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Le passé présent. Une enquête liturgique dans la France du début du XVIIIe siècle
Bisaro Xavier
CERF
37,40 €
Épuisé
EAN :9782204095617
A l'époque moderne, l'explication des cérémonies de la messe relève d'un genre littéraire connu depuis le haut Moyen Age, en même temps qu'innovant. En effet, portés par l'élan pastoral post-tridentin, de nombreux auteurs s'y adonnent, tout en développant une critique parfois virulente des modèles hérités des " siècles obscurs " et, par voie de conséquence, en élaborant de nouvelles méthodes de description et d'exégèse des rites. Le projet de l'oratorien Pierre Lebrun (1661-1729) s'inscrit dans ce contexte, bien qu'il se distingue par son ampleur et son organisation. Le savant liturgiste orchestre une enquête sur la messe, combinant questionnaires adressés à un grand nombre de chapitres séculiers et d'ordres monastiques, copies de manuscrits anciens et recensions du maximum de sources susceptibles d'éclairer l'unité fondamentale du sacrement eucharistique derrière la diversité de ses inflexions locales. Pour couronner son entreprise, le père Lebrun publie entre 1716 et 1726 une " Explication littérale, historique et dogmatique des prières et des cérémonies de la messe " (4 volumes), très vite considérée comme un ouvrage classique de la science liturgique. Toutefois, l'accomplissement du dessein de Lebrun n'est pas aussi évident qu'il y paraît. En renouant les fils entre les documents collectés et la production imprimée qui s'en inspire, la présente étude propose une " enquête de l'enquête " établissant les contingences de la démarche de l'oratorien, de même que le rapport complexe qui, au fur et à mesure de l'avancement de ses travaux, s'établit entre son aspiration, les informations qu'il engrange et leur restitution publique. Mais, au-delà d'une expérience individuelle, cet ouvrage met au jour la contribution du père Lebrun à l'instauration, dans la culture chrétienne, d'un questionnement fondamental et toujours d'actualité : celui des modalités d'articulation du mystère de la messe et de ses formes pratiques dans l'histoire. -- In today's world, explanations of the ceremonies of the Mass recall a literary genre that dates from the Early Middle Ages, yet it is also innovative. Numerous authors, inspired by the post-Tridentine pastoral impetus, have applied themselves to the subject, sometimes being virulently critical of those models from the 'Dark Ages'. As a consequence, they have elaborated new methods of description and ritual exegeses. The project of the Oratorian Pierre Lebrun (1661-1729) is just such an example, though its scale and organisation make it exceptional. The scholarly liturgist conducts a veritable investigation of the Mass, combining questionnaires addressed to a large number of secular chapters and monastic orders, copies of old manuscripts and an inventory of the maximum amount of sources that might illuminate the Eucharistic sacrament's fundamental unity, underlying diverse local interpretations. As the crowning glory of his enterprise, Father Lebrun published, between 1716 and 1726, an Explication littérale, historique et dogmatique des prières et des cérémonies de la messe (4 volumes), which was very quickly regarded as a classic work of liturgical science. However, Lebrun's achievement is not as obvious as it might appear. By renewing the links between the accumulated documents and the published work they inspired, the present study proposes an 'enquiry into the enquiry', establishing the contingency of the Oratorian's approach, as well as the complex rapport which, as his work advanced, established itself between his aspiration, the information he gathered and its public presentation. But, over and above the singularity of the venture, this volume reveals Father Lebrun's contribution to the Christian culture of a fundamental, and always pertinent, questioning : the method of articulating the mysteries of the Mass and its practical forms in history.
Chantons toujours... Le jour de la Saint-Vincent 1795, la ci-devant église paroissiale de Sainte-Pallaye résonne de cette cinglante réponse d'un villageois aux officiers municipaux venus l'interpeller. Entouré d'autres habitants réunis pour faire la messe en l'absence de prêtre, il riposte verbalement aux représentants du nouveau régime, et désigne par la même occasion ce qui apparaît comme le signe efficace et rassurant du rite qu'il prétend accomplir: le plain-chant exécuté par lui et ses compagnons du lutrin. Perdue dans la masse des rapports de l'administration révolutionnaire, la trace de la détermination de ces chantres pose pourtant un singulier problème. Attribut ecclésiastique, le plain-chant est ici revendiqué par un groupe de laïques; nécessitant des connaissances techniques particulières et reposant sur des textes latins, ce chant semble familier aux peu-lisants d'un bourg rural. Se jouant des frontières culturelles, le plain-chant des campagnes se révèle être, au hasard de cet incident, étroitement chevillé à la société d'Ancien Régime. En croisant des sources relatives à l'enseignement scolaire, à la sociabilité rurale, à la librairie religieuse, aux pratiques musicales inhérentes à la vie paroissiale, ainsi qu'à leurs représentations et aux usages anthropologiques qui leur sont liés, cet ouvrage propose une étude de ce plain-chant dont les traits stables entre le XVIe et le XIXe siècle autant que les transformations diachroniques accompagnèrent non sans efficience l'émergence, l'enracinement puis l'affaiblissement d'une religion villageoise propre à la France moderne.
