L'année 2022 aura ouvert dans le XXIe siècle une nouvelle situation internationale, caractérisée par la dimension géopolitique, sanitaire et écologique d'une crise systémique du système-monde, où la guerre d'Ukraine constitue une nouvelle étape. . Les auteurs fondent leur diagnostic sur un rappel des grands conflits et des grands affrontements du siècle dernier, pour comprendre comment on en est arrivés à la situation actuelle : entre nouvelle guerre froide et nouveaux enjeux impérialistes, affirmation des États dits du Sud, restauration de la puissance russe et positionnement central de la Chine face à la fragilisation de la démocratie comme modèle. Leur méthode : analyser l'organisation des relations entre les pouvoirs économiques, financiers, politiques, militaires et technologiques et leurs évolutions au sein de chaque État et société, et entre eux dans le cadre du système international. Le monde serait entré dans une phase de désoccidentalisation, c'est-à-dire d'érosion irréversible des valeurs, de la puissance et de l'influence des pays occidentaux. Certes, mais cela ne suffit pas pour saisir les contradictions à l'oeuvre : partout agit une société vivante dont les évolutions sont forgées par des rapports de classe et des luttes internes, en régime démocratique ou autoritaire, au sein des sociétés occidentales comme dans celles du Sud. L'analyse de ces processus permet de faire émerger des solutions pour une transformation progressiste et coopérative du monde, pour sortir des crises qui caractérisent notre époque.
Nombre de pages
164
Date de parution
20/10/2023
Poids
170g
Largeur
120mm
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EAN
9782748905373
Titre
Désoccidentalisation. Repenser l'ordre du monde
Auteur
Billion Didier ; Ventura Christophe
Editeur
AGONE
Largeur
120
Poids
170
Date de parution
20231020
Nombre de pages
164,00 €
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Ces dernières années, les mouvements de contestation sociale et politique se sont multipliés : émeutes de la faim en Afrique, dénonciation des politiques d'austérité économique en Europe, Occupy Wall Street aux Etats-Unis, Anonymous, indignados, flambées de protestations en Iran, en Turquie et en Amérique latine, onde de choc politique dans le monde arabe. Si peu de continents échappent à ces protestations, existe-t-il des points communs entre les revendications exprimées ? Ces mouvements répondent-ils à des agendas nationaux ou internationaux ? Se concrétisent-ils par des débouchés politiques réels ? Quelle est leur sociologie, notamment dans les pays dits émergents ? Que réclament-ils et que nous disent-ils de l'état actuel de la démocratie représentative ? Assiste-t-on à l'apparition de nouvelles formes d'expression de la contestation sociale ...
Le débat sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne a pris une tournure passionnée. Les opposants à la candidature turque n'hésitent pas à attiser les peurs d'une opinion en perte de repères. Les arguments de nature "culturelle" avancés masquent une ignorance complète de la réalité turque, passée et présente. Quand ils ne sont pas marqués au sceau de la paresse intellectuelle et de l'absence de courage électoral, ils relèvent du désir inavouable de replier l'Union européenne sur une identité "occidentale" fantasmée.D'où l'importance de la présente étude. Au-delà d'une présentation approfondie de la Turquie, qui n'élude rien des défis auxquels ce pays est confronté, elle nous interpelle sur l'Europe que nous voulons une Europe de la régression mijotant sa peur de L'autre à l'intérieur deremparts illusoires, ou une Europe ouverte et inventive, animée par un projet politique ambitieux et mobilisateur...Donner au débat les bases sérieuses qu'il exige et mettre chacun face à ses responsabilités: Didier Billion a brillamment relevé le défi. Puisse ce Livre contribuer à transformer une crainte irraisonnée en élan vers une nouvelle frontière!
Alors que l'Occident semble avoir perdu le monopole de l'écriture de l'histoire mondiale et qu'un monde post-américain se dessine peu à peu, comment se construit, aujourd'hui, la scène stratégique mondiale? L'espace stratégique mondial unifié et homogène, s'il a jamais existé comme tel, laisserait-il la place à un espace stratégique mondial fragmenté? En Asie, en Amérique latine, en Afrique, des puissances dites émergentes concurrencent, sur le terrain économique, les puissances établies. Mais qu'en est-il dans le domaine stratégique, et plus précisément dans le domaine de la pensée stratégique? L'hégémonie états-unienne à imposer les termes du débat stratégique se voit-elle remise en cause par de nouveaux acteurs qui auraient décidé de projeter leur propre vision du monde et de la scène stratégique mondiale? Pour tenter d'interroger les nouvelles orientations de la pensée stratégique contemporaine, le dossier revient sur les lieux d'élaboration de cette pensée stratégique dans le monde (universités, think tanks, acteurs militaires, organisations internationales, etc.), sur les acteurs qui la produisent ainsi que sur les fondements et les influences intellectuelles de cette pensée.
