Otrante N° 43, printemps 2018 : Mutations. Tome 2, Homme/machine
Boof-Vermesse Isabelle ; Chassay Jean-François
KIME
20,00 €
Epuisé
EAN :9782841748945
Comme son titre l'indique, ce numéro d'Otrante s'inscrit dans la continuité d'un autre qui l'a précédé, "Mutations 1 : Corps posthumains". Ce dernier mettait en avant un processus d'évolution où le corps devient mutant, se modifiant en fonction d'un imaginaire de l'altérité posthumaine qui relève aussi d'une réflexion philosophique. C'est d'abord du corps lui-même que l'imaginaire de la mutation était envisagé. Le présent numéro sur "Homme/machine" offre plutôt des analyses qui, à l'inverse, montrent comment elle altère la réalité sociale, et pour cette raison, provoque des mutations qui ont des effets sur les individus : sa psyché, son ontologie, et même sa physiologie. De la machine à la machination, se dessine souvent un dispositif coercitif qui pèse sur les existences. Malgré les apparences parfois trompeuses, les machines sont rarement des entités neutres et il arrive qu'elles agissent sur la nature humaine, au point de la transformer. Des trains symbolisant le progrès de l'âge industriel aux ordinateurs produits par Bill Gates et Steve Jobs en passant par le téléphone et la voiture, la machine a complètement transformé l'environnement, imposant la mécanique au coeur de la nature et transformant par la même occasion les comportements et les modes de pensée de l'humanité. La fiction, plus que jamais, en traduit les effets. Ce sont ces effets que les articles de ce volume entendent explorer.
Nombre de pages
190
Date de parution
08/06/2018
Poids
256g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841748945
Titre
Otrante N° 43, printemps 2018 : Mutations. Tome 2, Homme/machine
Auteur
Boof-Vermesse Isabelle ; Chassay Jean-François
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
256
Date de parution
20180608
Nombre de pages
190,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Roman de moeurs écrit par une expatriée et donc doublement marqué par la distance, qui seule permet de comprendre et peut-être de juger, The Custom of the Country, publié en 1913, brosse le portrait sans complaisance de l'ambitieuse la plus dépourvue de scrupules de l'histoire de la littérature. Cet ouvrage collectif propose plusieurs lectures dans le but de rendre compte de la complexité de ce portrait, celui d'une femme mais aussi celui d'une époque.
Fin des grands récits, fin du monde, fin de l'homme : nous n'en finissons plus de penser les fins et de nourrir la pensée du post-, et d'interroger ce faisant les conditions de notre présence. C'est qu'il faut encore des humains pour penser le posthumain... S'il révèle les limites de la réflexion sur l'après, inversement le posthumain peut fissurer le socle épistémologique de la finitude humaine. Le "post" est toujours un "déjà". Dans la fiction et dans les pratiques, cette réflexion elle-même hybride donne naissance à des manifestations hybrides, parmi lesquelles les cyborgs, les mutants et les hackers occupent une place privilégiée en tant que figures singulièrement populaires dans la représentation de nos rencontres avec d'autres formes - animales, machiniques, médiatiques... Si le principe de comparaison laisse entendre précisément qu'hybrider, c'est penser, une approche de ces figures et structures hybrides semble propre à la compréhension des systèmes et des communications dans lesquelles nous nous inscrivons.
Boof-Vermesse Isabelle ; Monfort Bruno ; Paquet-De
Jeu fluide qu'inquiéterait le ballet subreptice des métaphores, The House of Mirth, somptueux roman de Wharton, prend et donne la mesure de la théâtralité du social et de la facticité du réel. Exclue du cercle enchanté, l'héroïne livrée au délitement des certitudes donne corps à un mystère de la grâce. Le sombre naturalisme d'une certaine tradition du cinéma vient le relayer un siècle plus tard: dans l'adaptation filmique de Terence Davies, la mise en scène étudiée trace l'épure d'une chute inexorable faute de catharsis. Le succès critique et public du film comme du livre se nourrit ainsi de l'échec de Lily Bart.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Le numéro du Bulletin de la SHESVIE 28-2 sera consacré à un dossier spécial sur "Les classifications zoologiques d'Aristote à Linné. Approches historiques et lexicologiques" . Les éditeurs scientifiques en sont Meyssa Ben Saâd, Simon Thuault, Yoan Boudes et Axelle Brémont. Il sera découpé en cinq passionnants articles dont le premier explorera "La classification zoologique dans la civilisation arabe classique : approche lexicologique et épistémologique" (Philippe Provençal), puis les lecteurs pourront appréhender la richesse du " lexique de l'échelle des êtres dans le Traité des animaux d'Aristote et le De animalibus d'Albert le Grand" (Grégory Cless) avant de se pencher sur l'histoire du "Genre, maître mot du classement" (Philippe Lherminier) ainsi que sur "Les traités d'Ichtyologie vers 1555- La naissance de la "peinture scientifique" " (Katharina Kolb). Enfin, un groupe de jeunes chercheurs nous proposera une "Etude du lexique et des catégories zoologiques en vietnamien" (Phuong Duyen Nguyen, Arnaud Zucker, Danh Thành Do-Hurinville).
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.