Les Grecs paraissent avoir conçu le monde idéal sans femmes. Pour résoudre la contradiction entre l'utopie d'un monde exclusivement masculin et la nécessaire présence des femmes pour perpétuer l'espèce, ils ont produit au moins deux types de discours relatifs à la paternité : des mythes donnant à voir un rêve, celui d'une paternité exclusive qui évincerait les femmes de leur pouvoir de reproduction ; des théories biologiques depuis les Présocratiques jusqu'à Aristote, qui, tout en admettant, à des degrés divers et sous des modalités variables, la participation des femmes au processus de génération, déprécient cependant la maternité au profit de la paternité. Ces deux formes de représentations mettent en évidence le phantasme de pouvoir se reproduire seul, ce que l'on peut appeler le complexe de Zeus, tant ce dieu semble en avoir été particulièrement investi. Ce complexe, dans lequel s'exprime une volonté de puissance par le déni de la maternité, manifeste que les Grecs ont pensé la paternité sous la catégorie du pouvoir.
Date de parution
01/10/2004
Poids
420g
Largeur
159mm
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EAN
9782859445089
Titre
COMPLEXE DE ZEUS
ISBN
2859445080
Auteur
BONNARD
Editeur
PUB SORBONNE
Largeur
159
Poids
420
Date de parution
20041001
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Étude des diverses formes de compétition politique, des rivalités pour le trône, des luttes pour l'autonomie régionale, expliquées par l'analyse des moyens d'action de l'aristocratie, principal agent des troubles (implantations régionales, réseaux familiaux, solidarités militaires ou liens de service). Le clivage entre militaires et civils est remis en cause, alors que le poids des grands clans régionaux importe davantage : de véritables équipes alternent au pouvoir, les provinces leur restant fidèles tant que la protection impériale compense, aux yeux des populations, le versement de l'impôt.
Automne 1997 : une vingtaine d'historiens médiévistes allemands viennent en France dresser devant leurs collègues français un bilan de leurs recherches depuis trente ans. Un an plus tard, jour pour jour, les médiévistes français leur rendent leur visite pour se livrer en Allemagne au même exercice. Chaque délégation a choisi en toute indépendance les thèmes mis en avant comme étant les plus représentatifs des recherches menées actuellement dans les deux pays. Dans la fresque historiographique qui ouvre chaque partie de ce diptyque, comme dans la présentation des principaux programmes de recherche en cours - sur les structures sociales (l'oral et l'écrit, les rituels et la liturgie, la parenté, la différence des sexes), la culture matérielle (l'archéologie des palais princiers, l'occupation de l'espace, la production et les échanges), les croyances (la religion, la memoria, l'imaginaire), le politique (la royauté, les normes) -, les points de vue qui se découvrent sont suffisamment proches et différents à la fois pour permettre un dialogue authentique et enrichissant. Non seulement ce livre fournit une foule d'informations inédites sur les résultats des travaux entrepris depuis plusieurs dizaines d'années des deux côtés du Rhin, mais il montre comment les historiens des deux pays s'interrogent sur leur métier, sur leurs concepts et leurs méthodes. Il exprime le souci qu'ont les uns et les autres de l'historicité de leur discipline dans un long XXe siècle marqué par deux guerres franco-allemandes, la catastrophe du nazisme, la Guerre Froide et la chute du Mur, la construction européenne et l'internationalisation planétaire du savoir. Les thèmes abordés et les discussions résumées témoignent de l'ouverture de plus en plus large de l'histoire médiévale aux autres sciences humaines et sociales, mais avec des orientations propres à chaque pays. Médiévistes français et allemands savent qu'ils ne parlent pas la même langue. Mais ils se savent aussi trop proches pour ne pas aspirer à mieux communiquer, à collaborer davantage, à chercher ensemble. Les deux rencontres de Sèvres et de Göttingen resteront des repères essentiels pour une histoire des échanges intellectuels et scientifiques entre la France et l'Allemagne dans le cadre européen.