Au risque de sa vie, Ophélie cache Hamlet dans une mansarde à Varsovie pendant les cinq années de guerre ; après ce long huis clos d'une passion dévorante, quels rôles leur fera jouer l'ironie grinçante du destin dans la Pologne d'après-guerre (L'art d'être aimée) ?Comment décider de la culpabilité d'un général nazi dans le génocide, qu'il a tenté d'éviter, d'une population placée sous son autorité ? Quel a été ensuite son rapport à la folie méthodique du nazisme ? C'est ce que tente de découvrir un reporter américain dans un face-à-face sans merci (L'interview de Ballmeyer). Comment, de son côté, une ex-avocate du barreau de Varsovie, exilée depuis trente ans à Paris, vit-elle le souvenir de sa participation en toute bonne foi aux procès truqués de la Pologne stalinienne ? Est-ce un revenant de son passé, porteur d'étonnantes révélations, qui pourra enfin départager à ses yeux l'innocence et la culpabilité qu'elle a jadis tant mêlées (L'art de la conversation) ?Une jeune émigrée d'avant Solidarité, établie à New York, vient interviewer un grand metteur en scène de théâtre polonais en tournée à Paris : deux générations s'affrontent, confrontent leurs visions de la vie et du passé, leurs relations au visage multiple de la Pologne. L'un après l'autre, les masques tombent, jusqu'aux vérités ultimes (Madame King). Un écrivain célèbre, enfin, règle parodiquement ses comptes avec son public, son oeuvre et lui-même, dans un discours de jubilé d'une drôlerie implacable, trop délirant pour ne pas être l'écho d'une inquiétante réalité (De vous à moi).
Nombre de pages
216
Date de parution
15/09/1993
Poids
262g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070729821
Titre
L'art d'être aimée et autres nouvelles
Auteur
Brandys Kazimierz
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
262
Date de parution
19930915
Nombre de pages
216,00 €
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Résumé : Ni histoire ni roman : une exploration de cette région incertaine où les deux se rencontrent et s'interpénètrent. Des choses vues, certes, mais par un écrivain qui les réfracte dans son regard et dans son style, et les éclaire par ses souvenirs et par ses phantasmes. Les faits se mêlent aux fictions, à l'image de la Pologne de Solidarnosc et des années qui en ont préparé l'éclosion, amalgame inconcevable et explosif du totalitarisme et de la liberté, du réel et du rêve. De la Pologne qui se montre ici exotique et proche à la fois, à travers une suite d'anecdotes, de portraits, de scènes de genre, où le sinistre côtoie le sublime et où l'humour est au rendez-vous, même et surtout quand on craint le pire. Ce pire qui est arrivé, casqué et botté, au petit matin d'un certain dimanche de décembre... Conte et chronique, essai, journal : ce livre inclassable, poignant et tonique, c'est simplement de la littérature. Gardienne de la mémoire, servante de l'espoir.
Résumé : "Avec Hôtel d'Alsace et autres adresses, trois essais sur Wilde, Gide et Léautaud, Kazimierz Brandys nous offre une démonstration magistrale de ce que peut être un "portrait littéraire", lorsque sont mis à son service le style, la culture et une extrême intelligence des faits et des textes. "Portrait" est bien le mot, non de la vie seulement ou de l'oeuvre, selon la vieille distinction scolaire, mais aussi "portrait" de ce qui fait un écrivain, de ce travail énigmatique et continu par lequel la vie et l'oeuvre s'échangent. Sans doute Kazimierz Brandys ne partage-t-il nullement l'aventure privée des trois hommes. Mais son propre destin d'écrivain polonais depuis dix ans résidant à Paris, et pour qui la culture française fut une ressource, une alliée, un héritage choisi, ne pouvait que le rendre profondément sensible à ces déchirures privées, à ces contradictions publiques, à ces réconciliations dont l'oeuvre littéraire est le lieu". Danièle Sallenave.
Résumé : Qui donc est le héros du livre ? Ce qu'on remarque d'abord, c'est son anonymat. C'est "Everyman", l'homme de la rue, l'individu moyen, plus précisément, le Polonais moyen qui a eu vingt an en 1946, a fait la guerre, s'est retrouvé dans un camp d'extermination, a refait surface, et aujourd'hui, au milieu des années 1960, vit la vie la plus banale de paisible "cadre". Mais ce lot de quotidienne grisaille, notre homme, farouchement, refuse de l'accepter : son histoire - nous le découvrons - est tissée de révolte, révolte affirmée contre le fait même d'exister. "L'homme, nous dit l'auteur, n'est pas sensé parler à un tournant décisif de sa vie - son texte est ce qui le préoccupe tous les jours à l'état de veille, un murmure intérieur modulé au fil des ans..." Ce murmure intérieur n'est rien moins qu'une vaste remise en question de notre destinée - encore une sans doute, mais celle-ci spécifiquement polonaise. Si par sa substance et par la belle retenue et la tension du style Façon d'être fait penser au Camus de La Chute, par sa forme profondément originale, qui tour à tour relève du récit objectif, du monologue intérieur et du scénario fortement charpenté, le roman de Brandys rappelle à plus d'un égard l'un des chefs-d'oeuvre scéniques de Samuel Beckett, La Dernière Bande.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.