L'oeuvre du psychiatre Ludwig Binswanger (1881-1966) reste mal connue dans l'aire francophone. Elle illustre pourtant une rencontre entre la psychiatrie et la philosophie d'un intérêt exceptionnel. Créateur de "l'analyse existentielle", inspirée de Martin Heidegger, Binswanger met en oeuvre une approche phénoménologique de la folie qui s'attache à en saisir la signification de l'intérieur et à faire ressortir ce qu'elle éclaire de la condition humaine. Le Cas Ellen West est extrait du recueil intitulé Schizophrénie, paru en 1957, qui regroupe cinq études destinées à explorer chacune un aspect fondamental de l'expérience schizophrénique. Deux autres de ces études ont été traduites en français, Le Cas Suzanne Urban et Le Cas Lola Voss. Ce qui donne son relief fascinant au Cas Ellen West, c'est la capacité d'auto- observation et d'autodescription dont fait montre la jeune femme. Rarement aura-t-on pu entrer à ce point dans l'intimité de ce que Binswanger caractérise comme "l'évidement de la personnalité" du processus schizophrénique. Au-delà du savoir clinique, cette étude se lit comme un document qui fait entrer le lecteur au coeur de l'univers de la folie.
Nombre de pages
272
Date de parution
14/11/2016
Poids
363g
Largeur
141mm
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EAN
9782072690624
Titre
Le cas Ellen West. Schizophrénie, deuxième étude
Auteur
Binswanger Ludwig ; Veysset Philippe
Editeur
GALLIMARD
Largeur
141
Poids
363
Date de parution
20161114
Nombre de pages
272,00 €
Disponibilité
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Discours, parcours, et freud. Les essais recueillis dans ce volume s'échelonnent de 1920 à 1956 et sont suivis des Souvenirs sur Freud ; ils retracent, en une série de discours entrelacés, le parcours suivi par le fondateur de la Daseinsanalyse, qui tout à la fois se sent questionné par la psychanalyse et la questionne dans ses présupposés, en philosophe et en psychiatre.Freud écrivit un jour à Binswanger : "Nous ne pouvons probablement pas établir de dialogue entre nous et il se passera des siècles avant que notre querelle soit close." Pourtant, ce dialogue impossible, ils n'ont cessé l'un et l'autre de le maintenir.
Rêve et existence occupe une place tout à fait singulière à l'intérieur du corpus binswangerien, de ce vaste ensemble d'articles, conférences et ouvrages par lesquels la Daseinsanalyse avait déjà atteint son plein développement en 1954, au moment où parut la première traduction en français de ce texte accompagnée d'une longue introduction signée Michel Foucault. Si dans les années vingt le psychiatre suisse avait consacre ses efforts à la question du statut épistémologique de la psychologie et de la psychiatrie, avec cet essai de 1930 il exprimait pour la première fois l'ambition philosophique de conjuguer l'analytique phénoménologique de Heidegger avec la psychopathologie. On trouvera ici une nouvelle traduction de cet essai qui représentait en quelque sorte, aux yeux de Binswanger lui-même, le manifeste programmatique de la Daseinsanalyse.
Avec Sur la fuite des idées, publié en 1933, Binswanger a jeté l'une des bases de ce qui était en train de naître et allait devenir la Daseinsanalyse (l'analyse de l'existence) en psychiatrie. C'est de cet ouvrage, devenu un classique dans les pays de langue allemande, qu'est enfin proposée une traduction française. Consacré, à travers l'analyse phénoménologique de la fuite des idées, à l'étude de l'être-au-monde propre de l'être maniaque, ce livre garde aujourd'hui, malgré les outrages du temps - les " mutations " historiques de notre culture -, toute sa portée révolutionnaire et ce, à double titre. D'une part, il s'impose la consigne de tenter de pénétrer le phénomène de la manie de l'intérieur, en considérant toujours le malade comme un être humain, singulier, et sans ramener d'avance son comportement à des troubles de telle ou telle fonction (vitale, psychophysiologique, neurologique, cognitive, etc.) érigée en unité de mesure. D'autre part, requérant pour cela la phénoménologie (Husserl) et la métaphysique (Heidegger, Häderlin), il place les phénoménologues et les philosophes devant la tâche difficile de réévaluer et de remanier leur théorie et leur pratique. En ce sens, Sur la fuite des idées est destiné tant au public intéressé à la psychopathologie qu'à celui concerné par la phénoménologie et la philosophie. Il s'agit en effet chaque fois, pour Binswanger, non pas de " guérir " par tel ou tel système thérapeutique, la " maladie " qui serait en soi un processus indépendant, mais de comprendre l'homme malade, et ainsi, d'être en mesure de prendre soin de lui. De la sorte s'ouvrent de vastes horizons pour le travail d'élaboration d'une anthropologie phénoménologique et philosophique.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.