Moi, Emma Delaney O'Halloran, tout à fait saine d'esprit et, dans l'ensemble, de corps, lègue, en ce jour du 12 octobre, mes expériences au monde sous la forme de ce journal. D'autre part, tous mes biens matériels, je les lègue à vous, mes enfants et petits-enfants, mais seulement après ma mort. Ma mort étant d'ailleurs la condition principale à remplir avant que quiconque soit autorisé à lire ce journal. " Après quarante-cinq ans de vie commune, la narratrice, une ménagère californienne de 69 ans, en a eu assez de son mari Marvin. Il collectionnait les armes à feu, n'en finissait pas de fulminer contre les noirs et les juifs. Alors, avec une de ses carabines, elle lui a tiré une balle dans la tête et l'a enterré dans le jardin, près des rhododendrons. Elle s'apprête enfin à jouir de sa liberté et à mener sa vie comme elle l'entend : regarder ses feuilletons de télévisions préférés en sirotant du cognac. Hélas, cette liberté bien méritée, Emma ne l'aurait-elle pas chèrement acquise ? Au prix de sa raison qui chavire ? Assurément, au fil de son journal elle mène un combat de plus ne plus douteux avec la réalité. Mais arrivé in extremis, Teddy, le charmant faussaire toxicomane, saura remettre un peu d'ordre dans la vie et l'esprit confus de sa pauvre grand-mère. Avec son deuxième roman, Scott Bradfield est passé maître dans l'art de conjuguer la comédie loufoque et l'extrême gravité. A travers la satire décapante d'une Californie ordinaire, c'est à la folie et au malaise profond de l'Amérique qu'il s'attaque. En dépit de ce qui cloche dans ce pays, tout n'est pas si mauvais, puisqu'un auteur du calibre de Scott Bradfield y puise son inspiration, pour notre grand divertissement.
Nombre de pages
228
Date de parution
31/01/1996
Poids
240g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782020225212
Titre
Ce qui cloche en Amérique
ISBN
2020225212
Auteur
Bradfield Scott
Editeur
SEUIL
Largeur
140
Poids
240
Date de parution
19960131
Nombre de pages
228,00 €
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Lové sur le siège arrière d'une vieille Ford qui l'emporte avec sa jolie maman dans une perpétuelle fuite en avant à travers la Californie, Philip, petit Odipe surdoué de sept ans, est heureux. Un jour Maman fait une tentative de stabilité. Aux motels de passe et aux cartes de crédit volées succèdent Pedro le gros quincailler, ses aphorismes de brave homme, ses menaces d'un foyer permanent et d'une enfance abominablement normale. Une bonne dose de Séconal et l'emploi judicieux de quelques outils supprimeront vite cet obstacle à la reprise de la course démente d'un petit garçon fou d'amour et d'une mère tout aussi névrosée qui ne sait plus qu'aller tout droit sur les routes qui ne mènent nulle part. Pourtant, Maman finit par faire halte, louer une maison et se réfugier dans sa chambre et dans l'alcool... Entre deux cambriolages - il faut bien vivre - ses copains, Rodney le nihiliste et Béatrice, une redoutable féministe marxiste souvent barbouillée de chocolat, Philip décide de reconstruire sa planète comme il la rêve, un monde où l'enfance ne meurt pas. Mais à l'horizon se profilent le père et la terrifiante obligation de grandir... Dans cet extraordinaire premier roman, Scott Bradfield distille, avec un art diabolique, angoisse, folie et humour noir, en les assaisonnant en permanence d'une immense et cruelle tendresse.
Lecteurs, attention. Tricotées de vertiges et déposées au bord d'un précipice, ces nouvelles risquent de vous éclater à la figure. Tendres, pathétiques, sournoises, elles sont le porte-voix d'hommes, de femmes, d'enfants, d'un chien que l'existence, à force d'ordinaire et de solitude, conduit, par simple instinct de survie, de l'autre côté du miroir. Tous voyagent autour de leur chambre, de leur bureau, de leur niche, devenant, dans un pays où les mirages le disputent aux chimères, des proies rêvées pour les vendeurs d'illusions. Larguant avec allégresse les amarres de la réalité, ils partent dans la toundra, la prospérité, la préhistoire, à la recherche des continents perdus d'une innocence pas très catholique. Ils vont jeter l'ancre ailleurs. Et ce n'est que leur " enveloppe corporelle " que nous envoient ces Bons Baisers de la Terre.