Dans le moment présent de la mondialisation libérale, le poids du capitalisme financiarisé et des multinationales, la multiplication des niveaux de décision supra ou infranationaux, la prolifération des acteurs armés non étatiques induisent de nombreuses interrogations concernant le rôle des Etats et le concept de nation. Les "pertes de souveraineté" des Etats favorisent ainsi maints commentaires sur la fin des frontières et des Etats-nations. Or, si le cadre de la définition des Etats s'est éventuellement modifié, ces derniers ne sont pas pour autant effacés par la globalisation marchande. En dépit des critiques dont il est fréquemment l'objet, l'Etat reste un facteur structurant du cours des relations internationales. Produit de longs processus historiques, il demeure le modèle de l'immense majorité des formes d'organisation sociale. En outre, l'Etat-nation constitue encore un cadre de résistance, tant à la domination du capitalisme néolibéral qu'à la décomposition vindicative des appartenances étriquées. Dès lors importe-t-il d'interroger le sens des constructions politiques nationales classiques et des formes de luttes nationale(iste)s au XXIe siècle.
En 1841, dans son discours de réception à l'Académie française, Victor Hugo avait évoqué la " populace " pour désigner le peuple des quartiers pauvres de Paris. Vinçard ayant vigoureusement protesté dans un article de La Ruche populaire, Hugo fut très embarrassé. Il prit conscience à ce moment-là qu'il avait des lecteurs dans les milieux populaires et que ceux-ci se sentaient humiliés par son vocabulaire dévalorisant. Progressivement le mot " misérable ", qu'il utilisait au début de ses romans pour décrire les criminels, changea de sens et désigna le petit peuple des malheureux. Le même glissement de sens se retrouve dans Les Mystères de Paris d'Eugène Sue. Grâce au courrier volumineux que lui adressèrent ses lecteurs des classes populaires, l'auteur découvrit les réalités du monde social qu'il évoquait dans son roman. L'ancien légitimiste se transforma ainsi en porte-parole des milieux populaires. Le petit peuple de Paris cessa alors d'être décrit comme une race pour devenir une classe sociale. La France, c'est ici l'ensemble des territoires (colonies comprises) qui ont été placés, à un moment ou un autre, sous la coupe de l'Etat français. Dans cette somme, l'auteur a voulu éclairer la place et le rôle du peuple dans tous les grands événements et les grandes luttes qui ont scandé l'histoire depuis la fin du Moyen Age les guerres, l'affirmation de l'Etat, les révoltes et les révolutions, les mutations économiques et les crises, l'esclavage et la colonisation, les migrations, les questions sociale et nationale.
Je ne peux que suivre Emma Goldman quand elle déclare ne pas vouloir d'une révolution où elle ne pourrait pas danser. Mais au moins voulait-elle une révolution, sans laquelle de telles fins esthétiques et psychologiques ne bénéficieraient qu'à quelques-uns. Or les objectifs révolutionnaires et sociaux de l'anarchisme aujourd'hui souffrent d'une telle dégradation que le mot "anarchie" fera bientôt partie intégrante du vocabulaire chic bourgeois du siècle à venir : une chose quelque peu polissonne, rebelle, insouciante, mais délicieusement inoffensive.
Françoise Thirionet a rencontré Silvio Marra, ouvrier italien émigré en Belgique, au début des années 1970. Pendant trente ans, ils militent ensemble en discutant des problèmes rencontrés par Silvio aux Forges de Clabecq où il travaille. Ce livre est issu de leurs entretiens. Pour Silvio et ses collègues, le quotidien à l'usine, c'est d'abord s'atteler à déconstruire certaines règles qui règnent dans l'entreprise. Notamment les attitudes de résignation et de peur. Rapidement élu délégué syndical en charge des questions d'hygiène et de sécurité, Silvio témoigne des luttes qui ont eu lieu pendant trente ans pour améliorer les conditions de travail et pour empêcher la fermeture annoncée du site. Les ouvriers de Clabecq se fient à leurs propres forces et à leur connaissance de leur métier pour mener leurs combats. Quitte à mettre de côté l'appareil syndical sitôt qu'il a déclaré ne plus rien pouvoir pour eux. Dans la forge, l'émancipation doit être une ?uvre collective. Son poste syndical, Silvio le voit comme un moyen de faire vivre l?« esprit de Clabecq » : « Chaque fois qu'on voulait balancer quelqu?un, chaque fois qu'on voulait attaquer les faibles, tout le monde se portait à leur secours. Ce combat contre le licenciement, le chômage, le racisme, les bas salaires, nous le menions tous les jours sur le terrain. » Par la confiance qu'il affirme dans sa classe sans la théoriser à l'absurde, ce livre donne des leçons salvatrices d'optimisme militant.
Stephen Mumford montre que la popularité universelle du football n'a rien d'accidentel et ne s'explique pas uniquement par des facteurs sociaux ou quelque contingence historique : sa popularité tient à la nature même de ce jeu. En répondant avec une rare clarté aux questions que les discussions passionnées sur le football n'ont de cesse de soulever, Football. La philosophie derrière le jeu permet de mieux comprendre le "beau jeu" : quelle place y occupe la chance ? Quelle est la relation des individualités d'une équipe à ce tout dont elles font partie ? Quel est la fonction de l'entraîneur et des schémas tactiques ? En quoi le football a-t-il particulièrement à voir avec l'espace ? En quoi consiste la beauté de ce sport ? Quelle est sa relation avec la victoire et la compétition ?