Confessions d'un salaud. Histoire vraie d'un braqueur, dealer, taulard
Biramah Fatou ; Diwan Audrey
DENOEL
15,20 €
Epuisé
EAN :9782207255568
Je suis un salaud. Un bâtard, un vicieux, un enfant rebelle du système. Je suis noir et musulman, mais ce n'est pas ça qui me définit. Je suis le produit d'un contexte, d'un environnement particulier. Ma réalité, je la connais trop bien. Je suis un professionnel de l'économie parallèle. Dans mon quartier, j'impose ma loi. Toujours en alerte sur le terrain, je localise, je repère. Pas question de baisser la garde. Mon seul mot d'ordre : faire du fric sans y laisser ma peau. J'appartiens à un commando urbain. Dans le secret des cités, nous luttons contre les hommes en bleu. Personne ne peut imaginer ce qui s'y passe vraiment. Chez nous, la violence est une valeur sûre : c'est un outil de travail. Pour se rassurer et vous rassurer, les médias parlent de délinquance. En vérité, notre pays traverse une guerre civile qui ne porte pas ce nom. Je ne cherche pas d'excuses. Je n'ai pas honte de moi. Je représente la marge de cette société, sa marge d'erreur. Cette tranche invisible de la population qui n'a pas de diplômes, qui ne cotise pas, qui n'a ni feuilles de paye ni espoirs de retraite. Une population sans identité, répertoriée sous la mention "cas social" dans les fichiers de l'État. Dans le fond, je sais toujours ce que je fais, mais je ne suis pas sûr de savoir qui je suis. "
Nombre de pages
178
Date de parution
19/02/2004
Poids
222g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782207255568
Titre
Confessions d'un salaud. Histoire vraie d'un braqueur, dealer, taulard
Auteur
Biramah Fatou ; Diwan Audrey
Editeur
DENOEL
Largeur
140
Poids
222
Date de parution
20040219
Nombre de pages
178,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Tout dire, elle ne peut pas. Elle craint toujours qu'on la lise, qu'on la viole aussi par ce bout-ci de son être. Et puis qu'on s'en serve pour lui serrer la vis. Ses mots, les vrais, sont une arme qu'elle se mettrait dans la bouche. Alors elle se censure, se soulage à moitié. C'est terrible. Ça prolonge la soumission, ça l'officialise. Les dominants ont aussi la mainmise sur l'issue de secours, le journal intime. Le journal n'en est pas un puisqu'il ne dit pas tout. Il existe peut-être parce qu'il est le SAMU, le brancard sur lequel se coucher deux minutes, l'arrêt de jeu furtif. Elle v trouve un refuge provisoire, visible d'accord mais a l'abri des coups, comme une cabane en verre. Derrière laquelle je me vois aujourd'hui. Ou plutôt je vois une autre. Enfermée. Emmurée à la naissance. Dans ce cube transparent, je vois encore les murs. Le silence. Un poison qui s'est insinué dans mon journal intime pour y faire son lit, je veux le chasser et libérer sa parole à elle, à moi, hier."
Ce livre fut écrit au jour le jour. Il a duré le temps de l'amour qu'il dit, qui est le temps où cet amour valait d'être dit. Il a commencé comme lui, dans l'émerveillement, il a fini comme lui dans le désabusement. Entre les deux, une vieille histoire : celle du bonheur sans cesse invoqué, sans cesse atermoyé, et en filigrane sa décomposition, mot à mot, puis de geste en geste. Ç'aurait pu être un journal de bord, au bord d'une Absence annoncée. Mais en amour - passion oblige - me quittent mon regard " clinique ", mes envies de lucidité. En somme, j'ai de la tendresse pour mes égarements, et j'en ai pour les " égarantes ". Après tout, c'est déjà bien assez que dans mes écritures qui parlent de la société en général au lieu de parler de la Femme en particulier, je ne puisse m'empêcher d'être impitoyable plus souvent qu'indulgent. Nous, amants au bonheur ne croyant... n'est donc pas un livre qui désespère de l'amour. C'en est un qui, pour désespérer de l'amour heureux, n'en sait peut-être pas moins, même confusément, pourquoi sa vraie grandeur, à l'amour, secrète, inexplicable, c'est de ne l'être pas, heureux, mais surtout de ne point vouloir à tout prix l'être.
Donc, jadis, je suis allé vers les mots pour leur odeur, leur chair et pour le bruit très érotique qu'émettaient leurs enjambées sur les pages de tel livre, sur les lèvres de telle bouche. Donc, j'ai commencé à écrire d'instinct ce que ma conscience espérait pour son agrandissement et mon esprit pour sa libération. Donc, ce donc est l'autre nom que je donne au rythme qui m'a mis dans l'impérieuse nécessité de faire oeuvre littéraire des mouvements les plus intimes de ma vie organique. Donc, c'est ainsi que mon corps a écrit ce qu'il a écrit à la température des sensations et des désirs que lui inspirait sa relation amoureuse ou polémique avec les fondements de l'être, selon que cet être puisait l'essentiel de sa respiration dans un souffle d'avant le cadastre ou selon qu'il l'abandonnait à la mécanique des inhalations de concepts. Donc, ce livre fait monter le son d'une existence passée à rendre sa musique familière à l'obscur tonnerre du dernier des crescendos, celui-là même qui a sans doute manqué au Boléro de Ravel pour être assourdissant tout en demeurant indiciblement mélodieux. Donc. Marcel Moreau Biographie de l'auteur Né en 1933 en Belgique, Marcel Moreau a construit une oeuvre majeure dont quatre grands titres, Quintes, L'Ivre Livre, Le Sacre de la femme et Discours contre les entraves, ont récemment été réédités. Dans Des hallalis dans les alléluias, l'auteur se soumet à une bouleversante et ultime interview avec la femme de son dernier souffle...