Signs and States, programme financé par l'ERC (European Research Council), a pour but d'explorer la sémiologie de l'Etat du XIIIe siècle au milieu du XVIIe siècle. Textes, performances, images, liturgies, sons et musiques, architectures, structures spatiales, tout ce qui contribue à la communication des sociétés politiques, tout ce qu'exprime l'idéel des individus et leur imaginaire, est ici passé au crible dans trois séries de rencontres dont les actes ont été rassemblés dans une collection, Le pouvoir symbolique en Occident (1300-1640). Ces volumes, adoptant une perspective pluridisciplinaire et comparative dans une visée de long terme, combinent études de cas, analyses conceptuelles et réflexions plus théoriques. Et les réponses à ce questionnaire, issu d'une réflexion sur une histoire culturelle poursuivie sur plus de cinq siècles, remettent en cause une histoire de l'Occident latin où l'on opposerait Eglise et Etat : la mutation culturelle engendrée par la réforme grégorienne qui, tout en assurant d'abord le triomphe de la papauté, a donné à l'Etat moderne les moyens d'assurer sa propre légitimité en créant les conditions d'une révolution du système de communication. Elle engendre un partage du pouvoir symbolique et des processus de légitimation avec l'Etat : la capacité de ce dernier à se légitimer par le consentement de la société politique en dehors de la contingence religieuse est une spécificité de l'Occident latin, clé de l'essor des Etats modernes européens.
Date de parution
23/01/2014
Poids
824g
Largeur
160mm
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EAN
9782859447663
Titre
MARQUER LA VILLE
ISBN
2859447660
Auteur
BOUCHERON
Editeur
PUB SORBONNE
Largeur
160
Poids
824
Date de parution
20140123
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LES MARQUEURS SOCIAUX. Aux origines de l'homo academicus - les signes de distinction sociale chez les universitaires médiévaux. La préeminence du clerc à l'âge moderne. La préeminence du notaire. L'AFFIRMATION DES ELITES. L'élite bourgeoise de Paris et l'expression de sa notabilité entre 1200 et 1400. Marquer la préeminence sociale de la noblesse française médiévale - du rôle du bijou et du vêtement à travers deux exemples genrés au XVIe siècle. LES DYNAMIQUES DE LA DEFINITION SOCIALE. Preminenza e distinzione in Italia tra XIV et XV secolo - alcuni problemi. Gouverner par le vêtement : naissance d'une obsession politique. Préeminence aristocratique, vote et rituel dans les élections populaires à Genève à la fin du XVIe siècle. LES PROCESSUS DE DISTINCTION. Un mauvais geste de Dello Delli - les marques de la préeminence sociale entre artistes. Manuscrits de luxe et distinction sociale à la fin du Moyen-Age. Mecenatismo musicale e distinzione sociale nell'Italia moderna
Le rapport qu'entretient la culture médiévale avec les Pères de l'Eglise n'est en rien réductible à la vénération d'une autorité ancienne ; il est tout entier dans la mise au présent d'un passé continué. C'est à étudier les modalités textuelles, liturgiques et monumentales de cette présence médiévale de la mémoire patristique, envisagée dans sa dimension sociale et politique, que cet ouvrage collectif, issu d'un programme de recherche international et transdisciplinaire, est consacré. Il porte sur la mémoire italienne d'Ambroise (340-397), évêque et saint patron de la ville de Milan, reconnu comme l'un des quatre docteurs latins de l'Eglise. Dès lors, le souvenir ambrosien est tiraillé entre deux pôles antagonistes : le premier est la vocation universelle du Père de l'Eglise, le second est son ancrage local qui fonde et justifie l'invention des traditions milanaises et la spécificité de sa liturgie, de son Eglise, mais aussi de son système de valeurs politiques. Cette enquête sur la disponibilité sociale d'un souvenir et sur ses usages politiques ne se contente pas de faire la chronique, en longue durée, de la manipulation de la mémoire. Elle tente également d'identifier les ancres du souvenir, l'empêchant de dériver trop loin de l'Ambroise "historique" : des textes, des images, des rituels, des monuments. De là la dimension résolument pluridisciplinaire de l'entreprise collective, réunissant historiens, historiens de l'art, archéologues, philologues, mais aussi philosophes, musicologues, théologiens et liturgistes.