Résumé : L'ouvrage propose la première traduction française annotée et commentée du traité de musique L'Artusi, ou des imperfections de La musique moderne que le chanoine Giovanni Artusi fit paraître à Venise en 1600. Bien que le nom même de Claudio Monteverdi n'y apparaisse jamais, le texte d'Artusi est imprégné de la musique et de la personnalité du grand musicien italien. En effet, citant et analysant les madrigaux de Monteverdi, Artusi proteste vigoureusement contre ce que le compositeur lui-même considèrera peu après comme une seconde pratique (seconda prattica) qui est une reconsidération radicale de la finalité et des moyens de la musique de son temps. Ce livre plonge ainsi le lecteur contemporain, qu'il soit ou non musicien, au c?ur d'une des querelles artistiques les plus importantes de l'histoire de la musique puisque s'y inventent, dans le dialogue des arguments de deux personnages, la pratique, l'écoute et la pensée de la musique moderne. Par-delà l'intérêt historique de ce traité, la connaissance directe de la pensée d'Artusi nous ramène aux principes musicologiques, esthétiques et philosophiques de la musique de Monteverdi. Elle nous permet de saisir, au moment fragile de l'invention de cette musique, ce que cette dernière avait (et qu'elle a encore) d'étonnant et d'émouvant parce que tel était justement son projet explicite. Bref, la connaissance directe de la pensée d'Artusi nous permet de comprendre notre relation à la musique et à l'art comme se tenant bien, depuis plus de quatre siècles, dans l'ombre de Monteverdi.
Résumé : On pense spontanément que le public des XVIIe et XVIIIe siècles allait à l'opéra pour entendre des voix, des airs, des développements instrumentaux propres à suggérer l'état d'âme de tel personnage, en somme de la musique. On sait aujourd'hui qu'il s'y rendait aussi pour admirer les changements à vue, machineries et effets spéciaux qui agrémentaient la représentation, ou encore pour profiter d'un ensemble d'impressions visuelles et sonores dépendant de ce qui se passait dans la salle elle-même. Il en va de même pour le théâtre parlé, que l'on allait alors "ouïr" autant que regarder. Les témoignages sur ce croisement du voir et de l'entendre sont, certes, nombreux, mais souvent peu explicites, les commentateurs de l'époque éprouvant une difficulté particulière à rendre compte de leur expérience d'auditeurs de théâtre. C'est à ce relatif silence de l'écoute qu'est consacré ce volume qui, en enquêtant sur les sons du théâtre, de leur enregistrement à leur transmission, propose de mieux cerner la perception auditive du spectacle à l'époque moderne. Issues d'un programme de recherche développé au sein de l'Institut de recherche sur la Renaissance, l'Age classique et les Lumières (IRCL, - UMR 5186 du CNRS), les contributions du présent volume portent sur les théâtres parlé et chanté, tant anglais que français, du XVIe au XVIIIe siècle.
Aujourd'hui comme hier, le cahier est le support de l'apprentissage scolaire, celui de l'écriture littéraire et musicale et des leçons du maître. Qu'il soit en papier ou sous la forme de tablette de cire, il offre aux chercheurs une source privilégiée pour l'histoire de l'enseignement. Ainsi, ce livre nous fait découvrir que nos usages pédagogiques n'ont rien en commun avec ceux du Moyen Age et de la Renaissance. A travers d'exceptionnels exemplaires concrets, ce livre montre les différentes facettes de ce dispositif complexe, aux frontières du manuscrit et de l'imprimé, du cahier d'écolier et du cahier du maître, témoin de méthodes pédagogiques où se révèlent, à l'âge de l'humanisme, autant de continuités que de ruptures. Un livre précieux sur un sujet rare.
La Traduction Oecuménique de la Bible (TOB), publiée en 1975, a marqué un tournant dans la longue histoire de la traduction de la Bible. Pour la première fois au monde, des biblistes catholiques, protestants et orthodoxes travaillaient ensemble pour produire une traduction moderne dont la fiabilité et le sérieux sont aujourd'hui reconnus par tous. La Bible TOB a bénéficié depuis d'importantes révisions, en 1988 et 2004, proposant un texte plus précis et harmonieux et prenant en compte les avancées de la recherche biblique. Cette édition 2010 comprend de nouvelles actualisations des notes et introductions, avec quelques corrections de la traduction. Elle porte la même exigence de clarté de la langue et de fidélité au texte source. La TOB 2010 constitue aussi un événement éditorial et oecuménique sans précédent: pour la première fois dans l'histoire de la Bible en langue française, elle intègre un ensemble supplémentaire de six livres deutérocanoniques en usage dans la liturgie des Eglises orthodoxes 3 et 4 Esdras, 3 et 4 Maccabées, le Psaume 151, la Prière de Manassé. Avec des introductions générales, une introduction à chaque livre, des notes essentielles sur les particularités du texte, un tableau chronologique, un tableau synoptique, un glossaire et huit cartes couleur, la TOB 2010 est tout indiquée pour se plonger dans les récits plusieurs fois millénaires de la Bible, tels qu'ils ont été reçus dans les diverses traditions juives et chrétiennes.