Résumé : Imaginez un monde appartenant presque exclusivement à la multinationale Amazin, où vous ne pouvez plus échapper aux vendeurs insistants dès que vous avez manifesté de l'intérêt pour un produit, où votre persistance à mener une vie non connectée vous vaut les soupçons de la police Amazin... Ce monde dystopique, c'est celui que dépeignent Damian Bradfield et David Sánchez dans ce recueil d'histoires courtes et troublantes. Catastrophisme ? Délire de Cassandre ? Damian Bradfield sait malheureusement de quoi il parle, puisque en tant que cofondateur de WeTransfer, il pose les briques de ce monde possible au quotidien.
Quand j'écrivais Tombe en 1970 je voulais relever une tombe, et relever d'une mort vénéneuse. Je voulais désenfouir un secret et je l'enfouissais sous un texte. Je travaillais sans arrêt, je fouissais, Tombe faisait un travail de taupe. Curieusement l'écureuil, dans certains cas, fait aussi un travail de taupe. Ainsi l'Ecureuil de Tombe, citoyen américain par ailleurs, (j'en parlerai plus bas) est à moitié souterrien. Tombe voulait sortir vivant quand même d'un séjour aux Enfers et ne trouvait pas la sortie. La porte d'entrée refuse la sortie. Il faut trouver une autre porte. Tombe avait dû commencer à se frayer un texte sous le texte dès 1964 aux USA. Je voyais bien les textes se bosseler devant mes pages. Jusqu'au jour où il y eut une déchirure dans mes vies par où Tombe put lever. Mais seulement ce Tombe ou cette tombe. Ce n'est pas cela. Je voulais écrire un livre, ma langue a fourché, Tombe est né de cette fourche. Né fourchu. Double. Avec la mort en tiers. Tombe appartient dans mon ?uvre en général à l'espèce des Livres qui se sauvent, dès que je cherche à écrire ce livre, il détale devant moi. C'est peut-être moi qui fuis. Entre nous il y a fuite. Tombe pressent, préécrit le livre qui le hante, sans le savoir. Veille. Attend. Sans que je sache. Attend trente ans. En 2001 la scène de Tombe s'ouvre sur Manhattan, Lettres de la Préhistoire. Les Enfers ont longtemps voyagé.
Résumé : La critique empiriste des prétentions universelles de la pensée humaine est-elle réellement fondée ? On sait que c'est le problème de Kant. Mais Quentin Meillassoux montre avec une force étonnante qu'une autre compréhension de cette critique, restée en quelque sorte dissimulée, bien que plus "naturelle", aboutit à un partage des ambitions de la pensée très différent de celui proposé par Kant. Il établit en effet qu'une seule chose est absolument nécessaire : que les lois de la nature soient contingentes. Ce noeud entièrement nouveau entre les modalités contraires installe la pensée dans un tout autre rapport à l'expérience du monde, un rapport qui défait simultanément les prétentions "nécessitantes" de la métaphysique classique, et le partage "critique" entre l'empirique et le transcendantal. Cette remarquable "critique de la Critique" est ici introduite sans fioritures, coupant vers l'essentiel dans un style particulièrement clair et démonstratif. Elle autorise à nouveau que le destin de la pensée soit l'Absolu, et non la "finitude" dans laquelle nous nous complaisons en laissant la morale, ou le "retour du religieux", servir de fictif supplément d'âme. Quentin Meillassoux est né à Paris, en 1967. Il enseigne la philosophie à l'Ecole normale supérieure (Ulm), et a également publié Le Nombre et la Sirène. Un déchiffrage du Coup de dés de Mallarmé (Fayard, 2011).