L'économie immatérielle. Industries et marchés d'expériences
Bomsel Olivier
GALLIMARD
19,20 €
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EAN :9782070360246
À chaque instant sur Google et autres outils de recherche s'inscrivent des milliers de requêtes et, avec elles, des milliers de marchés. Pas un jour où n'apparaissent un produit, un service fondé sur le codage, le traitement, la circulation de l'information. Pour chaque mot demandé, des entreprises paient afin d'être vues et de vendre. Les mots sont au coeur de l'économie: ils organisent la division du travail, les échanges, les moyens de production. Cette économie - qu'on l'appelle numérique, de l'information, de la connaissance ou de la communication - s'exprime désormais dans une écriture minimale et dématérialisée: le code {0,1}. La dématérialisation de l'écriture et sa circulation mondiale instantanée bouleversent nos représentations de l'économie. Comment percevoir et formaliser une économie immatérielle, sachant que les discours économiques dont nous héritons se sont élaborés à partir d'une physiologie de la marchandise, chose matérielle et tangible? Loin d'occulter la production et les échanges physiques ou de les cantonner à certaines régions du globe, l'économie immatérielle montre qu'ils ne progressent, ne s'étendent et ne se régulent qu'au prix de flux croissants d'informations. Mots, images, réseaux de significations sont les nouveaux leviers de la rationalisation des ressources, des échanges et surtout, de la coordination des individus par incitations et partage d'expériences. L'économie immatérielle ouvre l'ère des industries et des marchés d'expériences.
Nombre de pages
282
Date de parution
18/02/2010
Poids
296g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070360246
Titre
L'économie immatérielle. Industries et marchés d'expériences
Auteur
Bomsel Olivier
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
296
Date de parution
20100218
Nombre de pages
282,00 €
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Jamais la gratuité n'a été aussi présente, vantée et disputée qu'à l'ère numérique. Ce phénomène historique et économique singulier est souvent identifié à la baisse continue des coûts de traitement et de transport de l'information. Or il consiste avant tout dans les " effets de réseau " : grâce à l'extension du champ du codage binaire, les innovations numériques (Internet, moteurs de recherche, téléphones mobiles, moyens de paiement électroniques, télévision, etc.) voient leur utilité croître avec le nombre d'utilisateurs. Il faut donc conquérir le plus rapidement possible, par des subventions habilement choisies et créatrices d'irréversibilités, une masse critique d'utilisateurs. Résultat ? Des transferts mais aussi des rentes, des conflits d'intérêts ; on ne propose plus du " moins cher " comme au temps du fordisme et de sa concurrence par les coûts, mais du gratuit, catalyseur de déploiement ; grâce à cela, des monopoles émergent, avec la domination de Microsoft, le succès de Google, le déploiement de la téléphonie mobile ou des réseaux peer-to-peer... Arme économique redoutable, le gratuit n'est plus une subversion collective, mais un outil privé au service des entreprises. Ses mécanismes sont plus subtils, plus violents, plus contestables que les promesses qui les entourent. Qui a intérêt à donner ? Comment les transferts s'opèrent-ils ? Dans quels buts, au bénéfice de qui, en quête de quels effets ?
Résumé : Les apparences sont trompeuses : la mondialisation laisse accroire que l'économie est partout, qu'elle triomphe des Etats et mine leur souveraineté. Or une nouvelle économie politique, développée surtout dans les pays anglo-saxons et que cet ouvrage entend faire connaître en France, soutient résolument l'inverse : l'économie ne peut se comprendre sans le rôle des institutions, c'est-à-dire, selon Douglass North, "les règles du jeu de la société ou, plus formellement, les contraintes conçues par l'homme qui façonnent les interactions humaines". Ces règles, issues de la coutume, de la religion, de la politique ou du droit de chaque culture, déterminent la coordination et les performances économiques des sociétés. La Grèce des années 2010 est surendettée parce qu'elle peine à collecter l'impôt, à fixer le cadastre, à se défaire de pratiques clientélistes qui, depuis cent cinquante ans, ruinent ses finances publiques, parasitent l'Etat de droit, désespèrent l'opinion. Son défaut est institutionnel. La monnaie commune le transmet au reste de l'Europe. Laquelle est confrontée, dans des formes désormais pacifiques, à la régulation institutionnelle de ses États. Dans la mondialisation, c'est désormais sur les institutions que porte la concurrence car celles-ci façonnent la compétitivité des territoires. La plupart des institutions préexistant au développement de l'économie, la nouvelle économie politique des "ordres sociaux" nous rappelle que la manière dont s'évalue le profit dérivable de telle ou telle action dépend avant tout des règles sociales en vigueur et des conditions de leur application.
Résumé : Qu'est-ce qu'un livre, un film, une oeuvre musicale, à l'ère de la dématérialisation des médias ? Avant l'essor d'internet, tout est simple. Fonds et formes coexistent. Le fond (le roman par exemple) n'est accessible que parce que la forme (journal, livre imprimé) l'a rendu possible. Les objets - livres, tableaux, disques, films 35 mm - ont une mission d'exposition. Ils signifient publiquement : ceci est une oeuvre, inscrite dans l'histoire du genre cadré par son support. Ils incarnent la fonction de l'édition. La dématérialisation bouleverse cet équilibre. Mais loin de détruire la fonction éditoriale, elle vient, au contraire, en souligner l'importance, car elle met au jour sa dimension profondément symbolique. Si cette fonction existe et tient une telle place dans l'organisation sociale, à quoi l'assigne-t-on au juste ? Quelles routes symboliques suivent les messages destinés au public, et comment le public se dispose-t-il autour d'elles ? Quelle est l'économie de ces divers processus ? Pour traiter ces questions, Olivier Bomsel a réuni un collectif brillant de spécialistes de diverses disciplines. De leur dialogue, de la variété des exemples convoqués (invention de l'écriture, théâtre, bibliothèques, musique, cinéma, télévision, brevets, design) émerge une nouvelle définition des médias à l'ère de la numérisation. Et l'économie qui s'en déduit.
La violence est le problème majeur auquel est confrontée toute société. La "théorie des ordres sociaux" (2009) en fait un décodeur des institutions et des règles qui encadrent la politique et l'économie. Ce schéma de lecture de l'histoire contemporaine oppose deux idéaux-types, celui des Etats naturels où l'accès aux ressources ou aux privilèges est conditionné à l'allégeance au pouvoir, et les ordres d'accès ouvert, où économie de marché et démocratie représentative se coordonnent sous couvert de l'Etat de droit. La mondialisation a plongé ces deux idéaux-types dans une arène unique. Mais les ordres d'accès ouvert progressent et embarrassent les Etats naturels. Cet essai soutient que "les ordres d'accès ouvert ont atteint la masse critique" , c'est-à-dire qu'ils sont assez nombreux et influents désormais pour contenir la violence planétaire. Après cinquante ans de domination américaine, c'est à eux conjointement que revient d'endiguer les pandémies, l'impérialisme russe, le réchauffement climatique, en bref, d'assurer l'ordre mondial.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.