Résumé : Pour commémorer ses douze années passées sur le siège de Pierre, voici un livre photos retraçant les grands moments du pontificat de François : le pape apparaissant au balcon de Saint-Pierre de Rome, à Lampedusa avec les migrants, les cérémonies de Pâques pendant la période du confinement, l'ouverture des portes saintes du jubilé. Autant d'événements, heureux ou graves, dont il faut se souvenir. Ouvrir ce livre consacré au pape François, c'est se rappeler son immense action pastorale : l'intérêt consacré aux Eglises d'Amérique du Sud, d'Afrique ou d'Asie, le souci des pauvres retrouvé, l'attention portée aux périphéries... Autant de choses qui révèlent la préoccupation du pasteur, que chacun trouve sa place dans l'Eglise. François, c'est aussi un héritage théologique majeur : la prise de conscience, au sein de l'Eglise, de la crise écologique et l'initiation d'une réflexion théologique ; l'accueil fait aux divorcés-remariés. Tout cela, c'était François. Pour ne pas oublier.
Résumé : Cette synthèse, remarquable et accessible, sur les débuts du christianisme nous conduit des années de prédication de Jésus en Galilée et en Judée, de sa mort ignominieuse, et de la diffusion complexe et diverse de son souvenir et de son héritage dans l'Empire romain, jusqu'à la constitution d'une "mémoire officielle" et institutionnelle qui donnera un corpus canonique d'écritures. Pour quelles raisons la mort infamante de Jésus n'a-t-elle pas mis fin à ce mouvement à l'intérieur du judaïsme de l'époque ni arrêté la diffusion de son message aux frontières d'Israël ? Comment, à partir du second siècle, s'est constitué un système doctrinal et spirituel qui a pu s'imposer à l'Empire romain ? Enrico Norelli montre la diversité étonnante des modèles de foi qui aura permis la naissance et surtout le développement de la doctrine chrétienne. Il explique pourquoi certains de ces modèles se sont imposés au détriment d'autres. Il aborde de nombreuses questions relatives à cette construction : la lecture de la Bible, la constitution de l'Eglise, Marcion, le judéo-christianisme, l'influence et le rôle de Paul, la constitution d'un canon écrit à la confluence de mémoires plurielles...
Résumé : Ecrire en 100 dates l'histoire de l'Eglise, l'une des plus vieilles institutions religieuses au monde, voilà le pari insensé de ce petit livre ! D'emblée, quelques dates célèbres s'imposaient. Pourtant, elles ne suffisaient pas. C'était compter sans certains détails qui, parfois, font sens, et des acteurs secondaires qui n'en ont pas moins joué un rôle significatif. Au fil de chemins de traverse se dessine ainsi un autre visage de l'Eglise. Mais au juste, qu'appelle-t-on "Eglise" ? L'Eglise catholique, apostolique et romaine ? L'Eglise au sens sociologique et protestant du terme ? Les Eglises ? De l'exercice banal, en histoire, de la frise chronologique, Bénédicte Sère fait un jeu, pour éveiller la curiosité, brouiller les catégories, ouvrir de nouveaux horizons...
D'innocentes jeunes femmes enfermées au couvent à leur corps défendant : voilà une image héritée des Lumières dont il est bien difficile de se départir... Si la part des vocations forcées doit être relativisée, comment expliquer qu'au xviiie siècle, deux tiers des établissements détenant des " correctionnaires " étaient les communautés religieuses ? Aude Loriaud se penche sur l'évolution de ces microsociétés à la suite du concile de Trente qui imposa, en 1563, la clôture stricte comme condition de la vie religieuse féminine. Le contrôle des couvents devint alors un véritable enjeu de pouvoir politique, religieux et familial car ces refuges n'en n'étaient pas moins centres de régulation sociale, rouages de l'institution judiciaire, sanctuaires de la réputation des familles et lieux de conversion et d'éducation en plein coeur battant des villes. Des puissantes supérieures rompues aux exercices juridiques, aux détenues des " chambres de force " , se dessine une grande diversité de conditions féminines, qui renseigne en filigrane sur la vie des femmes de l'époque moderne. A l'affût de toutes les sources, et même les plus discrètes, Aude Loriaud rétablit ici l'histoire des femmes dans les couvents et fait à nouveau résonner leurs voix.