Paysages sublimes. Les hommes face à la nature sauvage
Bodei Remo ; Savereux Jérôme
BELLES LETTRES
26,00 €
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EAN :9782251452951
Il existe des lieux devant lesquels les hommes ont éprouvé depuis des millénaires peur et effroi : montagnes, océans, forêts, volcans, déserts. Inhospitaliers, hostiles, désolés, ils font songer à la mort, ils nous humilient de leur grandeur et nous menacent de leur puissance. Cependant, dès le début du XVIIIe siècle, ils commencent à être perçus comme "sublimes" , dotés d'une intense et bouleversante beauté. Cette inversion radicale du goût n'a pas seulement une importance esthétique : elle implique une nouvelle façon de forger l'individu grâce au défi lancé à la grandeur et à la domination de la nature. De cette confrontation naît un plaisir inattendu mêlé de terreur, qui, d'un côté renforce l'idée de la domination de l'homme, de l'autre, contribue à lui faire découvrir la volupté de se perdre dans le grand tout. Après avoir atteint leur zénith, les théories et le sentiment du sublime connaissent une éclipse au moment où le rapport de force paraît s'inverser : quand l'humanité occidentale croit avoir commencé à défaire la nature, à dévoiler ses secrets et à asservir ses énergies. Le sublime se déplace alors toujours plus de la nature à l'Histoire et de l'Histoire à la politique. Même si le développement des technologies a rendu désormais scélérate la lutte contre une nature offensée et blessée, les immenses espaces intersidéraux semblent ouvrir de nouvelles perspectives au sublime. Quel rapport entretenons-nous avec une nature dont des pans entiers sont aujourd'hui domestiqués ? Comment le sublime peut-il continuer à développer ce rôle qui consiste à nous sauver de la platitude intellectuelle et de la torpeur émotive nous tirant de la banalité du quotidien ? Quel est le destin de l'humanisme ? Cet essai répond à ces questions - fascinant par ses qualités de lucidité, de rigueur et de lisibilité - à travers une cartographie documentée des territoires du sublime et une interprétation aiguë de ses métamorphoses historiques et théoriques.
Nombre de pages
150
Date de parution
15/04/2022
Poids
262g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782251452951
Titre
Paysages sublimes. Les hommes face à la nature sauvage
Auteur
Bodei Remo ; Savereux Jérôme
Editeur
BELLES LETTRES
Largeur
160
Poids
262
Date de parution
20220415
Nombre de pages
150,00 €
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Ce livre offre des instruments pour penser un siècle fertile en transformations imprévues, reconstruit les coordonnées de nos paysages mentaux et retrace les parcours au long desquels la philosophie rencontre les savoirs majeurs de notre temps. A saisir les idées en mouvement, on perçoit mieux les grandes articulations du discours philosophique, traité ici à partir des sources premières. Aux deux modèles les plus courants que sont l'exposition linéaire - qui présente des chapelets d'opinions reliées entre elles par le mince fil de la progression chronologique - et la description, en dehors de tout contexte, de systèmes miniaturisés et isolés (supposés posséder une existence autonome et atemporelle), nous avons donc préféré un mode narratif: la représentation de scènes théoriques compactes, divisées en tableaux conceptuels, où se croisent et s'entrecroisent les arguments d'acteurs résolus à éclaircir des problèmes qui sont aussi les nôtres."
Le délire n'est pas étranger à la raison. Il ressortit plutôt à un monde intermédiaire et paradoxal dans lequel se mêlent les dimensions publique et privée, la logique de l'esprit et celle des passions, la perception correcte et l'hallucination, la prohibition et la réalisation du désir, l'adaptation au monde et la fuite. Symptôme de maladie, le délire est aussi une tentative de reconstruction de l'intégrité psychique. C'est dans cette perspective que Remo Bodei décrit le fonctionnement des logiques à l'?uvre dans les délires, notamment dans la schizophrénie. Dès lors, Lacan et Freud, mais aussi le rationalisme cartésien sont réinterrogés à la lumière d'une question fondamentale de la philosophie contemporaine : quel est le poids des passions dans la rationalité ?
