Ecrire, chiner, fouiller dans la brocante de la langue en cherchant dans les occasions qu'offre la vie son fourniment de choses et de sentiments. Qui parle, se livre sans se délivrer, sinon de l'ennui. Que d'amours jaunissants et que de jeux perdus, et tant pis pour la règle. Le cheval à trois pattes retrouvé ne boite que d'un vice en plus. Parler pour se voir et entendre grincer l'essieu du moi-je en quête de quoi, de qui et de rien. Et la littérature entasse ses formules, ses styles, ses ventes et ses rogatons en montant en épingle ses nouvelles rustines d'un cycle nouveau. Rêveries solitaires d'un qui est parlé par tant de promeneurs, qui en parlant de lui, lui donnent tous les noms et s'emmêlent dans les titres du livre qu'il est : "Chine" "Chaines" , ou "Chiures" . Mais un amour se trouve, sous les mots écrits, en "Chantier" dans les "Choses" , et dont la dédicace est brouillée par les commentaires éclairés des passionnés des petits fours de la culture.
Nombre de pages
164
Date de parution
01/07/2023
Poids
217g
Largeur
140mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782384062430
Titre
Chine
Auteur
Bourson Gilbert
Editeur
DOURO
Largeur
140
Poids
217
Date de parution
20230701
Nombre de pages
164,00 €
Disponibilité
Sur commande en 2-4 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Je fais débuter « Je ne parlerai qu'en présence de mon écriture » par l'évocation d'un « accident » devant se produire, afin que se déclenche cette pluie des sens que permet le poème. (je pense au clinamen d'Épicure). Cette évocation est celle d'un corps « percuté » par le désir d'un autre corps dont le sang tachera les platanes des mots. La poésie est une entreprise de réhabilitation du réel caché par « le trop de réalité » selon la formule d'Annie Le Brun ; un poème n'est explicable que par sa lecture déraisonnée, tout comme on regarde un mur, un arbre, ou une porte. La raison de l'assemblage des mots qui le compose s'éclairera quand le lecteur le lira en lui-même « en toute bonne foi ». Ce qu'on appelle la lisibilité, est souvent ce qui reste dans le sens convenu de ce qu'il faut voir, sans lire en soi le contenu de sa vue. Une fois l'écriture en route, elle chasse de haut vol ce quelque chose qui l'intrigue, ébouriffée comme un perdreau. Dans perdreau il y a perdre, et ce qu'il y a de gagné dans ce rapprochement, c'est le poème. Gilbert Bourson