Extrait Sisyphe au trou C'est une grande ville étirée le long de l'eau. Le soleil d'un nouveau petit matin d'été glisse sur ses toits aux tuiles rouges, caresse les fenêtres mi-closes avant de s'inviter dans les maisons toujours assoupies. Il va faire beau. Et encore trop chaud. Quelques volets s'ouvrent en claquant. Les premiers visages marqués par une nuit trop courte surgissent. Douche. Café. Baguette. Les travailleurs de l'aube tapotent l'épaule qui paresse sous la couette, déposent un baiser sur le front qui émerge à peine et gagnent trop bruyamment l'escalier. Dans la rue, la vague laborieuse bruisse, dérisoire vaguelette en vérité dans ces premières heures du jour. Francis renifle. Il aime bien cet instant-là. La ville achève de panser ses plaies nocturnes. Les putains et les dealers ont disparu du coin de la rue. Les derniers fêtards, l'oeil glauque, regagnent leur tanière la jambe lourde. D'un petit coup sec, Francis installe sa sacoche de menuisier sur sa veste bleue. Il part, tranquille, sans faire attention à la concierge qui râle déjà en inondant le trottoir à grande eau pour effacer les cicatrices de la nuit. Le métro. Vingt-trois minutes, quinze stations et deux changements plus tard, il émerge. Dehors, sous le soleil maintenant entêtant, la vague ondule vraiment. Francis se faufile, s'excuse de bousculer une mamie un peu bancale et traverse un paquet de gosses trop silencieux pour être honnête. Arrivé sur le chantier de la barre HLM de la rue d'Harfleur, le menuisier va saluer le contremaître. Avant les instructions pour la journée, nouveau petit café et discussion sur la fille cachée du président de la République. Sa sacoche bien pleine pour les huit heures qui l'attendent, il repart avec Martin l'apprenti vers la cage d'escalier du futur bâtiment D.
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Nombre de pages
158
Date de parution
28/09/2006
Poids
196g
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EAN
9782845341487
Titre
Carnets de terres
Auteur
Boulard Denis
Editeur
SENS ET TONKA
Largeur
0
Poids
196
Date de parution
20060928
Nombre de pages
158,00 €
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Résumé : A qui appartient la France ? En douze histoires vraies, ce livre-enquête répond enfin, de façon étayée et documentée, à cette lancinante question, et lève le voile sur la réalité des investissements étrangers en France. Que possèdent les Qataris, mais aussi les Chinois, les Russes ou les Sud-Coréens, pour ne citer qu'eux ? La France, première destination touristique au monde, ce sont d'abord des symboles, des images d'Epinal. Impossible de parler du pays de Voltaire sans évoquer la gastronomie, la tour Eiffel, les vins, les palaces, les arts ou le secteur du luxe, et l'identité des terroirs. Sans oublier, le sport, qui porte haut les couleurs du pays lors des compétitions internationales. Tous ces bijoux de famille sont-ils partis à l'étranger ? Dans cette enquête sans parti pris, les auteurs révèlent, parmi d'autres choses, que l'Etat reste le premier propriétaire foncier de France... mais ignore si les millions de mètres carrés vacants qu'il possède sont loués ! Loin des clichés, des fausses informations et des rumeurs, A qui appartient la France ? remet les choses à leur place : la France est un pays moderne dans une économie mondialisée et ouverte.
Résumé : Imaginer que le terrorisme n'est plus une menace parce que Daech a aujourd'hui un genoux à terre est illusoire. Les terroristes qui frappaient Charlie Hebdo ou le Bataclan en 2015 ne financaient pas leurs attentats grâce à des subsides venus du Moyen Orient. Pour financer leurs opérations de mort, ils utilisent des réseaux connus du grand banditisme, notamment la contrebande mais aussi? le crédit à la consommation ! Après plus d'un an d'enquête en France et en Turquie, le constat s'impose : la menace est là, parmi nous. Et c'est, en partie, nous, consommateurs désireux de réaliser de bonnes affaires, qui mettons - bien involontairement ! - la main à la poche. En cinq chapitres ? comme les cinq cavaliers de l'Apocalypse -, Denis Boulard et Fabien Piliu passent au crible cette économie de la terreur. Un " marché " qui se nourrit tout autant des petits trafics, comme la contrefaçon, que des grands trafics, comme les rançons. Pour mener à bien cette enquête sur des réseaux jusque-là inconnus du grand public, les auteurs donnent pour la première fois la parole à des acteurs habituellement silencieux, par exemple les services des Douanes. L'ambition de ce travail au long cours n'est pas de décrypter l'ensemble du phénomène terroriste, de ses origines à ses impacts en passant par ses acteurs. Mais bien de comprendre comment, chacun à notre niveau, nous finançons ces groupes de l'ombre capables de nous frapper au coeur. Demain comme hier.
