Bilge Sirma ; Hill Collins Patricia ; Maistre Juli
AMSTERDAM
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EAN :9782354802318
Lieu commun dans les sciences sociales et dans certains cercles militants, féministes et antiracistes en particulier, la notion d'intersectionnalité alimente dernièrement l'une des grandes paniques morales dont notre époque est coutumière : elle serait synonyme de "communautarisme" , de "séparatisme" . Ce n'est absolument pas le cas, comme le montre ce livre riche, synthétique et vivant, qui a pour ambition d'introduire le concept auprès d'un large lectorat. Il s'agit d'un outil d'analyse des situations de tort, généralement constituées d'oppressions imbriquées. L'analyse intersectionnelle ne consiste pas à plaquer des notions génériques (la triade "race, classe, genre") sur des faits, mais à développer une perception fine et située du caractère relationnel des oppressions. L'intersectionnalité est en outre une pratique critique ayant la justice sociale pour horizon. En ce sens, elle ne se réduit pas au champ académique, loin de là. Les autrices font commencer son histoire dans les années 1960-1970, avec les pratiques intellectuelles et politiques de femmes non blanches et, plus spécifiquement encore, avec le féminisme noir et chicano de cette période. Puis elles expliquent comment cette approche s'est institutionnalisée et mondialisée à partir de la fin des années 1980. La pédagogie critique inspirée de Paulo Freire constitue un autre axe généalogique, plus inattendu, développé dans l'ouvrage. Ni communautariste, ni individualiste, ni victimaire, l'approche intersectionnelle souligne donc le caractère social et concret des identités, individuelles comme collectives, dans une perspective émancipatrice.
Nombre de pages
313
Date de parution
20/01/2023
Poids
450g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782354802318
Titre
Intersectionnalité. Une introduction
Auteur
Bilge Sirma ; Hill Collins Patricia ; Maistre Juli
Editeur
AMSTERDAM
Largeur
150
Poids
450
Date de parution
20230120
Nombre de pages
313,00 €
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Pour aborder La Nuit, l'un des grands romans turcs de ces dernières années, il faut se défaire de toute croyance dans les vertus éclairantes de l'écriture. La nuit emblématique qui tombe dès les premières pages - ténèbres d'une peur mythique, de l'oppression et de la méconnaissance, déploiement d'un univers totalitaire nourri des nostalgies d'un paradis perdu - est d'abord celle de la langue. Plusieurs narrateurs équivoques se succèdent, élucidant autant qu'ils l'amplifient une énigme originelle, et finissant par en ruiner la cohérence. Bilge Karasu se livre à un travail de sape des certitudes et des valeurs par la fiction. L'écriture n'est pas un instrument qui met de l'ordre dans un monde sans ordre, mais souligne - et c'est là que réside son éthique - les ambiguïtés de l'imaginaire dans sa capacité de dénoncer et de mystifier. Au bout de la nuit, que nous reste-t-il ? "Avoir écrit", "avoir échappé à la folie". Tel est le credo d'une oeuvre moins en quête d'une vérité dernière, qu'obstinée à guetter les bribes d'un imprévisible jour.
La nuit emblématique qui tombe dès les premières pages - ténèbres d'une peur mythique, de l'oppression et de la méconnaissance, déploiement d'un univers totalitaire nourri des nostalgies d'un paradis perdu - est d'abord celle de la langue. L'écriture n'est pas un instrument qui met de l'ordre dans un monde sans ordre, mais elle souligne les ambiguïtés de l'imaginaire dans sa capacité de dénoncer et de mystifier. Au bout de la nuit, que nous reste-t-il ? "Avoir écrit", "avoir échappé à la folie". Tel est le credo d'une oeuvre moins en quête d'une vérité dernière, qu'obstinée à guetter les bribes d'un imprévisible jour.
Premier livre de Bilge Karasu, La mort était en Troie est un coup de maître où s'affirment dès l'abord les préoccupations intimes de son auteur et les bases de son esthétique. Cette oeuvre composite suit, de la jeunesse à l'âge adulte et de la localité côtière de Sarikum à Istanbul, un groupe de personnages gravitant autour de la figure de Müsfik, garçon débordant de sensualité qui vit ses amours masculines dans la Turquie conservatrice des années 1950. Adoptant des points de vue multiples, ces nouvelles voyagent entre les lieux et les époques autant que d'un personnage à l'autre, tissant, sous l'oeil jaloux d'une mère possessive, les motifs d'une vie sentimentale guettée par la folie. Les amours de Müsfik se heurtent aux limitations d'amants moins libres que lui, ainsi qu'à l'ombre de présences féminines qui les entravent. Mais son homosexualité s'affirme, du début à la fin, entière, inentamable, et comme ayant juré de ne jamais se laisser vaincre par la mort et le cheval qui la convoie
Lorsqu'il fut publié pour la première fois aux Etats-Unis en 1990, Epistémologie du placard devint immédiatement un classique qui, aux côtés des travaux de Judith Butler et de Teresa de Lauretis, posa les termes de la " théorie queer ". À mi-chemin entre les études féministes et les gay and lesbian studies, Eve Kosofsky Sedgwick déconstruit la sexualité comme Butler le genre. Dans cet ouvrage de référence, elle affirme que l'ensemble de la culture occidentale moderne s'articule autour de l'opposition homo/hétérosexuel et que celle-ci affecte les binarismes qui structurent l'épistémologie contemporaine, de savoir/ignorance à privé/public en passant par santé/maladie. S'appuyant sur de nombreux textes datant de la fin du XIXe et du début du XXe siècles (Wilde, Proust, Nietzsche, Melville et James), l'auteur traque l'émergence des nouveaux discours institutionnels médicaux, juridiques, littéraires et psychologiques, qui produiront en miroir les figures de " l'homosexuel " et de " l'hétérosexuel ", au détriment des multiples différences au c?ur des sexualités.