Ecrivant ce mémoire - finalement, le mot me va-, je lavais pas d'autres ambitions que de faire, le plus sincèrement possible, le récit d'une réconciliation. Il fallait pour cela décrire les attentes et les incertitudes, dire pourquoi ce métier m'a enthousiasmé et pourquoi il m'a déçu. je crois être arrivé à un point où les différentes veines qui cheminaient séparément dans mon travail confluent, assez tranquillement, en un mode d'écriture de l'histoire dont j'aimerais désormais suivre le cours. Mais cette évidence personnelle demeure inséparable d'une inquiétude collective quant à la possibilité même pour l'université de continuer à accueillir une vie intellectuelle."
Pour ma part - et c'est en ce sens que je conçois cette "profession" d'historien - je veux croire à l'émancipation par la pensée critique, aux valeurs de transmission et de filiation, à l'amitié, aux livres. Je veux croire à l'histoire, si l'histoire est ce récit entraînant qui nous soulève et nous désoriente, nous oblige et nous délie. Je veux croire qu'il n'y a pas de libération plus vaine que celle qui prétend nous arracher aux rigueurs du travail intellectuel ou aux fidélités que l'on doit à ses prédécesseurs, qu'il n'y a pas de générations plus tristes que celles qui ne se reconnaissent plus de maîtres, qu'il n'y a pas de plus belle activité pour l'esprit que de lire avec bienveillance, et se laisser surprendre par de nouvelles admirations." P B.
Étude des diverses formes de compétition politique, des rivalités pour le trône, des luttes pour l'autonomie régionale, expliquées par l'analyse des moyens d'action de l'aristocratie, principal agent des troubles (implantations régionales, réseaux familiaux, solidarités militaires ou liens de service). Le clivage entre militaires et civils est remis en cause, alors que le poids des grands clans régionaux importe davantage : de véritables équipes alternent au pouvoir, les provinces leur restant fidèles tant que la protection impériale compense, aux yeux des populations, le versement de l'impôt.
Automne 1997 : une vingtaine d'historiens médiévistes allemands viennent en France dresser devant leurs collègues français un bilan de leurs recherches depuis trente ans. Un an plus tard, jour pour jour, les médiévistes français leur rendent leur visite pour se livrer en Allemagne au même exercice. Chaque délégation a choisi en toute indépendance les thèmes mis en avant comme étant les plus représentatifs des recherches menées actuellement dans les deux pays. Dans la fresque historiographique qui ouvre chaque partie de ce diptyque, comme dans la présentation des principaux programmes de recherche en cours - sur les structures sociales (l'oral et l'écrit, les rituels et la liturgie, la parenté, la différence des sexes), la culture matérielle (l'archéologie des palais princiers, l'occupation de l'espace, la production et les échanges), les croyances (la religion, la memoria, l'imaginaire), le politique (la royauté, les normes) -, les points de vue qui se découvrent sont suffisamment proches et différents à la fois pour permettre un dialogue authentique et enrichissant. Non seulement ce livre fournit une foule d'informations inédites sur les résultats des travaux entrepris depuis plusieurs dizaines d'années des deux côtés du Rhin, mais il montre comment les historiens des deux pays s'interrogent sur leur métier, sur leurs concepts et leurs méthodes. Il exprime le souci qu'ont les uns et les autres de l'historicité de leur discipline dans un long XXe siècle marqué par deux guerres franco-allemandes, la catastrophe du nazisme, la Guerre Froide et la chute du Mur, la construction européenne et l'internationalisation planétaire du savoir. Les thèmes abordés et les discussions résumées témoignent de l'ouverture de plus en plus large de l'histoire médiévale aux autres sciences humaines et sociales, mais avec des orientations propres à chaque pays. Médiévistes français et allemands savent qu'ils ne parlent pas la même langue. Mais ils se savent aussi trop proches pour ne pas aspirer à mieux communiquer, à collaborer davantage, à chercher ensemble. Les deux rencontres de Sèvres et de Göttingen resteront des repères essentiels pour une histoire des échanges intellectuels et scientifiques entre la France et l'Allemagne dans le cadre européen.