Affaires d'argent, acquisition de biens immobiliers, histoires d'héritage, contrats de mariage: les notaires sont au coeur des secrets et des drames de toutes les familles françaises. Se rendre chez le notaire n'est jamais anodin. Bien souvent on en ressort frustré de n'avoir rien compris à leur langage ampoulé et juridique, pas plus qu'à leurs factures et honoraires. A quoi correspondent les fameux "frais de notaire" lorsque l'on achète? Quels pièges peuvent receler les incontournables actes authentiques? Quels liens unissent les notaires aux agents immobiliers ou aux conservateurs d'hypothèques? Qui sont réellement les neuf mille notaires en exercice? Et comment épouse-t-on cette carrière hors norme, méconnue et parfois décriée, au point qu'il existe une association baptisée SOS Victimes des notaires? Liés aux puissants de ce monde dont ils connaissent les secrets, les membres de cette profession ont su aussi tisser un réseau d'influence redoutablement efficace et forment une véritable corporation, au fonctionnement souvent comparable à celui d'une Eglise ou d'une loge. Mais leur statut est sans cesse remis sur la sellette par les instances européennes. Les notaires sont-ils destinés à disparaître? Une enquête longue et minutieuse, bourrée d'histoires et de portraits, de révélations et de conseils sur une profession qui réalise chaque année plus de six milliards de chiffre d'affaires.
Mon intention était, en mai-juin 1968, de montrer comment naissait la police de l'esprit, comment naissaient les automatismes, les comportements, les nostalgies et les abandons par lassitudes. Etre moderne ce n'est pas ratiociner sur le passé, fût-t-il révolutionnaire. Nous savions, en tant que patriciens des révolutions, en tant qu'opposant aux organisations de régulation des économies-politiques capitalo-communistes, que la fossilisation commence par la raréfaction des paroles échangées. La prise de paroles restait l'essentiel. "
Cet ouvrage décrit un temps relatif. Il lance une littérature relative, celle d'un monde en morceaux. Dix personnages et le témoignage d'un narrateur. Seul ce dernier est nommé. Les autres apparaissent grâce à des numéros signalés au début de chaque chapitre. Le résultat garde l'apparence du livre, du " codex ". Il n'est pas à lire. Il peut se poser, se regarder. Il peut s'abandonner, se détruire. Il peut s'ouvrir, s'appréhender, sur papier comme sur écran en interrogeant au hasard les séquences, avec tours et détours, en suivant une des actrices (ou acteurs), ou plusieurs, et - s'il le faut - du début à la fin. Des bouts, des rimes, des riens se succèdent, ils sont le journal de nos affres, de nos plaisirs, un guide codé de la vie quotidienne. Vous êtes devant un miroir.
Soit un héros indécis, un deus ex machina capricieux, une belle duelle, des comparses peu amènes, des zoziaux, aquatiques s'il vous plaît, (e come no ?), des nourritures terrestres, et des substances léviteuses, des morts violentes et stupides, comme il convient... et voici un roman rôdeur conforme aux règles du genre avec ses déplacements erratiques, ses étapes hasardeuses, ses auberges espagnoles et ses motels, ses rencontres et contes inopinés, ses digressions inutiles et ses propres oiseux, tout empreints de l'ambiguïté des choses et des mots. Avec sa morale en forme de conseil d'ami, optimiste, forcément optimiste : de ce monde embrouillé, débrouillez-vous !
Le " marxisme " qui est mis en cause ici est essentiellement le dogmatisme de ses interprétations restrictives, comme économisme pur, par toutes les bureaucraties social-démocrate et soviétique. La pensée révolutionnaire globale - et d'abord celle de Marx - est plus libre et riche. Et le changement de toutes les conditions existantes sera l'œuvre des producteurs eux-mêmes, devenant créateurs. " A J