Les exégètes de Proust ont surtout insisté jusqu'à présent, sur les certitudes, les vérités intemporelles énoncées tout au long de la Recherche du temps perdu, sur les " révélations " du Temps retrouvé. Louis Bolle, au contraire, part de la constatation que tout est " relatif " chez Proust ou, du moins, que les vérités dernières ne se dégagent qu'au terme d'une succession de " points de vue ", dont la diversité, la mobilité, les interférences et les contradictions donnent à la Recherche son caractère le plus original. Un clocher, une phrase de sonate, un visage, un personnage n'apparaissent à Proust que selon un certain " aspect ", qu'un autre " aspect " vient compléter ou démentir. Le romancier dispose son oeuvre, non pas en une suite de paysages ou de tableaux arrêtés une fois pour toutes, mais comme des prédelles ou pans qui, à force de se réfléchir les uns pour les autres, constituent un panorama en profondeur, une cathédrale à quatre dimensions. Argus aux cent yeux, il regarde l'univers de cent " points de vue " différents, et il incarne ainsi la fonction suprême de l'art, qui est à la fois de présenter les apparences et de les récuser en tant qu'illusions. L'analyse de Louis Bolle éclaire peu à peu tous les centres d'intérêt de la Recherche : aussi bien la psychologie du jaloux (faite, justement, de la conviction que l'autre a cent personnalités en même temps) que l'esthétique impressionniste (fondée sur les erreurs des sens) ou la sociologie proustienne (la confusion finale des générations dans la grande comédie des recommencements). D'une écriture souple et riche, le livre de Louis Bolle s'inscrit dans la lignée de la " nouvelle critique ", celle qui s'attache à déceler les structures des oeuvres au lieu d'en décrire le contenu.
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Nombre de pages
252
Date de parution
01/01/1967
Poids
286g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782246806035
Titre
Marcel Proust ou le complexe d'Argus
Auteur
Bolle Louis
Editeur
GRASSET
Largeur
130
Poids
286
Date de parution
19670101
Nombre de pages
252,00 €
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Quelle est la place des prêtres et des laïcs dans la vie de l'Église aujourd'hui ? Comment assurer leur formation ? Comment réaliser les inévitables regroupements de paroisses en conservant tout leur sens aux communautés ecclésiales ? Quelles réponses apporter aux multiples questions posées en matière de sacrements, de liturgie et de catéchèse ? Comment enfin, par l'exercice de la solidarité, aider la société française à vivre la belle formule de sa nation : liberté, égalité, fraternité ? Tels furent les grands thèmes des échanges qu'ont eus les évêques français avec Jean-Paul II au cours de leurs neuf visites au limina, du 11 janvier au 12 avril 1997. La lucidité et le courage face aux problèmes, la convergence de vues, la pertinence des réponses apportées méritent d'être soulignées, tout comme le climat de joie partagée dans lequel eurent lieu ces visites. L'ensemble constitue un document de première main pour comprendre les enjeux de l'Église de France aujourd'hui et ses grandes priorités pour les années à venir.
Principalement destiné aux jeunes professionnels de l'aide ou du soin et à tous ceux qui sont en relation avec des aînés ayant grandi en France autour des années 1950, nés pendant la guerre de 1939-1945, un peu avant ou un peu après, cet ouvrage offre un panorama des conditions de vie de cette période, inimaginables à l'heure actuelle. Le fossé culturel qui sépare ces aînés de ceux qui les entourent ne fait pas l'objet d'un enseignement qui permettrait de mieux comprendre nombre de leurs propos et conduites. Louis Ploton fait oeuvre de transmission en racontant son enfance et sa jeunesse et plus généralement le monde dans lequel ont vécu les personnes âgées d'aujourd'hui.
Au milieu des années 1920, le jeune maharajah d'Indore Yeshwant Rao Holkar II achève ses études au prestigieux Christ Church College d'Oxford. Conquis par la nouveauté, il décide de faire construire à Indore une résidence privée alliant confort et esthétique moderniste. En 1929, il confie la conception et l'aménagement de ce palais à l'architecte allemand Eckhart Muthesius. Les choix du jeune homme sont guidés par Muthesius et par l'écrivain Henri-Pierre Roché, qui lui fait découvrir l'avant-garde artistique parisienne. Le maharajah acquiert ainsi des oeuvres de Constantin Brancusi, de Jacques-Emile Ruhlmann, mais aussi, entre autres, de Marcel Breuer, René Herbst, Eileen Grey. Il commande des services de table à l'orfèvre Jean Puiforcat et au céramiste Jean Luce, de luxueux tapis à Ivan Da Silva Bruhns. Le maharajah et son épouse se font portraiturer par le peintre Bernard Boutet de Monvel et par Man Ray. Ce livre raconte la genèse et la mise en oeuvre de ce projet extraordinaire qui mêle tradition locale et modernisme occidental et illustre remarquablement l'esprit qui anime la création européenne de l'entre-deux-guerres.
Par une nuit glaciale, le père Lamandre recueille une fillette de six ans venue frapper avec insistance à sa porte. L'enfant aux yeux admirables tremble de froid et de faim. Elle a les pieds en sang dans ses souliers à boucles d'argent, mais refuse de répondre aux questions qui lui sont posées. Le vieux prêtre ne saura que son prénom : Anne. Vingt ans plus tard, Anne est devenue Lady Clarick. Richissime, courtisée, elle a l'oreille des grands et le cardinal de Richelieu ne jure que par elle. Pourtant, dans l'ombre, quatre hommes connaissent son vrai visage et sont prêts à tout pour la punir de ses forfaits. Manipulatrice sans foi ni loi, intrigante, traîtresse, empoisonneuse, cette criminelle au visage angélique a traversé les siècles et la littérature : elle se nomme Milady. Voici venu le temps d'écarter la légende pour rencontrer la femme. Même un personnage de fiction peut réclamer justice. Ce roman inoubliable, écrit d'une voix puissamment contemporaine, rend vie à Milady et nous offre son histoire dont Dumas a semé les indices dans Les Trois Mousquetaires. Magnifique portrait d'une femme libre menant, pour sa survie, un jeu dangereux. Dans une époque où trop d'hommes voudraient la contraindre et la posséder, elle se bat - jusqu'à la transgression ultime - pour son pays, pour son idéal et pour sa liberté.
Chaque année Sorj Chalandon nous dit qu’il n’écrira plus de livre sur son père, et pourtant, chaque année il y revient. Cette fois il touche le sujet en plein cœur, puisqu’il décrit son errance dans les rues de Paris lors de sa fugue à 17 ans. Il y conte l’adolescence, la rage contre l’injustice, l’engagement, les coups durs et surtout, les belles rencontres salvatrices. Cette fois encore Chalandon m’a émue par sa sincérité et la qualité de sa plume.
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