De port en port, où règne la Marchandise. Exploration dans la filière des conteneurs
Bottalico Andrea
CROQUANT
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EAN :9782365124348
Nous vivons quelque chose d'une grande transformation équivalente à ce que fut en son temps la révolution industrielle. C'est d'ailleurs l'histoire de l'une qui éclaire pour nous la naissance de l'autre, soit dit en passant. Quelques précurseurs la nomment d'ailleurs révolution logistique. C'est bien en effet de logistique qu'il s'agit, de cette manière toute moderne de fonder une économie mondiale sur la circulation des marchandises. Mobilité des marchandises, des hommes, des informations, de l'argent. Nous avons donc mis en place un programme de recherche pour rendre compte de cette transformation, la fabrique qu'elle organise de nouvelles économies mondes, les acteurs économiques qu'elle suscite et ceux qu'elle éteint, les formes de travail et de mobilisation qu'elle promeut, ce qu'elle construit et ce qu'elle détruit des espaces industriels. Ce programme nous l'avons baptisé " Le Grand Entrepôt " parce qu'il nous semble que le stockage et son organisation économique joue un rôle important dans cette affaire. Des entrepôts donc, des ports devenus giga parkings à containers et des décharges. Nous avons donc rassemblé ici, dans une collection qui a le nom du programme, quelques travaux qui éclairent cette transformation, la décrive, en mesure l'impact, analyse ses conséquences. Et qui surtout essaye de penser non pas simplement les formes économiques, sociales et spatiales de cette transformation, mais son impact, sa force et sa violence. Autant le dire simplement, nous pensons que la transformation que les experts nomme logistique n'est pas, ou très peu, une transformation positive des mondes de l'économie. C'est une catastrophe, une mise en désordre de mondes qui l'étaient déjà pas mal, un dérèglement ou un échauffement sans précédent d'économies déjà pas mal déjantées. Les auteurs de ces travaux viennent de la sociologie du travail, de l'anthropologie urbaine, de la géographie économique. De ce monde qui vient nous en voyons les aspérités, les gouffres, les souffrances et les débâcles, pas le génie. Premiers titres : Les frontières du monde. Voyage à travers la chaîne d'approvisionnement des conteneurs. La filière des conteneurs montre sa face invisible au moment où les chaînes d'approvisionnement se bloquent. Au lendemain de l'urgence sanitaire, même les observateurs les plus distraits ont compris qu'il existe un monde de navires, d'infrastructures de transport, d'entrepôts et de marchandises qui circulent sans arrêt. L'auteur a parcouru et raconté le monde opaque au-delà des portes d'entrée des ports, observant le jeu des acteurs qui font littéralement bouger l'économie mondiale. En errant dans des ports de plus en plus inaccessibles et dissociés des villes, il a suivi les traces du conteneur et d'un capitaine de navire sans nom. Le port de Gênes et les histoires liées aux dockers en perpétuel conflit, aux trafics d'armes, aux grèves et aux sous-bois qu'il recèle , la vie et le destin du port méridional de Gioia Tauro, puis la dévastation environnementale du port de Marseille-Fos , le port inaccessible de Beyrouth avant l'explosion qui l'a rasé , les projets d'expansion sans limite du port d'Anvers , le terminal à conteneurs automatisé et futuriste de Rotterdam... A travers les grandes étapes de l'univers maritime-portuaire, se dessine un parcours au cours duquel le travail et les marchandises semblent disparaître.
Résumé : Nous en sommes là : avec une extrême droite aux portes du pouvoir et qui a failli l'emporter. Qui gagnera si on n'engage pas tous les moyens pour l'empêcher. Or cette extrême droite est féroce : elle n'a rien abandonné de son racisme ni de sa violence, malgré ses tentatives pour se respectabiliser. Ce livre examine son programme et ses stratégies, la machine médiatique qui lui sert de marchepied et le pouvoir en place qui ne cesse de la favoriser en imitant son projet. Mais l'analyse ne suffit pas : battre l'extrême droite exige non seulement de comprendre ce qu'elle est, avec ses mensonges, ses faux-semblants et ses mesures de régression sociale, mais aussi de proposer une alternative véritable, qui aide à se fédérer. D'urgence : remettre la honte au racisme, miser sur la solidarité et considérer nos vies à égale dignité.