Une chaussure, une lampe, un coupe-papier, un poêle, un pneu. Des choses simples - vendues, achetées, utilisées, puis jetées dans un tiroir, dans un garage, dans une décharge. Des objets nus, encore neufs ou bien utilisés, intacts ou usés, toujours destinés à l'insignifiance et à la destruction. Est-ce le destin des choses ? Ou existe-t-il un autre regard sur elles, capable d'une certaine façon de les racheter de leur rôle anonyme et inerte ...
Partant de la conception aristotélicienne de l'esclave et de son utilisation hispanique ultérieure pour cautionner la guerre juste menée contre les Indiens, Remo Bodei reprend, ensuite, à travers l'étude de l'oeuvre de Hegel, le parcours des formes de justification de la hiérarchie sociale. Un parcours qui, en se fondant sur le développement du rapport maître-esclave, dévoile la formation de l'individu à l'aube d'une modernité qui bouleverse les formes de pouvoir et de l'autorité. Désormais, le pouvoir n'est plus force brute personnifiée mais ruse : son ubiquité fait pendant à son impersonnalité et à son invisibilité.
Les Belles Lettres regroupent dans ce somptueux coffret réalisé par Benjamin Van Blancke les deux volumes d'Isaac Asimov consacrés à l'histoire romaine, de sa fondation à sa chute. C'est sa fascination pour l'histoire du grand Empire romain qui inspira Asimov pour construire son Empire galactique dans le Cycle de Fondation, oeuvre qui s'est rapidement imposée comme un classique et comme une référence de la littérature de science-fiction. Dans La République romaine, Asimov retrace l'épopée d'une petite tribu qui a bâti en l'espace de 500 ans, grâce à son audace et à son ingéniosité, l'une des civilisations les plus brillantes de l'histoire : Rome. De la fondation légendaire par Romulus à l'avènement d'Auguste, Asimov dresse, grâce à sa maîtrise parfaite de la narration, un tableau limpide de cette époque fascinante. Chaque chapitre s'ouvre sur l'une des superbes illustrations de Benjamin Van Blancke, et immerge tout entier le lecteur dans cette « suite extraordinaire de triomphes et de désastres, de faits de bravoure au combat et de bêtise dans la paix, d'intrigues sordides et d'idéalisme glorieux » (Isaac Asimov). Dans le second et dernier volume consacré à l'histoire romaine, Isaac Asimov guide ses lecteurs à travers les quatre siècles durant lesquels Rome assura son hégémonie sur le monde occidental, apportant la paix à une centaine de millions de personnes. L'Empire romain reprend le récit là où La République romaine l'avait laissé, à l'avènement d'Auguste et au début du principat, et couvre toutes les lignées d'empereurs jusqu'aux royaumes germaniques et à la victoire de Clovis à Soissons, qui marque la fin de la tradition romaine, 1239 ans après la fondation de la Ville par Romulus. Se plaçant en chroniqueur lucide, Asimov, au moyen d'anecdotes savoureuses et d'apartés, relie la « grande » histoire, celle des batailles et des dirigeants, à la « petite », celle du quotidien et des masses anonymes. Ce volume est, comme le précédent, illustré par les majestueux dessins de Benjamin Van Blancke.
Depuis sept ans, Le Bulletin des Belles Lettres est le compagnon idéal de vos bibliothèques, arpentant les livres et les époques avec pour seule boussole un thème annuel. Ce numéro part à la rencontre des langues imaginaires, nées par frictions étincelantes avec notre réalité commune. Il rend hommage à l'intraduisible, à ce qui se joue à la lisière des langues et des mondes connus. Certains tissent des mots comme un flot, de conscience ou de rimes. Chez Simine Dânechvar, Virginia Woolf et James Joyce, la langue romanesque prend des formes intimes qui subjuguent la conscience ; les poètes Yahya Kemal et Ahmet Hâsim réinventent l'art poétique turc ; avec Rilke la poésie passe d'une rive à l'autre ; Lewis Carroll fait du langage sa créature. D'autres parlent des langues nouvelles. Déchiffrez l'elfique de Tolkien et conversez en na?vi ; adonnez-vous à la glossolalie jubilatoire d'Antonin Artaud ; inventez des hiéroglyphes avec Athanasius Kircher ; écoutez la confession d'un interprète extra-terrestre mise en récit par Alexander Dickow et animée par Laurent Gapaillard. Cryptogrammes pirates, alphabets sorciers, runes merveilleuses et faux japonais d'un mythomane génial vous initieront au mystère des signes.
