Des colonisés ingouvernables. Adresses d’Algériens aux autorités françaises (Akbou, Paris, 1919-1940
Blanchard Emmanuel
SCIENCES PO
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EAN :9782724642704
Le 6 rue Lecomte abrite, à partir de 1925, le Service des affaires indigènes nord-africaines. Rattaché à la préfecture de police, il est chargé de surveiller les travailleurs coloniaux qui ne sont ni pleinement français ni étrangers. Bientôt surnommé le « bureau arabe », il accueille plus de 300 personnes par jour, essentiellement des Kabyles venus travailler à Paris. Le SAINA est un organe principalement répressif mais il traite néanmoins de nombreuses plaintes venues des deux bords de la Méditerranée. Ces requêtes donnent à comprendre la situation coloniale et l'expérience migratoire au quotidien : dettes de jeu, affaires familiales, demandes d'exonérations fiscales, dénonciation de faits de corruption, litiges fonciers, etc. Rédigées le plus souvent par des écrivains publics, elles sont la matière d'une micro-histoire intime et politique, qui relie la Kabylie et la métropole parisienne.Explorant les quinze cartons d'archives, sauvées in extremis des caves humides d'une école, Emmanuel Blanchard a mené l'enquête. Les lettres exhumées révèlent les stratégies d'adaptation à l'État colonial de colonisés qui, finalement, n'apparaissent jamais autant « ingouvernables » que lorsqu'ils demandent à faire valoir leurs droits, c'est-à-dire à être gouvernés comme des administrés, non à être commandés comme des sujets.Emmanuel Blanchard, historien et sociologue, est professeur des universités à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye. Il est également chercheur au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP) et à l'Institut national d'études démographiques (INED). Il est notamment l'auteur d'une Histoire de l'immigration algérienne en France (La Découverte, 2018).
Nombre de pages
260
Date de parution
30/08/2024
Poids
400g
Largeur
138mm
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EAN
9782724642704
Titre
Des colonisés ingouvernables. Adresses d’Algériens aux autorités françaises (Akbou, Paris, 1919-1940
Auteur
Blanchard Emmanuel
Editeur
SCIENCES PO
Largeur
138
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Date de parution
20240830
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Le "problème nord-africain": c'est ainsi que la police a pris pour habitude de qualifier après-guerre la question des Algériens installés en région parisienne. Théoriquement égaux en droit avec les autres citoyens français, ils étaient cantonnés à certains emplois et quartiers, en butte à une forte emprise policière et objets de nombreux fantasmes touchant à leurs pratiques sexuelles ou délinquantes. De 1925 à 1945, les Algériens ont été "suivis" par une équipe spécialisée, la Brigade nord-africaine de la préfecture de police. Celle-ci dissoute, les "indigènes" devenus "Français musulmans d'Algérie" sont désormais l'affaire de tous les personnels de police. Au début des années 1950, l'émeute algérienne devient un sujet de préoccupation majeur, exacerbé par la répression féroce de la manifestation du 14 juillet 1953, place de la Nation. Une nouvelle police spécialisée est alors reconstituée avec la Brigade des agressions et violences. Ses objectifs: pénétrer les "milieux nord-africains" et ficher les Algériens. Entre 1958 et 1962, dans le contexte de la guerre ouverte en Algérie, le répertoire policier se radicalise: il faut désormais "éliminer les indésirables". Rafles, camps d'internement et retours forcés se multiplient. Les brutalités policières deviennent fréquentes, jusqu'à la torture. Le préfet de police Maurice Papon reçoit un "chèque en blanc" pour combattre le FLN. Les massacres d'octobre 1961 incarnent le moment le plus tragique de cette période noire. Les mécanismes en sont éclairés par une étude historique rigoureuse fondée sur des archives et des témoignages inédits.
Les relations entre la France et l'Algérie sont souvent considérées comme "passionnelles" en raison, notamment, du poids des années de guerre (1954-1962). Or ce sont cent trente ans de colonisation et près de deux siècles de migrations qui ont tissé de multiples liens : avec des départs de la France vers l'Algérie d'abord, avant que les traversées dans l'autre sens se multiplient à partir des années 1900. Aujourd'hui encore, les Algériens forment le principal groupe d'étrangers installé en France alors même que des générations de descendants d'immigrés ont acquis la nationalité française. Le droit de la nationalité, les politiques d'immigration, les imaginaires, mais aussi les sociabilités populaires ont largement été marqués par cette présence. La prise en compte d'une situation coloniale, puis postcoloniale, permet d'expliquer les discriminations structurelles et les luttes qu'elles ont engendrées. En laissant toute sa place à une histoire sociale ouverte à la diversité des pratiques (religieuses, culturelles, professionnelles...) et des trajectoires, l'auteur restitue la diversité d'une immigration souvent réduite à quelques stéréotypes ou à sa seule histoire politique.
De Tunis au Caire, de Benghazi à Sanaa en passant par Kiev, la révolution, relayée par les médias et les réseaux sociaux, est de nouveau présente dans l'histoire mondiale. Ces moments de crise politique ont rappelé, d'une part, la puissance de l'événement et, d'autre part, le poids déterminant des interactions entre le régime au pouvoir, les forces de sécurité, qu'elles soient policières ou militaires, et le " peuple en action " . Ce dossier vise à relire des crises politiques du 20e siècle en France (le 6 février 1934) et à l'étranger (au Brésil, aux Etats-Unis, en RDA et en Tunisie) à l'aune de l'action ou de l'inaction des forces de l'ordre. Ces dernières y sont analysées comme des institutions politiques à part entière, influant sur le cours des événements et devant être pleinement prises en compte dans l'écriture d'une histoire politique attentive à l'ensemble des acteurs mobilisés.
Cette synthèse sur la théorie des relations internationales les situe dans leur environnement intellectuel et historique. Elle passe en revue les modèles de référence généraux ainsi que les divers concepts de cette science politique, avant de détailler les débats sectoriels de la discipline. Cette édition intègre notamment les derniers développements sur le marxisme et l'intégration européenne.
Monique Dagnaud est sociologue au CNRS, enseignante à l'EHESS et à l'INA. Sociologue des médias, elle a publié de nombreux ouvrages dont Les Artisans de l'imaginaire, La Teuf, Essai sur le désordre des générations.
Le rejet du Traité constitutionnel européen en 2005 par les peuples français et néerlandais, suivi du "non" irlandais de 2008 et du Brexit de 2016, a plongé l'Union européenne dans une crise grave. II a fait resurgir doutes et incertitudes quant à sa nature institutionnelle, à la répartition des pouvoirs, à la place des citoyens et des opinions et à sa capacité à faire face aux enjeux mondiaux actuels. Comprendre cette crise, et ses répercussions profondes sur la politique des Etats membres, exige d'affronter la complexité de l'Union, sans en exagérer la portée. Ce livre a pour ambition de mettre en évidence la cohérence et l'originalité du régime politique européen. Il analyse la nature de la "fédération d'Etats" et montre comment les conflits de compétence sont résolus en son sein. Il revient sur l'équilibre institutionnel original du "modèle communautaire" et sur les mécanismes de décision qu'il génère. Il se penche sur la "vie politique" qui s'ébauche dans l'Union et s'interroge sur la manière dont cette fédération d'Etats peut devenir pleinement démocratique. Dépassant les dichotomies classiques et posant le compromis comme principe constitutif de la vie politique européenne, cet ouvrage constitue une véritable référence qui permet de mieux saisir les enjeux de l'Union européenne.