A l'heure de la déportation globale de personnes migrantes et réfugiées vers des "pays tiers", le Fascisme de la Frontière, invisible à sa naissance devient aujourd'hui manifeste. Les exilés passeront toujours. Mais au prix d'inhumaines violations infligées par les politiques migratoires. Les refouler à tout prix, même de leur mort et disparition, est devenu le leitmotiv politique de l'Occident qui risque de précipiter l'Europe dans une nouvelle phase historique de xénophobie. Comment nommer ce crime contemporain contre les personnes migrantes ? C'est la question que se pose l'autrice qui, ces dernières années, a arpenté les frontières euro-nêennes documentant les abus et les disparitions de " ants ". Est-ce un peuple en mouvement ? Ce livre cri et un carton rouge contre la violence contem-de l'Europe-déni. re Murard-Yo vanovitch est journaliste spécialiste rations. Elle travaille pour une ONG de secours Méditerranée. En Italie, elle a publié la Trilogie mosaico del disumano" avec Derive (2014), azione del soggetto migrante (2015) et lAbisso (Stampa alternativa). éditions du croquant e
Dans l'espace politique français, l'Union européenne est partout. Elle planifie la libéralisation des services publics. Elle organise le libre-échange qui pousse aux délocalisations et interdit de taxer significativement les détenteurs de capitaux. Elle impose l'austérité budgétaire et monétaire tout en laissant libre cours à la concurrence fiscale. Incapable de répondre aux enjeux du siècle, et notamment de conduire la transition écologique, elle obéit aux lobbies et dépossède les peuples de leur souveraineté démocratique. Pourtant, dans le débat politique, elle est reléguée au second plan, quand son rôle n'est pas tout simplement effacé. La question européenne est pourtant essentielle. Elle hante la gauche partout en Europe. Certains défendent la réécriture à plusieurs du droit communautaire, le changement de l'intérieur. D'autres, à l'inverse, défendent la sortie de l'Union européenne, tout au moins de l'euro, et la présentent parfois comme la solution à elle seule à tous nos maux. Ce livre, dont l'orientation eurocritique est pleinement assumée, entend parler sérieusement de l'Union européenne. Il montre que le statu quo est impossible. Il examine, dans une perspective de gauche, les différentes stratégies envisageables (sortie, réforme, rupture partielle, crise permanente) sans en défendre une en particulier, mais en décrivant pour chacune d'elles les conditions nécessaires à sa réalisation, les difficultés - le cas échéant les impossibilités - et les perspectives qu'elle ouvre. A l'heure du Brexit, d'une crise politique européenne qui n'en finit pas, et à l'approche des élections européennes de 2019, ce livre constitue un outil indispensable.
Le procès des sciences humaines et sociales (SIS) semble avoir été rouvert à l'occasion des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, quand plusieurs déclarations publiques ont dénoncé La "culture de l'excuse" qui serait implicite aux tentatives d'explication ou de compréhension du djihadisme portées par ces disciplines. Quelles sont les distinctions à opérer entre comprendre, expliquer, justifier et excuser ? Les causes dissolvent-elles les raisons ? La compréhension exclut-elle le jugement moral ou politique ? faut-il ou non considérer que les explications apportées par les sciences sociales peuvent, à l'image des savoirs psychiatriques, constituer des "circonstances atténuantes" dont les juges, et la société plus largement, auraient à tenir compte ? Comment situer cette condamnation de la "culture de l'excuse" dans l'histoire plus longue des usages politiques des théories des sciences humaines et sociales ? Et plus Largement, dans quelle mesure les sciences humaines et sociales peuvent-elles ou doivent-elles aider à comprendre "l'incompréhensible" ? Telles sont les questions posées par cet ouvrage à partir d'exemples passés et contemporains— La collaboration de scientifiques sous l'occupation nazie, les violences physiques collectives, La radicalisation ou la folie.
