La souffrance a une faculté de nuisance : elle affaiblit l'être, accapare ses pensées et contribue à son isolement. Le droit a intérêt à appréhender ce sentiment, car il est un danger pour l'homme dont la capacité d'action est menacée, et pour la collectivité dont la cohésion est fragilisée par la mise à l'écart du souffrant. C'est dans la réaction et dans la lutte que le droit appréhende la souffrance. Il a réagi à la souffrance infligée à autrui en accordant à la victime une indemnité compensatrice et, par le progrès des techniques médicales, s'est enrichi de dispositifs destinés à l'éliminer. La souffrance présente deux aspects : l'"avoir mal", qui est une crise de la sensibilité, et l'" être mal", qui est une crise existentielle. En droit civil de la réparation comme en droit médical, le fait d'avoir mal a été pris en considération avant le mal-être des hommes, le droit ayant tenu compte de ce dernier en raison d'une préoccupation nouvelle des hommes pour leur bien-être. L'étude de l'"avoir mal" montre que le droit s'est attaché à réparer les souffrances injustement subies et, venant se placer aux côtés de la médecine, à les soulager en permettant le recours à des moyens techniques et humains. Quant au mal-être, il est de nos jours réparé lorsqu'il est injustement subi, et des mesures symboliques permettent d'apaiser ceux qui en souffrent. Des dispositifs favorisent aussi son élimination par le recours aux techniques médicales, mais le souci croissant de satisfaire les demandes individuelles en n'imposant plus la preuve d'une pathologie, questionne la vocation thérapeutique du droit. En tout cas, l'"avoir mal" et l'"être mal" ne peuvent pas être appréhendés de la même manière par le droit, car ils ont leur propre nature. Ce travail autour de la souffrance met au jour la complexité de ce sentiment, la difficulté pour le droit de la saisir et l'influence du contexte dans lequel notre société évolue. Il met aussi en garde contre la technique, à la fois indispensable pour lutter contre la souffrance et dangereuse selon l'utilisation qui en est faite.
Nombre de pages
354
Date de parution
20/09/2022
Poids
574g
Largeur
156mm
Plus d'informations
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EAN
9782731412567
Titre
La souffrance et le droit
Auteur
Boulanger Augustin ; Sériaux Alain
Editeur
PU AIX-MARSEILL
Largeur
156
Poids
574
Date de parution
20220920
Nombre de pages
354,00 €
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Les lois françaises sur la fin de vie ont renforcé les droits des malades en termes d'accès aux soins palliatifs, de prise en charge de la souffrance et d'autonomie décisionnelle. Selon certains, cette législation sur la fin de vie n'apporterait pas de réponses satisfaisantes face à certaines prises en charge médicales, justifiant une légalisation de la mort provoquée au nom du respect de la dignité et d'un droit du patient à l'autodétermination. Ces revendications se nourrissent du fait que plusieurs États ont, à ce jour, encadré la pratique de l'euthanasie ou du suicide assisté, notamment les pays du Bénélux, l'Espagne et le Canada. Dans la perspective d'une remise en cause de l'interdit de tuer, l'ouvrage s'interroge sur les conséquences sociologiques, juridiques et philosophiques d'une telle évolution.
Au cours des dernières décennies, la famille a connu de nombreuses transformations, qui concernent les couples parentaux aussi bien que les missions confiées aux parents. S'il existe à présent une égalité entre les pères et les mères au sein de la cellule familiale, tel n'a pas toujours été le cas. Autrefois, le père était le chef de la famille et assurait la gestion et le règlement des affaires familiales. Il détenait la puissance paternelle. Seulement, le législateur est intervenu pour mettre fin à ces prérogatives, cherchant à instaurer l'égalité au sein des couples. De façon plus radicale, la loi du 2 août 2021 relative à la bioéthique a ouvert l'accès à l'assistance médicale à la procréation aux couples de femmes et aux femmes célibataires et ainsi procédé à l'effacement du père. Ces évolutions questionnent la place revenant aux pères dans notre société.
Regards croisés sur les coopérations bilatérales en matière familiale (divorce, autorité parentale) résultant des traités conclus par la France avec les pays du Maghreb dans les années 1970-1980. L'importance des coopérations judiciaires bilatérales en matière familiale ne saurait être niée au regard de l'intensité des relations juridiques entre ressortissants français, algériens, marocains et tunisiens. La présence d'une importante population maghrébine en France est un phénomène caractéristique de notre époque comme la mobilité des personnes d'un point de vue plus général. Sous l'angle des relations familiales, deux questions apparaissent cruciales, celle de la reconnaissance des divorces et de leurs suites patrimoniales et celle des conflits d'autorité parentale. Elles cristallisent les divers intérêts des coopérations bilatérales : sociologique, juridique, et même politique car même si ces questions peuvent apparaître d'un moindre enjeu global que d'autres (comme les questions diplomatiques, migratoires voire économiques), elles contribuent à relancer utilement le dialogue entre les pays du Nord et du Sud de la Méditerranée dont on sait à quel point il est actuellement en souffrance. L'ouvrage rassemble les actes d'un colloque international qui s'est tenu à la faculté de droit d'Aix-en-Provence le 27 septembre 2024 et a permis de faire un état des lieux de la coopération judiciaire bilatérale en matière familiale en croisant les regards d'universitaires et de praticiens des différents pays concernés afin d'éclairer ces problématiques, de telle sorte que les approches juridiques et culturelles de toutes les parties intéressées puissent être exprimées.
La France et l'Italie, unies par une histoire et une culture communes, offrent aujourd'hui un terrain privilégié pour interroger les mutations de l'Etat, du droit et de la démocratie à l'épreuve des défis constitutionnels contemporains. Si proches à maints égards mais aux systèmes étatiques bien différents, la France et l'Italie présentent toutefois plusieurs similitudes institutionnelles et vicissitudes politiques croisées si on se réfère à l'instabilité qui a affecté la vie politique italienne dans le passé et qui, depuis quelque temps, affecte pareillement la scène politique française à l'avenir incertain. Devant l'ampleur de cette communauté de destin, cet ouvrage privilégie trois thèmes majeurs de l'actualité constitutionnelle : l'évolution parallèle mais controversée du contrôle de constitutionnalité, le sort partagé mais aléatoire de la souveraineté nationale confrontée au droit européen, et la conception dissemblable mais instructive de la laïcité dans les deux pays. Pour faire oeuvre vraiment comparative, chaque sujet est traité par un binôme franco-italien de professeurs de droit. Ces questions sont autant de défis dans la conduite des affaires publiques en ce qu'elles conditionnent la cohésion et la viabilité de la société moderne en ces deux grandes nations dont l'histoire et la géographie ont favorisé une proximité humaine et culturelle vingt fois séculaire dans leurs peuples et dans leurs lois.
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