La Nouvelle-Calédonie s'apprête à prendre un virage institutionnel et politique dans un monde qui a radicalement changé depuis les premières luttes pour la décolonisation. Vingt-huit ans après les accords de Matignon-Oudinot, alors que se profile une nouvelle date clé pour son avenir institutionnel et politique avec la sortie programmée de l'accord de Nouméa, où en est la Nouvelle-Calédonie ? Son modèle économique a-t-il fondamentalement changé ? Sa trajectoire de développement est-elle soutenable ? Alors que le pays est engagé dans un processus de décolonisation négocié, quels sont ses atouts et ses options stratégiques pour affronter la mondialisation et ses nouvelles formes ? Le pays est en effet de plus en plus intégré à des marchés mondiaux libéralisés et dérégulés ; l'urbanisation se confirme mais elle prend des formes et a des impacts qui déjouent certains pronostics et tendances observées ailleurs ; vingt-cinq années de croissance soutenue ont dopé le marché intérieur ; en lien avec la croissance des mobilités, la place du non-marchand et de la coutume est restée essentielle à son développement humain ; les transferts de compétences de l'Etat français vers le territoire opérés au cours des vingt dernières années ont transformé les lieux et les acteurs de la décision politique ; l'industrialisation par la métallurgie a changé la donne quant à la répartition de la rente du nickel ; la bipolarisation politique a fait place à davantage de pluralisme pour ne citer que certaines des évolutions les plus emblématiques. A la veille de la consultation sur le transfert des dernières compétences, quels sont les futurs possibles pour l'économie très politique de la Nouvelle-Calédonie ? Sur quels acquis institutionnels et économiques de la trajectoire récente s'appuyer ? Quels relais de croissance activer et, au-delà et surtout, quel modèle de développement et quel "contrat social" renégocier ...
D'ascendant scandinave par son père, Guillaume le Conquérant est le plus prestigieux enfant de cette Normandie que les Vikings, sans en bouleverser le peuplement, ont revigoré, lui apportant un tonus qui déconcerte aujourd'hui plus d'un historien. Les Normands ont, au XIe siècle, conquis l'Italie méridionale et posée les bases de ce royaume de Sicile qui devait être, au XIIe siècle, le "premier Etat ?uvre d'art " ; ils ont conquis et remodelé l'Angleterre, créé la principauté d'Antioche. Guillaume discerner les traits majeurs de sa personnalité, on ne peut guère ajouter foi aux écrits des quelques historiens que compta la Normandie au XIe siècle ; mieux vaut en chercher l'expression dans les événements auxquels il a pris part et qu'il a marqués de son empreinte. Un homme dur, parfois brutal, mais non cruel ; emporté capable de céder à des colères aussi violentes que brèves, mais, chaque fois qu'un intérêt capital est en jeu, réfléchi, méthodique, obstiné dans sa résolution ; au demeurant, capable d'affection profonde et fidèle : tel nous apparaît Guillaume.
Fin 1967, depuis le sous-sol d'une maison rose nichée aux pieds des Catskills Mountains, dans le nord de l'Etat de New York, The Band conçoit Music From Big Pink, un album qui, comme son successeur The Band deux ans plus tard, va infléchir l'histoire du rock. A contre-courant de la vague psychédélique et pop qui inonde la fin des sixties, le quintet, empreint des sonorités traditionnelles américaines noires comme blanches, délivre une musique sobre et virtuose à la fois, conservatrice mais novatrice. Levon Helm, Richard Manuel, Rick Danko, Garth Hudson et Robbie Robertson ont aiguisé leur jeu et leur complicité dès l'adolescence au sein des Hawks, sous les ordres du chanteur Ronnie Hawkins, puis en essuyant les plâtres comme backing band de Bob Dylan sur ses tournées électriques de 1965 et 1966 ? une trajectoire singulière, souvent chaotique, qui le restera jusqu'à la fin en apothéose, The Last Waltz, concert d'adieu immortalisé par Martin Scorsese en 1976. Cette histoire est aussi celle du déchirement de deux frères d'armes, le batteur Levon Helm et le guitariste Robbie Robertson, qui ont livré des versions antagonistes des événements.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.