Cultures & conflits N° 110/111, été-automne 2018 : Ethnographier les gangs. Maras, pandillas et outs
Bonelli Laurent ; Bigo Didier
L'HARMATTAN
25,50 €
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EAN :9782343168128
Les gangs occupent une place de choix dans les médias ou dans les discours politiques de nombre de pays d'Amérique latine. On les accable de maux et parfois même de déstructurer l'ensemble de leur société. Pourtant, ces regroupements demeurent assez mal connus. En effet, les données et statistiques officielles, les analyses médiatiques ou même les études en criminologie ne rendent pas compte de l'hétérogénéité et des évolutions sur le court et long terme des maras, pandillas et autres gangs latino-américains. L'ethnographie peut ici s'avérer utile. Contrairement à l'idée souvent avancée que la violence extrême rendrait impossible toute approche de ce type, depuis le début des années 1990, des chercheurs ont pu enquêter en immersion dans ces gangs. Ils présentent dans ce numéro de Cultures & Conflits leurs principaux résultats ainsi que leur réflexion sur une méthode qui constitue l'une des plus fines pour appréhender la réalité quotidienne comme les transformations de ces groupes dans le temps.
Nombre de pages
218
Date de parution
13/02/2019
Poids
338g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782343168128
Titre
Cultures & conflits N° 110/111, été-automne 2018 : Ethnographier les gangs. Maras, pandillas et outs
Auteur
Bonelli Laurent ; Bigo Didier
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
338
Date de parution
20190213
Nombre de pages
218,00 €
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Ce numéro explore les configurations sociales, historiques et politiques pour comprendre la violence politique. Le passage par la violence en politique n'est pas le résultat d'un "dysfonctionnement" ni d'une "subjectivité pathologique" réservée à des fanatiques, à des individus manipulés ou frustrés. Il s'inscrit dans des configurations sociales qu'il faut étudier dans toute leur singularité, en faisant varier le niveau d'analyse.
Etudiant des cas aussi variés que les banlieues françaises, les camps en Haïti, les sans-papiers à Barcelone, l'intervention militaire de l'OTAN en Libye ou la surveillance des communications en Tunisie, les contributions ici réunies explorent les relations existantes entre domination et autorité, les résistances qu'elles suscitent et la création d'identités et de subjectivités. Ce numéro revient aussi sur le «Tabou chimique et conflit en Syrie» et ses différents enjeux historiques, éthiques et techniques.
« Zones de non-droit », « délinquants toujours plus jeunes et plus récidivistes », « flambée de la violence urbaine »: l'« insécurité » semble devenue l'un des principaux problèmes sociaux du début du XXIe siècle en France. Les responsables politiques, de droite comme de gauche, invoquent la « demande de sécurité » de leurs électeurs pour réclamer une action plus énergique de la police et de la justice et les gouvernements successifs ont rivalisé dans l'adoption de lois et de mesures nouvelles en la matière. D'où vient une telle inflation du thème de la sécurité depuis le début des années 1980? Dans quelle mesure a-t-elle modifié la perception des milieux populaires et de leurs problèmes sociaux? Cet ouvrage montre que l'émergence de l'« insécurité » est inséparablement liée aux formes de précarités qui se développent depuis la fin des Trente Glorieuses et au recul constant de l'Etat social. C'est à partir de l'ensemble de ses dimensions qu'il aborde cette question, des transformations des quartiers populaires à celles du jeu politique, du traitement médiatique de la « délinquance » aux savoirs et expertises en tout genre mobilisés pour l'interpréter, des politiques locales de sécurité jusqu'aux mutations profondes intervenues dans l'organisation et les missions de la police, de la justice et de l'école. Avec la reformulation progressive de la question sociale en impératif d'« ordre dans la rue », c'est tout un pan des relations entre les citoyens et les institutions républicaines qui a changé de visage. Un livre somme qui permet de prendre la mesure d'un changement d'époque.
L'inquiétude produite par les attentats récents et par le départ de centaines de jeunes vers la Syrie a suscité un déferlement d'analyses, dont le caractère foisonnant masque l'absence quasi complète de données à grande échelle sur ceux qui épousent la cause djihadiste. C'est cette lacune que vient combler cette enquête, la plus fouillée à ce jour sur le sujet. Fondée sur l'étude systématique de 133 dossiers judiciaires de mineurs poursuivis pour des affaires de terrorisme ou signalés pour "radicalisation", elle permet d'appréhender la manière dont les situations familiales, les relations avec les institutions, les cursus scolaires ou la socialisation entre pairs façonnent les appropriations de l'idéologie djihadiste. L'enquête révèle ainsi des types de radicalité différents, de la rébellion contre les familles ou les institutions à un engagement pour faire advenir une nouvelle utopie politique et religieuse. A rebours des clichés sur les "délinquants terroristes", cet engagement peut aussi concerner des jeunes issus de familles stables, doués à l'école et sans passé judiciaire. De façon troublante, c'est aussi le rôle que les réponses institutionnelles peuvent parfois jouer dans les passages à l'acte que ce travail capital met au jour.