Jared Diamond, d'abord biologiste de l'évolution et physiologiste, enseigne actuellement la géographie à l'Université de Californie, à Los Angeles. Il a notamment publié Le troisième chimpanzé et Effondrement, ouvrages qui forment avec De l'inégalité parmi les sociétés un triptyque.4e de couverture : La question essentielle, pour la compréhension de l'état du monde contemporain, est celle de l'inégale répartition des richesses entre les sociétés : pourquoi une telle domination de l'Eurasie dans l'histoire ? Pourquoi ne sont-ce pas les indigènes d'Amérique, les Africains et les aborigènes australiens qui ont décimé, asservi et exterminé les Européens et les Asiatiques ?Cette question cruciale, les historiens ont renoncé depuis longtemps à y répondre, s'en tenant aux seules causes prochaines des guerres de conquête et de l'expansion du monde industrialisé. Mais les causes lointaines, un certain usage de la biologie prétend aujourd'hui les expliquer par l'inégalité supposée du capital génétique au sein de l'humanité.Or l'inégalité entre les sociétés est liée aux différences de milieux, pas aux différences génétiques. Jared Diamond le démontre dans cette fresque éblouissante de l'histoire de l'humanité depuis 13 000 ans. Mobilisant des disciplines aussi diverses que la génétique, la biologie moléculaire, l'écologie des comportements, l'épidémiologie, la linguistique, l'archéologie et l'histoire des technologies, il marque notamment le rôle de la production alimentaire, l'évolution des germes caractéristiques des populations humaines denses, favorisées par la révolution agricole, le rôle de la géographie dans la diffusion contrastée de l'écriture et de la technologie, selon la latitude en Eurasie, mais la longitude aux Amériques et en Afrique.
Résumé : Tous les jours, près de chez vous, un bon père de famille couche avec sa petite fille de neuf ans. Ou parfois elle lui fait juste une petite fellation. Ou c'est une grande soeur avec sa petite soeur. Dans cette anthropologie de l'inceste, Dorothée Dussy se penche sur les mécanismes complexes par lesquels l'inceste est couramment pratiqué dans l'intimité des foyers français. A la faveur du réel, et de la banalité des abus sexuels commis sur les enfants, l'inceste se révèle structurant de l'ordre social. Il y apparaît comme un outil de formation à l'exploitation et à la domination de genre et de classe. Cinq ans d'enquête ethnographique sont restitués dans ce livre : un voyage subversif au coeur de familles que rien, ou presque, ne distingue des vôtres. Préface de Charlotte Pudlowski A
Sahlins Marshall ; Henry Jr. Frederick B. ; Gersch
Durant la majeure partie de l'histoire et au sein de la plupart des sociétés, la vie humaine a été soumise à des dieux, des puissances ou des esprits, partout présents dans l'expérience quotidienne. En abordant ces sociétés qui évoluent dans un univers enchanté avec les outils et les préjugés de notre propre monde désenchanté, l'anthropologie n'a cessé de les défigurer. Car pour comprendre les conceptions de ces innombrables hommes et femmes, il faut en réalité rompre avec les notions modernes de religion, de croyance, de surnaturel ou de mythe. Ainsi seulement peut-on ouvrir la voie à une "science nouvelle" attentive aux diverses ontologies. Revisite et synthèse de l'histoire de la discipline, tour du monde conduisant des Inuit du cercle arctique aux Dinka d'Afrique de l'Est, en passant par les Araweté d'Amazonie ou les habitants des îles Trobriand, ce texte posthume de Marshall Sahlins met en lumière ce qui est le coeur battant de la recherche à laquelle il a consacré sa vie : une "double illumination", où la compréhension de sociétés différentes est toujours aussi une manière de mieux se connaître.