Pour la première fois de leur histoire, la Bibliothèque royale de Belgique et la Bibliothèque nationale de France réunissent leur collection pour offrir au public le plus large, un panorama de la miniature flamande en une exposition de portée internationale. Le premier volet se tient à Bruxelles, le second à Paris. La richesse des fonds respectifs et l'échange mutuel de pièces permet de présenter dans les deux capitales des manuscrits différents, tous exceptionnels. Un catalogue scientifique commun et une exposition virtuelle partagée accompagnent l'événement. L'ensemble du projet s'appuie sur des recherches entreprises depuis plusieurs années dans les deux institutions à l'occasion de la publication de catalogues raisonnés. Plus de 140 manuscrits enluminés parmi les plus prestigieux - dont certains n'ont plus été montrés depuis plus de 50 ans - seront présentés au public dans une mise en scène originale, qui mettra en valeur ces pièces exceptionnelles tout en respectant le contexte qui les a vues naître. Au fil des pages, le visiteur plongera ainsi au c?ur d'un imaginaire médiéval peuplé de héros et de légendes, où Alexandre le Grand, Charlemagne, Lancelot et la fée Mélusine côtoient Renard le goupil, des dragons ailés et des licornes bienveillantes. La miniature flamande. L'apogée du livre manuscrit. Age d'or de la miniature flamande, le XVème siècle marque un tournant dans l'histoire du livre manuscrit. Le Siècle de Bourgogne s'inscrit dans les églises gothiques, les retables brabançons, la tapisserie, les splendeurs de la musique polyphonique ou la peinture des Primitifs flamands. Mais cette efflorescence artistique voit surtout l'essor sans précédent dans les anciens Pays-Bas méridionaux de l'art de l'enluminure, la peinture des livres. De l'avènement de Jean sans Peur (1404) à la mort de Marie de Bourgogne (1482), des villes opulentes comme Bruges, Gand, Bruxelles, Valenciennes, Lille ou Tournai s'imposent comme de véritables pépinières d'artisans, de copistes, de relieurs et de miniaturistes au centre d'une production écrite d'une qualité exceptionnelle. Mécène engagé et bibliophile averti, le Grand duc d'Occident, Philippe le Bon, troisième héritier de Bourgogne de la maison de Valois, donnera une impulsion incroyable aux arts du livre sous toutes ses formes. Pour satisfaire son goût du faste et justifier ses aspirations politiques, il se tournera vers les meilleurs miniaturistes. Sous son règne, la "lettre" va acquérir ses titres de noblesse. Son fils Charles le Téméraire, fin lettré, féru de textes antiques, poursuivra cette quête du Beau. Dans leur sillage, la famille ducale et les membres de l'Ordre de la Toison d'or mais également la noblesse d'épée, les ecclésiastiques et la bourgeoisie urbaine passeront commande auprès d'enlumineurs de talent, comme Liévin Van Lathem, Simon Marmion, Willem Vrelant, Jehan le Tavernier ou le Maître de Wavrin. Des noms aussi familiers à l'époque que Roger Van der Weyden, Memling ou le Maître de Flémalle. Autant d'artistes renommés qui s'attèleront sans relâche à l'illustration de chroniques, de chansons de geste, d'épopées chevaleresques, de traités de chasse ou de dévotion, donnant naissance à de véritables chefs-d'?uvre de notre héritage culturel dont la qualité artistique n'a d'égale que la rareté. Jamais auparavant, l'enluminure n'avait atteint de tels sommets.
Veritable roman épique, cet ouvrage d'histoire littéraire débute par la dispute à Bruxelles entre Arthur Rimbaud et Paul Verlaine, amants passionnels, et le coup de feu à l'origine du procès judiciaire à rencontre de l'auteur des superbes Romances sans paroles. Le récit se déplace ensuite vers la prison de Mons où Verlaine, condamné à deux ans d'emprisonnement (1873-1875), termine plusieurs de ses chefs-d'oeuvre. Truffé d'anecdotes historiques, le livre relate longuement ces années sous les verrous en les replaçant dans l'univers carcéral de l'époque. Au " régime de la pistole " , orphelin de Rimbaud, Verlaine vit alors sa propre Saison en enfer derrière les barreaux. En 1893, on retrouve le poète lors de son retour en Belgique pour une série de conférences. Il a quarante-neuf ans mais en paraît vingt de plus. Il passe alors d'hôpitaux en garnis provisoires, s'abîme dans l'alcool et l'absinthe. Se traînant en clochard ténébreux, il est tiraillé entre les deux harpies qui partagent ses dernières années d'existence : Eugénie Krantz, une fielleuse sournoise et irascible, et Philomène Boudin, une vague prostituée. Pourtant beaucoup voient dans ce vieux faune taciturne le plus grand écrivain français depuis la mort de Victor Hugo. Toute la Belgique littéraire et artistique se presse pour l'écouter. - à cet ouvrage, le lecteur est plongé pour la première fois au coeur même de cet épisode tumultueux de la vie du poète. Il accompagne ce dernier, pas à pas, au travers de plus de deux cents documents, pour la plupart peu connus, retrouvés après cinq ans de recherches dans les réserves des principales bibliothèques européennes ou conservés en collections privées. En filigrane de ce destin d'écriture, se cachent les différents acteurs de cette " aventure Verlaine " : sa mère, Elisa Dehée, Mathilde Mauté, l'épouse bafouée, son fils Georges, le juge Théodore Serstevens, mais aussi Félicien Rops, Oscar Wilde, Victor Hugo, Stéphane Mallarmé, témoins essentiels de cette errance magnifique, litres encore... Et, bien sûr, dans l'ombre, Rimbaud, le " Satan adolescent " .
