Capitale aujourd'hui supplantée par Dakar, Saint-Louis a joué un rôle de premier plan dans l'histoire du Sénégal depuis sa fondation, voilà plus de trois siècles. Le métissage assure la survie du nouveau comptoir qui doit bientôt sa prospérité au développement de la traite - qu'il s'agisse des esclaves, de la gomme ou de l'or - et sa remontée aux belles signares, les concubines métisses ou noires des Européens. Après la Révolution qui donne aux Saint-Louisiens l'occasion de s'affirmer "Noirs et mulâtres tous Français", les négociants bordelais s'implantent dans le vieux comptoir qui devient, sous Faidherbe, vainqueur du marabout Hadj el-Omar, "combattant de la foi", la première cité moderne de l'Afrique de l'Ouest. Elle s'enrichit - notamment par la vente de l'huile d'arachide - tout en s'adonnant aux délices des campagnes électorales. Le "clan des Bordelais" et les vieilles familles métisses se disputent le siège de député jusqu'au moment où les "jeunes Sénégalais" font élire en 1914 un des leurs, Blaise Diagne, premier Noir à faire partie, en 1931, du gouvernement français. Saint-Louis fut ainsi le creuset d'une société successivement modelée par la colonisation, l'assimilation et l'émancipation.
Nombre de pages
240
Date de parution
12/03/1987
Poids
400g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782207233504
Titre
Saint-Louis du Sénégal. Mémoires d'un métissage
Auteur
Biondi Jean-Pierre ; Senghor Léopold Sédar
Editeur
DENOEL
Largeur
155
Poids
400
Date de parution
19870312
Nombre de pages
240,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Beaucoup de nos semblables pensent leur rapport à l'eau avec attraction et méfiance : effroi devant un typhon, bonheur dans une crique de sable blanc bordée de figuiers de barbarie. Dans un tel éventail de l'alliance au règlement de comptes, l'humain n'est-il pas une sorte d'otage ? Et l'eau un défi à sa liberté ? La mutation continue de l'Univers pose un problème de statut. Est-on tous appelés à devenir autres, par exemple Aquanthrope, un batracien entre le mammifère et le crustacé ? La question ressort ici par référence à deux personnages ayant existé, fascinés par l'eau, et étrangers l'un à l'autre : Lothar von Richthofen, as de la Luftwaffe durant la Seconde Guerre mondiale, et Eli Lotar, photographe-cinéaste d'avant-garde à la même période. L'évocation de leurs "suicides" suggère la tentation de l'eau de se débarrasser de la "charge" qu'est l'homme, quitte à le brader au néant.
Poète et président, dirigeant africain et académicien français, Léopold Sédar Senghor dit de lui-même : "J'ai été un être déchiré" . Sans cet essai, Jean-Pierre Biondi souligne que la démarche constante de Senghor aura consisté à dépasser ce déchirement pour atteindre une symbiose perçue comme "le fruit savoureux des contradictions" . Contradictions pour l'enfant sénégalais, entre les traditions animistes et l'école des Pères du Saint-Esprit ; pour le "khâgneux noir" de Louis-le-Grand, entre les explorations poétiques avec son condisciple Georges Pompidou et la révélation de la négritude avec l'Antillais Aimé Césaire ; pour le professeur du lycée de Saint-Maur, entre une calme carrière d'enseignant et l'appel du Sénégal qui le fait "tomber en politique" ; pour le député de la brousse, entre les velléités assimilationnistes de la IV ? République et le souffle indépendantiste venu du tiers-monde. Symbiose qui s'affirme avec éclat lorsque Senghor, tout en assumant pendant vingt ans les fonctions de président de la République du Sénégal, se veut également "militant de la poésie" . En 1979, un an avant de quitter le pouvoir volontairement et discrètement, il évoque une question souvent posée : "S'il fallait choisir, que voudriez-vous sauver de votre triple vie d'homme politique, de professeur et de poète ?" et répond : "Mes poèmes, c'est là l'essentiel".
Ce livre fut écrit au jour le jour. Il a duré le temps de l'amour qu'il dit, qui est le temps où cet amour valait d'être dit. Il a commencé comme lui, dans l'émerveillement, il a fini comme lui dans le désabusement. Entre les deux, une vieille histoire : celle du bonheur sans cesse invoqué, sans cesse atermoyé, et en filigrane sa décomposition, mot à mot, puis de geste en geste. Ç'aurait pu être un journal de bord, au bord d'une Absence annoncée. Mais en amour - passion oblige - me quittent mon regard " clinique ", mes envies de lucidité. En somme, j'ai de la tendresse pour mes égarements, et j'en ai pour les " égarantes ". Après tout, c'est déjà bien assez que dans mes écritures qui parlent de la société en général au lieu de parler de la Femme en particulier, je ne puisse m'empêcher d'être impitoyable plus souvent qu'indulgent. Nous, amants au bonheur ne croyant... n'est donc pas un livre qui désespère de l'amour. C'en est un qui, pour désespérer de l'amour heureux, n'en sait peut-être pas moins, même confusément, pourquoi sa vraie grandeur, à l'amour, secrète, inexplicable, c'est de ne l'être pas, heureux, mais surtout de ne point vouloir à tout prix l'être.
Donc, jadis, je suis allé vers les mots pour leur odeur, leur chair et pour le bruit très érotique qu'émettaient leurs enjambées sur les pages de tel livre, sur les lèvres de telle bouche. Donc, j'ai commencé à écrire d'instinct ce que ma conscience espérait pour son agrandissement et mon esprit pour sa libération. Donc, ce donc est l'autre nom que je donne au rythme qui m'a mis dans l'impérieuse nécessité de faire oeuvre littéraire des mouvements les plus intimes de ma vie organique. Donc, c'est ainsi que mon corps a écrit ce qu'il a écrit à la température des sensations et des désirs que lui inspirait sa relation amoureuse ou polémique avec les fondements de l'être, selon que cet être puisait l'essentiel de sa respiration dans un souffle d'avant le cadastre ou selon qu'il l'abandonnait à la mécanique des inhalations de concepts. Donc, ce livre fait monter le son d'une existence passée à rendre sa musique familière à l'obscur tonnerre du dernier des crescendos, celui-là même qui a sans doute manqué au Boléro de Ravel pour être assourdissant tout en demeurant indiciblement mélodieux. Donc. Marcel Moreau Biographie de l'auteur Né en 1933 en Belgique, Marcel Moreau a construit une oeuvre majeure dont quatre grands titres, Quintes, L'Ivre Livre, Le Sacre de la femme et Discours contre les entraves, ont récemment été réédités. Dans Des hallalis dans les alléluias, l'auteur se soumet à une bouleversante et ultime interview avec la femme de son dernier souffle...