Sans jamais lâcher la robe de l'avocat, Emmanuel Pierrat nous parle des sept vies qu'il mène à chaque instant du jour et de la nuit. De la plaidoirie à ses échanges nocturnes avec des fétiches, on songe au Cicéron, l'auteur De la divination. MEME SOUS LA ROBE DE L'AVOCAT, Emmanuel Pierrat vit constamment avec la parole. De la plaidoirie au palais de justice, jusqu'au moment d'intimité avec son client, à huis clos dans son bureau, l'autre est son semblable parce qu'il parle. Lorsqu'il écrit il parle, il écrit et en même temps il improvise, il est dans la théâtralité. Lorsqu'il se couche, au lieu de parler au miroir de la salle de bain, il parle à des masques, à des statues, à des objets. Il parle aux fétiches et les fétiches le font parler. Il aime dire d'un seul coup à haute voix ce qui peut être très intime. Au moment où il parle au fétiche, le fétiche s'humanise, il se produit quelque chose de l'ordre de la faille, de la fêlure, de quelque chose qui met en danger ses propres raisonnements. Il sait à quel point les mots peuvent être violents, il les utilise pour accuser, pour défendre, pour jouer des vies. Troublé de l'éveil, collectionneur de fétiches, bibliophage d'ouvrages licencieux et rares, auteur de romans érotiques, avocat au barreau de Paris, il y a en Emmanuel Pierrat du Cicéron, brillant orateur, avocat, homme d'état qui à la fin de sa vie nous lègue son oeuvre majeure, De la divination, il y a dans Emmanuel Pierrat du Apulée, l'orfèvre de la langue latine, l'auteur des Métamorphoses et du discours De la Magie tenu devant le tribunal où il est accusé de sorcellerie. Emmanuel Pierrat porte la voix, la sienne, celles des accusés, des absents, des fétiches, des sans voix. "Vous laissez l'homme dans ses pulsions, c'est la cata, dit-il, parce que l'homme n'a qu'une envie, tuer et violer son voisin". Alors il prend avec lui une partie de la charge et du fardeau d'un sujet, advocatum, il porte la voix de l'autre. Sous la robe de l'avocat, il y a l'homme qui traque, jour et nuit, les lieux où la voix vient à manquer. Le jour, comme ces témoins muets que sont les pièces à convictions, dans un procès criminel, devant une cour d'Assises, rangées dans une vitrine, ou les objets exposés dans une vitrine du Musée de Dakar qui l'ont plongé dans une sorte d'état de grâce, d'où il en est sorti fervent collectionneur d'art africain. Quand Philippe Bouret lui demande quel est son rapport à la psychanalyse, Emmanuel Pierrat répond : "Je me tiens à une certaine distance de la psychanalyse, dans la mesure où les réponses viendraient éclairer ma fringale de fétiches, ou répondre à mon refus du vide, où elle viendrait expliquer le mécanisme de mes accumulations, mon rythme de vie sans fin, et cent mille autres choses qui font partie de mon moteur et sont mes carburants essentiels, j'ai très peur en fait que la psychanalyse ne me dise. ". . Il a vécu en Inde où on croit à la réincarnation et à la possibilité de vivre sept vies, lui qui est athée, il a décidé de mener sept vies dans une vie, il est Shiva Nataraja dansant avec ses multiples bras, qui combat, dirige, danse, qui fait de l'art africain, de la franc-maçonnerie, du cabinet d'avocat, du Palais de justice, des livres, des voyages, des débats télévisés, des chroniques hebdomadaires, du Musée du barreau de Paris, du Musée du Quai Branly, qui donne des interviews et tout cela en même temps.
Nombre de pages
256
Date de parution
24/10/2022
Poids
320g
Largeur
141mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782355772672
Titre
Je parle aux fétiches
Auteur
Bouret Philippe ; Pierrat Emmanuel
Editeur
RUMEUR LIBRE
Largeur
141
Poids
320
Date de parution
20221024
Nombre de pages
256,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Bouret Philippe ; Clément Elise ; Lacadée Philippe
Résumé : Dans le sillage du psychanalyste Philippe Bouret, et avec la complicité d?Elise Clément, des entretiens exceptionnels et inédits, conduits dans le cadre enchanteur de la Foire du livre de Brive. Autant de rencontres avec des intellectuels, des artistes, des figures incontournables de la plume, de la pellicule et des arts, tous témoins et acteurs engagés de la vie culturelle. Un livre passionnant d?entretiens, pour s?immerger au coeur de la création littéraire et artistique.
Au début était le mot, et à la fin aussi est le mot. Le mot est, c'est tout. En ce sens, le seul sujet de l'écriture est l'écriture, ou plus exactement le seul sujet de l'écrit est l'écrit, l'acte d'écrire. Le seul sujet que désigne le mot est le mot. Par les mots, on accède aux mots. Par la déformation des mots, on accède aux déformations qui sont nécessaires pour dire. Sinon, on ne dit rien.
Dèsl'enfance, quand je vois ma soeur danser, je me rends compte que quelque chose est en cours, que ça s'imprime quelque part en moi, du côté non pas du danseur, mais du chorégraphe". Tout au long des dialogues avec Philippe Bouret, Hervé Koubi déplie ce qu'il en est pour lui d'être chorégraphe. Ainsi "être chorégraphe c'est créer une vague sur laquelle surfent les danseurs. C'est une métaphore que j'aime particulièrement. La vague, c'est ce qui est écrit. La vague je ne la change pas. Elle se traduit, elle peut s'échouer, voire se fracasser, mais elle a une force précise, voulue, une forme et mes danseurs font avec elle. Mon rôle est de créer des vagues et de permettre à chaque danseur d'inventer à partir de ces vagues une forme de liberté". Hervé Koubi développe également la conception qu'il se fait de l'ensemble, du choeur quand il construit une pièce. "Il y a dans un ensemble une force incroyable. Ce peuvent être des oiseaux, des hommes et des femmes ou bien un champ de blé soufflé, au mois de mai. Voilà ce qui me touche profondément. Etre ensemble, quels que soient les sexes. J'ai toujours eu des équipes avec beaucoup de danseurs et ce qui ressort de cette constante, c'est toujours l'idée d'ensemble qui se tient au corps, l'idée du groupe, l'idée du choeur dansant".