Pourquoi étudier aujourd'hui des textes littéraires rédigés il y a plusieurs siècles ? Pour quoi faire ? On répondra à ces questions en proposant un plaidoyer pour les lectures actualisantes, qui cherchent dans les textes d'hier de quoi réfléchir sur les problèmes d'aujourd'hui et de demain. Ce plaidoyer proposera en fait cinq livres reliés en un seul : une théorisation rigoureuse des méthodes, des enjeux et des limites du geste actualisateur ; un essai d'ontologie herméneutique, qui fait de l'activité de lecture le modèle de constitution de notre réalité humaine et sociale ; une tentative de cartographie des principaux changements sociétaux en cours, destinée à situer le rôle nouveau que sont appelées à jouer les activités d'interprétation ; une prise de position politique dénonçant les angles morts et les perspectives étriquées du néo-conservatisme dominant ; un ouvrage de vulgarisation, visant à faciliter l'accès aux problématiques actuelles de la théorie littéraire, de la réflexion herméneutique et des multiples noeuds qui unissent biopolitique, capitalisme cognitif et économie des affects. Cette démonstration articulée en 14 chapitres et scandée par 58 thèses succinctes invite son lecteur à conclure que, loin d'être condamnées à rester une discipline poussiéreuse, les études littéraires peuvent devenir le lieu d'une indiscipline exaltante, en plein centre des débats les plus brûlants de notre actualité.Yves Citton est professeur de littérature française du XVIIIe siècle à l'université de Grenoble-3 et membre de l'UMR LIRE (CNRS 5611). Outre une soixantaine d'articles sur la littérature et la pensée des Lumières, l'histoire de l'économie politique et le jazz, il a publié Impuissances (Aubier, 1994), Portrait de l'économiste en physiocrate (L'Harmattan, 2000), L'Envers de la liberté. L'invention d'un imaginaire spinoziste dans la France des Lumières (Editions Amsterdam, 2006) (Prix Rhône-Alpes du Livre 2007) et Spinoza et les sciences sociales (Editions Amsterdam, 2008, avec Frédéric Lardon). Il est membre du comité de rédaction des revues Multitudes et Dix-huitième siècle.
Dans la très riche histoire des études sur l'âge classique, c'est la première fois qu'un ouvrage se donne pour projet l'analyse comparative des philosophies de Pascal et de Spinoza. Les univers de pensée des deux auteurs ont longtemps été tenus pour si hétérogènes qu'il apparaissait inutile de réfléchir même à leur incompatibilité. Que pourraient bien avoir à se dire, en effet, le solitaire de Port-Royal, apologiste de la religion chrétienne, et le Juif athée de Voorburg ? C'est oublier que tous deux avaient sur leur table de travail la Bible et le Discours de la méthode, et que la même année, 1670, paraissent les Pensées et le Tractatus theologicopoliticus. Pascal et Spinoza partagent des intérêts communs, développent des problématisations parallèles, engagent des connivences souterraines et des divergences irréductibles. Sans se connaître, ils se sont en quelque sorte répondu. Les lectures croisées que propose cet ouvrage permettent d'apporter un éclairage suggestif sur leurs ?uvres respectives. L'investigation de ces points de rencontres et de désaccords s'avère aussi être, pour nous, une source d'idées nouvelles sur la conception de l'Écriture et de la religion, de l'anthropologie et de l'éthique, des sciences et de la politique, de la sagesse ou du salut. Au-delà de l'histoire des idées, mais aussi grâce à elle, cette première étude systématique et comparative du contraste Pascal-Spinoza offre au lecteur contemporain des frayages philosophiques éminemment prospectifs.
Dans ce livre, Charlotte Nordmann propose non seulement un exposé systématique et didactique de la sociologie de la "dépossession politique" élaborée par Pierre Bourdieu - dont elle souligne à la fois les aspects les plus convaincants et les faiblesses -, mais surtout confronte celle-ci à la critique radicale que lui a fait subir Jacques Rancière. Deux conceptions de la politique se trouvent ainsi opposées: la première insiste sur les mécanismes de la monopolisation et de la dépossession intellectuelles et politiques, et semble à première vue drastiquement limiter les possibilités concrètes d'émancipation; la seconde, dans.un geste que l'on pourrait dire pragmatiste, pose qu'une politique d'émancipation authentique doit partir du postulat de l'égalité et de ses effets, et que la considération des déterminismes sociaux ne peut que nous enfermer dans le cercle de la domination et de l'impuissance. La théorie sociologique de la politique est-elle condamnée à ignorer ce qui dans l'espace social interrompt la reproduction indéfinie de la domination? La position de Rancière n'est-elle pas marquée du sceau de l'idéalisme? Ne peut-on penser ensemble l'autonomie et l'hétéronomie radicales de la politique? Le pari à l'origine de ce livre est que la confrontation des travaux de Pierre Bourdieu et de Jacques Rancière, en révélant leurs points forts et leurs points aveugles, permet d'éclairer les voies d'une politique démocratique radicale pour notre temps.