIXe et XXe siècles, pour attester de la vitalité d'une époque qui a, en définitive, préparé le succès des Ballets russes: création d'oeuvres chorégraphiques fondamentales, comme Coppelia et Sylvia de Delibes ou Namouna de Lalo; présence accrue de la danse au théâtre lyrique avec l'exemple de Massenet; développement des théâtres secondaires et des genres qui leur sont liés (le ballet populaire des Folies-Bergère); intégration des principes wagnériens au ballet (Alfred Bruneau); naissance de manifestations originales (Le Couronnement de la Muse de Gustave Charpentier); renouvellement de l'interprétation et des genres (Loïe Fuller et la pantomime). La thématique des actes de la journée d'études s'inscrit dans le programme de recherche du Centre Interdisciplinaire d'Etudes et de Recherches sur l'Expression Contemporaine (CIEREC) pour le quadriennal 2007-2010: "Rythmes, corps, espaces".
Branger Jean-Christophe ; Ramaut Alban ; Bartoli J
Le présent ouvrage rassemble les actes du colloque organisé dans le cadre du 8e Festival Massenet de l'Opéra Théâtre de Saint-Etienne, autour des représentations du Jongleur de Notre-Dame de Massenet. L'opéra - genre, par excellence profane -, a manifesté, sous la très officiellement laïque IIIe République, un commerce singulier avec les sujets inspirés de la religion catholique. Etait-ce, outre une évidente question politique, l'attrait du fruit défendu, ou l'affirmation d'une appartenance imprescriptible qui multiplia les ?uvres en ce domaine? Etait-ce le témoignage d'une forme complexe d'indifférence à la foi et la libération paradoxale d'un sensualisme insistant qui établit le christianisme en mythologie païenne? Le Jongleur de Notre-Darne, Thaïs, Le Roi d'Ys, Hérodiade, Samson et Dalila, Le Rêve, Lazare, Fervaal, La Légende de Saint-Christophe, Le Martyre de Saint-Sébastien croisent ainsi la pensée d'Ernest Renan, celle du dernier Zola mais aussi le pinceau de Gustave Moreau, voire la planche de l'architecte Pierre Bossand, offrant autant de réponses éclairantes. Si l'étude, jamais entreprise jusqu'alors, de cette question fait apparaître comment l'opéra représenta par excellence la division de la France dans le domaine de la spiritualité, des arts et des m'urs, elle révèle aussi l'avènement d'une identité nouvelle de l'homme. Car celui qui veut se dégager de l'emprise de la religion en la mettant en scène, reçoit peut-être en guise d'ultime révélation, la certitude promise à un avenir esthétique musical certain, et déjà affirmée par Kierkegaard avant 1850, selon laquelle le christianisme aurait inventé l'érotisme.
Le présent ouvrage constitue les actes d'un colloque international qui s'est tenu les 9 et 10 novembre 2007 dans le cadre du IXe Festival Massenet organisé par l'Opéra Théâtre de Saint-Etienne, dont l'?uvre maîtresse était Ariane (1906) de Massenet. Composé sur un livret de Catulle Mendès, d'après le mythe antique, cet opéra inaugure en fait une série d'ouvrages du compositeur fondés sur un sujet antique - Bacchus (1909), Roma (1912) et Cléopâtre (posthume, 1914) - qui, s'ils ne font pas partie de ses opéras les plus connus, n'en constituent pas pour autant des exemples isolés: après avoir été délaissée, l'Antiquité classique, liée depuis toujours à l'opéra, connaît à partir de la fin du XIXe siècle un regain de faveur auprès des compositeurs d'opéra français. De la Sapho (1851) de Gounod à l'?dipe (1936) d'Enesco, en passant par Phryné (1893) de Saint-Saëns, Aphrodite (1906) d'Erlanger et Louis ou Quo Vadis! (1909) de Nouguès et Sienkiewicz, nombre d'?uvres, connues ou méconnues, ont puisé leur thème et parfois leur inspiration musicale dans la Grèce ou la Rome antiques, jusqu'à la parodie avec Offenbach. Les quatorze chapitres de ce volume proposent une réflexion sur les divers aspects et fondements de cette redécouverte qui a peu retenu l'attention des chercheurs.
A la suite de la réforme de Benoît d'Aniane (816), le clergé était régulièrement partagé en trois groupes : les moines, les chanoines et les religieuses. Pour les hommes il y avait ceux qui se coupaient du monde, les moines, et ceux qui y demeuraient, les clercs et les chanoines; les premiers pouvaient rester laïcs, les seconds recevaient les ordres de la cléricature, notamment le diaconat puis la prêtrise. Toutefois le partage n'était pas entièrement satisfaisant, car certains chanoines voulaient eux aussi mener une vie placée sous le signe d'une règle, comme les moines, et suivre le régime des Apôtres, marqué par une vie commune et l'absence de propriété personnelle. Au début du XIe siècle, à l'instigation de la communauté religieuse de Saint-Ruf, près d'Avignon, un mouvement se développa dans cette direction et, en 1092, le pape Urbain II en vint à soutenir les chanoines qui adoptaient une règle nouvelle, dite de saint Augustin, distincte de celle de saint Benoît de Nursie. Ainsi se trouvait créée une catégorie de religieux intermédiaire entre les moines et les chanoines. Le sixième colloque international du CERCOR, dont les actes sont publiés ici, leur a été entièrement consacré. Il comprend deux groupes de communications : le premier s'attache à la définition des chanoines réguliers face aux moines et aux chanoines séculiers et à l'étude de leur spécificité en matière de liturgie, d'enseignement, d'accueil des pauvres et des femmes, d'ouverture aux laïcs ; le second examine l'expansion des chanoines réguliers dans certains pays (France, Empire, Italie, Espagne, Grande-Bretagne).