Résumé : A travers des oeuvres exceptionnelles de Toulouse-Lautrec, Chéret, Mucha ou encore Steinlen et des objets issus de cette époque, L'art est dans la rue révèle les multiples facettes de l'affiche, de la publicité à la propagande politique, accédant bientôt au rang d'oeuvre d'art. Cet ouvrage explore l'essor spectaculaire de l'affiche illustrée à Paris durant la seconde moitié du XIXe siècle. Paris devient alors une gigantesque galerie à ciel ouvert, captant l'attention des passants et investissant tous les espaces urbains : murs, kiosques, colonnes Morris, jusqu'aux corps humains transformés en hommes-sandwichs. La rue devient à la fois un lieu d'expression politique, de revendication sociale et de consommation de masse. L'affiche, véritable art populaire, s'impose comme le reflet d'une époque effervescente, entre progrès techniques et bouleversements sociaux, où la ville elle-même devient le support d'une forme nouvelle de communication visuelle.
Les Nabis, parmi lesquels Pierre Bonnard, Edouard Vuillard, Maurice Denis et Félix Vallotton, sont connus pour avoir révolutionné l'estampe en une décennie, à la fin du XIXe siècle. Un véritable âge d'or de l'estampe originale que la Bibliothèque nationale de France a choisi de mettre en valeur dans une exposition dédiée, s'appuyant sur ses collections exceptionnelles. Les Nabis forment une communauté d'artistes liés par une amitié très forte qui vont cheminer ensemble à la fin du XIXe siècle, avant de prendre des directions artistiques différentes. Sur une décennie, ils vont écrire une des plus belles pages de l'histoire de l'estampe originale en créant de nombreuses planches autonomes ou rassemblées en albums, sous l'impulsion d'éditeurs et de marchands novateurs, tel Ambroise Vollard. Leurs cadrages audacieux, associés à un usage inédit de la couleur, sont mis au service de la modernité des sujets abordés, que ce soit dans les scènes d'intérieur, les paysages ou les tableaux parisiens. Ils conçoivent l'estampe comme un élément de décoration accessible au plus grand nombre : leur production s'inscrit ainsi dans un désir d'intégrer l'art à la vie quotidienne en abolissant la frontière entre beaux-arts et arts décoratifs. Explorant les ressources de la lithographie en couleurs, à l'exception de Félix Vallotton et d'Aristide Maillol qui s'emparent de la gravure sur bois de fil, ils créent aussi bien des estampes artistiques que des affiches, des illustrations pour des revues (La Revue Blanche) ou des livres de bibliophilie (Parallèlement de Verlaine, illustré par Pierre Bonnard et Sagesse de Verlaine, illustré par Maurice Denis), des programmes de spectacle, des partitions de musique et des objets d'art décoratif (paravents, papiers peints, éventails...). C'est cette foisonnante variété de supports et de techniques que viennent illustrer près de deux cents oeuvres principalement issues des collections de la Bibliothèque nationale de France, auxquelles s'ajoutent des prêts extérieurs d'exception (Musée d'Orsay, Bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art, Musée Maurice Denis de Saint-Germain-en-Laye, Musée Van Gogh d'Amsterdam).
Résumé : Si Johannes Vermeer, surnommé le "Sphinx de Delft" par le Français Théophile Thoré-Bürger, est aujourd'hui la figure de proue du Siècle d'or hollandais, il ne fut pas le seul à avoir donné ses lettres de noblesse à la peinture de genre. "Représenter ce qui est" fut le leitmotiv de tout un groupe de peintres des Provinces-Unies au XVIIe siècle : Rembrandt, Gerard Dou, Jan Steen, Gerard Ter Borch, Pieter De Hooch et Gabriel Metsu -, pour ne citer que les plus grands de ce courant artistique à part entière. Avec des portraits, scènes de genre, paysages et natures mortes, c'est la simple réalité du quotidien qui s'invita sur les toiles de ces nouveaux maîtres. Grâce à des rapprochements entre les chefs-d'oeuvre des différents artistes du Siècle d'or hollandais, cet album vous invite à découvrir à travers plusieurs thématiques (le portrait, le clair-obscur, la lettre, la musique...) à quel point ces peintres s'inspiraient mutuellement. Le style, le sujet, la technique et la composition se répondent d'un maître à l'autre, mais la virtuosité et la profondeur poétique des tableaux de Vermeer dépassent le talent de ses confrères.
Résumé : Histoire sociale et histoire de l'art ne font qu'un : c'est ce qu'après tant d'études qui ne se sont intéressées qu'à la signification propre de l'oeuvre d'art, ou à sa signification purement sociale, illustre admirablement Michael Baxandall (1933-2008), historien anglais, sur l'exemple de la peinture italienne de la Renaissance. A quelle demande exacte répondaient Masaccio, Filippo Lippi, Andrea del Castagno ou Fra Angelico ? De quel sens leurs oeuvres étaient-elles chargées, et comment les regardaient leurs destinataires et leurs commanditaires ? C'est à ce type de questions que répond l'auteur en analysant le marché de l'art, à travers les contrats, les correspondances et les registres de comptes. En montrant aussi comment les dispositions visuelles nées de la vie quotidienne, religieuse, sociale ou commerciale de l'époque sont devenues des éléments déterminants du style du peintre. Retrouver l'oeil du Quattrocento, c'est rafraîchir le nôtre.