Les grains du désordre. L'Etat face aux violences frumentaires dans la première moitié du XIXème siè
Bourguinat Nicolas
EHESS
42,00 €
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EAN :9782713214028
De la fin de la Révolution au milieu du XIXe siècle, la question des subsistances est encore une contrainte majeure pour l'ordre public. La liberté du commerce des grains, réalisée dans la loi depuis 1797, demeure l'objet d'un consensus fragile des élites dirigeantes et elle provoque périodiquement des vagues de contestation populaire. Autour des approvisionnements et des prix alimentaires, en effet, le peuple des consommateurs et les pouvoirs publics sont engagés dans un jeu instable et fiévreux, fait de demandes et de rétributions matérielles autant que symboliques. Comme répertoire de l'action collective, la violence frumentaire est-elle vouée à reproduire les gestes contestataires de l'Ancien Régime ? Comment l'État envisage-t-il de moderniser ses relations avec la société par rapport à cet enjeu frumentaire qui mobilise autour de lui un monde complexe de professions et d'opérateurs ? Si l'idée d'un " contrat social des subsistances " se trouve mise en cause pendant ce demi-siècle, existe-t-il des voies permettant à la contestation de se politiser ?
Nombre de pages
542
Date de parution
11/03/2002
Poids
949g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782713214028
Titre
Les grains du désordre. L'Etat face aux violences frumentaires dans la première moitié du XIXème siè
Auteur
Bourguinat Nicolas
Editeur
EHESS
Largeur
160
Poids
949
Date de parution
20020311
Nombre de pages
542,00 €
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Soldats allant de champ de bataille en champ de bataille, émigrés, diplomates, cardinaux et courtisans passant de capitale en capitale, administrateurs, marchands et savants ou encore pèlerins et curieux : au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, les routes d'Europe sont pleines de voyageurs. De part et d'autre de la ligne de faille que dessinent les événements traumatiques de 1814-181S, ils manifestent et incarnent les bouleversements politiques et sociaux et du temps. Ils en sont les phénomènes - des phénomènes qui n'ont de sens qu'à l'échelle de l'Europe entière. C'est pour les décrire et les comprendre que vingt-cinq historiens, représentant huit nationalités et travaillant sur l'ensemble de l'espace européen ont été réunis dans cet ouvrage, avec une double ambition. D'une part, il s'agit de retrouver, par-delà la rupture née de la fin de l'Empire français et de ces french wars qui révolutionnèrent l'Europe, l'unité d'une période : celle qui, des lendemains de la Révolution française à ceux des différentes Restaurations, vit s'inaugurer la modernité politique et culturelle du continent. D'autre part, il s'agit de considérer le fait social qu'est le voyage comme un poste d'observation privilégié du territoire de l'historien. Les pratiques qui le caractérisent, les discours qui le prennent pour objet engagent en effet plus que lui-même. Les mutations que ceux-ci subirent, entre 1790 et 1840, redoublent et expliquent ainsi, en partie, ceux d'une époque fondatrice pour les temps actuels. . . Nicolas Bourguinat, maître de conférences à l'Université Marc Bloch de Strasbourg et membre Junior de l'Institut universitaire de France, est spécialiste de l'histoire sociale et culturelle du premier XIXe siècle. Il a notamment publié Les Grains du désordre : l'Etat face aux violences frumentaires dans la première moitié du XIXe siècle (Ed. de l'EHESS, 2001). Sylvain Venayre, maître de conférences à l'Université de Paris-I Panthéon-Sorbonne (Centre d'Histoire du XIXe siècle), est spécialiste de l'histoire culturelle du voyage. Il a notamment publié La Gloire de l'aventure. Genèse d'une mystique moderne. 1850-1940 (Aubier, 2002), et, en collaboration, L'Histoire culturelle du contemporain (Nouveau Monde éditions, 2005).
A partir des espaces et des lieux (les pays étrangers et leurs stéréotypes nationaux, mais aussi Paris, Nogent, et la présence affleurante de la Province sous la déclinaison de diverses régions françaises), ce livre propose de réfléchir à l'inscription des personnages de L'Education sentimentale dans une trajectoire biographique, qui leur affecte des origines, un ancrage, et aussi un avenir virtuel. Par ce biais, il pose avec un oeil neuf la question de la présence de l'Histoire dans le roman, identifiant notamment la présence cryptée et entêtante de la figure de Napoléon I' par-dessous la chronologie de l'intrigue romanesque entre 1840 et la chute de la République quarante-huitarde. Il invite aussi Cl reconsidérer le rapport des personnages de L'Education, Frédéric et Deslauriers en particulier, à la course du temps, entre passé et futur, et renouvelle ainsi le débat sur la nature du romanesque dans le roman flaubertien.
Comment l'Europe du Nord-Ouest, en marche vers la civilisation démocratique et industrielle, a-t-elle constitué les régions méridionales en contre-modèles ? Comment même, au sein des pays concernés, les élites dirigeantes et savantes ont-elles parfois travaillé à isoler et à mettre à distance des Sud (insulaires ou péninsulaires) que par ailleurs elles prétendaient aider à intégrer ? Pour répondre à ces questions, les auteurs de ce volume reviennent sur la genèse des représentations tendant à dévaloriser les Midis ou à leur réserver une voie de développement spécifique, des Lumières finissantes jusqu'à l'âge des nationalismes, d'une part, et de l'après-seconde guerre mondiale à nos jours d'autre part. Différents types de description et d'approche des Midis de l'Europe sont ici mobilisés : relations de voyage, constructions savantes, enquêtes scientifiques, réformes administratives ou économiques.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.