Claudel Paul ; Caron Maxence ; Soeur Marie de l'as
Cet ouvrage n'a guère à voir avec ce que l'on publia jusqu'à présent de Claudel (1868-1955). Il est un fait qu'en dehors de quelques titres, l'un des plus célèbres écrivains du monde n'est aujourd'hui connu dans son pays que de nom. Ce volume édite ses livres capitaux. Il est préfacé par Émilie d'Arvieu (Soeur Marie de l'Assomption), dominicaine et arrière-petite-fille du grand homme. Claudel n'est pas un écrivain comme les autres : derrière cette force qui plonge dans le puits de Jacob un bras sculpté par Isaïe, Eschyle et Rimbaud, il est la plus puissante figure fondatrice de l'Histoire contemporaine. Cette figure est encore si proche de nous, que nous commençons seulement d'apercevoir l'ampleur où conduit sa parole. Entrant un jour de Noël à Notre-Dame ce « grand coeur catholique », qui d'abord ne le fut point, se convertit au christianisme de manière aussi fulgurante qu'inattendue. Il fréquente alors chez Mallarmé où il se rencontre avec la jeune avant-garde. Irréductible aux manières des habitués de la rue de Rome, Claudel crée une oeuvre souverainement affirmative en qui l'art est indissociable de l'annonce de la Vérité. Or, annoncer la Vérité, c'est ce que signifie précisément le mot « prophétie ». Prophétiques, les oeuvres de Claudel le sont par nature : armées de l'héritage de l'immortalité antique dont elles déduisent un symbolisme universel, elles dépassent les avant-gardes. Claudel traverse ainsi les genres littéraires, qu'il soumet à cette exigence prophétique et dont il obtient une parole nouvelle et éternelle. Poète, bien sûr, puis dramaturge dont le théâtre est un poème à plusieurs voix, il est d'abord un penseur au sens le plus pur. Ainsi, après avoir achevé Le Soulier de satin, il laisse le théâtre et consacre trente ans de sa vie à l'invention d'une nouvelle forme : la méditation biblique totale, en qui s'unissent tous les arts au sein d'une seule pensée récapitulant sa plénitude. Ces livres de philosophie, véritablement katholiques, prolongent sa recherche poétique qui, dépassant à présent le cadre d'un « théâtre dont la scène est le monde », épouse en une langue sublime les contours de l'Écriture Sainte afin de découvrir le sens de notre monde et la clef de son avenir. Jamais de tels textes n'avaient été écrits. Avant que Claudel ne manifestât cette unité qui mène des Cinq grandes Odes à Un poète regarde la Croix en passant par l'étincelant examen de notre époque au regard de l?Apocalypse, jamais n'avait été établie la cohérence qui va de la poésie à la pensée la plus intense. C'est ce parcours, cette cohérence, cet art, cette unité d'une vie qu'incarne notre ouvrage en réunissant les livres majeurs où, traçant son chemin entre grands poèmes et traités bibliques abyssaux, se révèle la pensée prophétique de Claudel.
Pendant une douzaine d'années, Jean-Pierre Otte s'est attaché à rassembler les mythes premiers du cercle Arctique, des deux Amériques, de l'Afrique noire, de l'Océanie et de l'Australie de l'"Ere du rêve". Ces mythes de création qui, dans le recours à l'imaginaire, demandent à la vie le secret de ses origines, étaient peu connus, dispersés ou fragmentaires, souvent jamais traduits de la langue dois laquelle les grands voyageurs et les premiers ethnographes les rapportèrent. Dans un second temps - et cette démarche fera date -, Jean-Pierre Otte s'est efforcé d'amener ces grands récits de la tradition orale à l'existence écrite. Son travail dans la rigueur n'en est pas moins une transposition poétique, aussi vivante et passionnée que possible. Il s'agissait d'amplifier le sens, d'exalter les couleurs, d'accentuer les contrastes, et de mettre en évidence, sans le dénaturer, le contenu philosophique, métaphysique, religieux, amoureux ou moral des mythes du commencement. Rendus magnifiquement, ces matins du monde ont été choisis pour être représentatifs des grands courants cosmogoniques, lesquels ne sont peut-être, malgré leurs différences, ou plutôt grâce à elles, que la diversité fabuleuse et fertile d'une unité foncière inscrite au plus profond de la mémoire du monde et de la nôtre.