Pour Hegel, l'absolu est esprit. L'esprit est donc principe de tout ce qui a sens (d'abord le logique) et être (d'abord la nature). Mais c'est seulement une fois qu'il est, en tant qu'esprit au début purement subjectif (en gestation dans l'existence naturelle du sens logique), devenu pour lui-même, objet de lui-même, comme esprit, que, dans une telle présence à soi de son faire, il agit véritablement. Se reconnaissant alors, et par là se satisfaisant, dans la nature spiritualisée qu'est l'" esprit objectif " et dans l'" esprit absolu " où il triomphe de sa propre naturalisation ou incarnation, il se fixe, en les fixant elles-mêmes, dans leurs figures respectives : droit, morale, vie sociale-politique ; art, religion, philosophie. Certes, l'esprit ne s'enferme dans aucun des actes qui le configurent de la sorte en le différenciant de sa présence totale à lui-même, mais, vérifiant celle-ci dans leur totalisation, il jouit réellement de lui-même dans leur remémoration pratique réitérée, qui fait bien d'eux les Actes de sa constitution. Les grandes figures de l'esprit sont évoquées dans ce recueil comme une telle auto-différenciation de son identité à soi absolue, par là en leur relation différentielle intime les unes aux autres, donc en leur problématicité. L'esprit, qui n'est qu'à se reconstruire en ses Actes, se révèle ainsi toujours vivant au cœur même de leur système.
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Date de parution
07/10/2002
Poids
500g
Largeur
215mm
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EAN
9782711615049
Titre
HEGEL, LES ACTES DE L'ESPRIT
ISBN
2711615049
Auteur
BOURGEOIS
Editeur
VRIN
Largeur
215
Poids
500
Date de parution
20021007
Nombre de pages
0,00 €
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Dans la pensée du jeune Hegel, essentiellement théologico-politique, le moment francfortois est le moment critique conduisant à l'achèvement de cette pensée qui, à Iéna, réconciliera l'histoire, vérité de la politique, et la philosophie, vérité de la religion, dans la réunion rationnelle avec le présent saisi en son sens concret ou total. La proposition finale d'un tel salut à l'homme moderne, déchiré par les exclusives et les scissions de l'entendement, va clore positivement la négation sévère que Hegel, au cours de son séjour dans une ville faisant se rencontrer la vitalité commerciale nouvelle et la tradition spirituelle allemande, opère des solutions qu'il veut lire dans les abstractions opposées du judaïsme et du christianisme. Le premier est condamné avec virulence parce qu'il absolutise dans l'existence la différence (des commandements) en rejetant l'identité ; le second n'est pas absous parce que, inversement, il privilégie l'identité (de l'amour) en méprisant les différences. Hegel leur opposera l'identification, constitutive de la raison, de la différence et de l'identité, dont la future philosophie spéculative construira le développement dialectique.
Le texte de Hegel sur le Droit naturel, sans doute le plus difficile — par son exceptionnelle densité — qu'il ait jamais écrit, méritait qu'un Commentaire lui fût consacré, aussi en raison de la place privilégiée qui est la sienne au sein du hégélianisme, et, par là, de toute notre culture. Oeuvre-tournant, où s'assume la crise du monde moderne naissant, il récapitule de façon critique la réflexion théologico-politique du jeune Hegel, et institue originellement et originalement, en ses axes fondamentaux, la spéculation que le Système va développer. Mais dire qu'en lui se nouent, entre autres, les problématiques du rapport des sciences et de la philosophie, de la raison et de l'histoire (en son procès dialectique), du droit et de l'Etat, de l'économie et de la politique, etc., c'est dire qu'il est déjà au coeur d'interrogations qui sont encore les nôtres.
Rien n'a de valeur ni de signification inconditionnée, si ce n'est la vie " : tel fut le principe au nom duquel Fichte libéra le Moi d'abord de la puissance apparente de l'objet (la chose en soi), puis - par l'approfondissement de sa réflexion vivifiante - de ses propres limites, en découvrant au coeur de lui-même la présence agissante d'un Sujet infini. Mais la célébration de la maîtrise morale de l'être mondain ou de l'amour religieux de l'Etre divin se justifia toujours dans le plus rigoureux et le plus scientifique des discours : c'est dans une absolue fidélité à lui-même que le savoir philosophique fichtéen se libère de lui-même. Le présent ouvrage expose les fondements, les étapes et les résultats d'une telle libération philosophique.
Si la raison moderne déclarée en son principe par Descartes comme libre affirmation personnelle de l'universel généralise son application avec le projet rousseauiste d'une politique de la liberté, c'est dans l'écartèlement reconnu entre le volontarisme moral de celle-ci et le constat de son destin historique négatif. Le développement de la raison politique moderne est alors, depuis les deux révolutions marquées par l'héritage de Rousseau, celle, pratique, de 1789, et celle, théorique, de Kant, ordonné à la fondation et détermination nouvelle d'un droit essentiellement républicain, c'est-à-dire à la difficile conciliation des deux exigences conjuguées par un rationalisme qui se veut aussi bien une philosophie morale qu'une philosophie historiale de la politique. Les études composant le présent recueil analysent les divers aspects et moments d'une telle raison politique moderne, de leur socle doctrinal à leur insertion historique. On s'est interrogé notamment sur la signification concrète revêtue par eux dans le contexte proprement français, mais également européen et mondial, de leur problématisation aussi la plus actuelle.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.