J'aimais Paul, quand j'avais vingt ans. C'est ce qui, plus que les piqûres, me permit de tenir tête aux interrogatoires des séides du Parti, place du Manège, après qu'en réunion des komsomols j'eus pris la défense d'Alexandre Lévy, mon camarade de Faculté, qui s'était inventé de toutes pièces une épouse et un fils. Alexandre Lévy ne faisait de mal à personne, ses imaginations l'aidaient à vivre, c'est tout, et la déception que je ressentis de ne plus pouvoir lui remettre pour son fils David les deux oranges que j'avais apportées à son intention dans mon cartable n'était rien en comparaison de ce qu'Alexandre Lévy devait souffrir pour s'inventer, jusqu'à ce point, un monde supportable. Il était juif, et moi je ne l'étais pas. Il savait déjà, sur ce qui se passait chez nous, mille choses que je n'appris que plus tard. Il était plus désespéré que moi, il avait de quoi l'être, il était bien plus intègre que moi, peut-être. Je ne m'énonçai pas tout cela pendant la réunion des komsomols, rien en moi n'était conscient, je fus portée par une violence qui me venait de très loin, la même qui quinze années plus tard allait m'inciter à faire la valise de Paul, un soir d'octobre".
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Nombre de pages
160
Date de parution
19/06/1979
Poids
215g
Largeur
140mm
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EAN
9782715211698
Titre
Deux oranges pour le fils d'Alexandre Lévy
Auteur
Bielski Nella
Editeur
MERCURE DE FRAN
Largeur
140
Poids
215
Date de parution
19790619
Nombre de pages
160,00 €
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Je montai l'escalier en courant, j'ouvris la porte, Gaïana était là, s'essuyant les cheveux avec le peignoir de bains. Je vis, entre elle et moi, dans un grand pot de fer blanc, des fraises des bois. On ne sentait qu'elles dans la chambre. - Cadeau d'Ossip Emilievitch, dit-elle de sa voix de tous les jours. Elle se tut. Puis, dans le vide, elle dit : - Voronej est tout près. C'est seulement sur la carte qu'elle a l'air loin, Paul. C'est tout près. " 1935 : une femme, russe vivant à Paris, retourne dans son pays. Elle reconstitue la trame de sa vie, et va à la rencontre d'êtres d'une humanité exceptionnelle - on s'aperçoit au passage qu'il pourrait bien s'agir des grandes figures de la poésie contemporaine dont nous n'avons appris les noms que récemment -, qui se débattent dans un monde menacé de silence, hanté par la peur, le mal, et cependant porté par une formidable aspiration au bonheur.
1942: la barbarie nazie est à l'?uvre en Europe. L'Allemagne a quasiment défait tout le continent et menace la Russie. Dans Paris occupé. Karl Bazinger, officier de la Wehrmacht, réalise qu'il ne peut plus ignorer ce qu'est cette guerre. Aventurier, voyageur, parfait gentleman, Karl a jusqu'alors toujours privilégié la vie à la politique mais désormais il s'interroge sur le régime qu'il sert. En Allemagne, son ami de la Luftwaffe, Hans Bielenberg, a trouvé la réponse dont il sait avec certitude qu'elle le conduira à la mort. A Kiev, la doctoresse et guérisseuse Katia Zvesdny prend soin de ce qui reste de sa famille, décimée à la fois par le goulag et le massacre de babi Yar. Dans un style lumineux et sur le ton de l'élégie, Nella Bielski entremêle, dans ce roman très russe, les destins de vies prises dans les soubresauts de l'Histoire.
Résumé : " C'est dans une nuit comme celle-là, où l'on se sent comme un radeau perdu au large d'un océan, que j'ai pu aller à ta rencontre, que j'effeuillais tes Élégies, Rainer, que je piétinais dans ton Weltinnenraum. Parfois, je pleurais comme toi, comme cela t'arrivait de pleurer, le visage pris entre les mains. Et c'était pour moi comme un dénouement, comme un fruit qui tombe. Ne disais-tu pas que les pleurs sont les frères cadets de la joie, mais inversés, comme penchés ? " Cet ouvrage est le " récit d'une expérience en Rilke " autant qu'il est un essai sur l'?uvre et la personnalité du grand poète de langue allemande, c'est une étude brillante autant qu'un hymne vibrant de passion. C'est un livre, unique en son genre, de critique amoureuse - où Nella Bielski se montre l'égale de ses s?urs spirituelles Tsvetaeva, Lou Andreas-Salomé...
Au XIXe siècle, la bicyclette constitue une révolution et bouscule les conservatismes. Moyen de locomotion, et parfois d'émancipation, elle devient aussi un sport. Le Tour de France, créé en 1903, attire les plus grandes plumes : le vélo se répand dans les classes populaires, qui voient leur quotidien transcendé dans les aventures de "Coppi le charcutier" ou du "mitron Bobet". Aujourd'hui, le vélo n'est plus réservé aux dimanches, aux campagnes ou aux athlètes : il est de plus en plus présent dans les villes. On le pare de nouvelles vertus : il rime avec sobriété, autonomie, responsabilité, convivialité. Balade en compagnie d'Emile Zola, Maurice Leblanc, Jules Romains, Louis Nucéra, Pierre Sansot, Philippe Delerm, Erik Orsenna, Odon Vallet, Alphonse Allais, Jerome K. Jerome, Alfred Jarry, René Fallet, Albert Londres, Antoine Blondin, Paul Fournel, Eric Fottorino et bien d'autres...
4e de couverture : Madame Morin mène une existence paisible entre son mari Guy et ses trois enfants qu'elle élève avec fierté. C'est une mère de famille aimante. Pourtant, se pourrait-il qu'elle mène d'autres vies ? Atteinte d'un trouble dissociatif depuis ses quinze ans, elle est en proie à plusieurs personnalités distinctes qui prennent tour à tour le contrôle de sa vie.En quelques secondes, elle se métamorphose en Betty, Alice et les autres, dont elle ne conserve aucun souvenir. Des séjours répétitifs en clinique psychiatrique lui permettent de se mettre à l'abri. La fascination de son thérapeute suffira-t-elle à la protéger contre elle-même ?Dans un jeu de miroir qui parle du double, Vinciane Moeschler nous entraîne dans les profondeurs de la folie humaine. Si Norman Bates, mythique figure de Psychose, n'est pas loin, c'est aussi une formidable histoire d'amour qui nous est contée ici.
Résumé : Cette anthologie propose une large palette d'écritures poétiques, forcément multiple de par la variété de ses formes, la diversité de ses chemins, le registre étendu de ses voix. C'est la langue française qui la gouverne, et non pas la nationalité des poètes. La poésie française présentée ici offre un paysage contrasté, que ce soit une poésie inspirée, habitée de profondeurs sensibles, de vertiges métaphysiques, ou bien de "la poésie qui ne la ramène pas" , pour citer Christian Prigent. Tous les "styles" d'écritures sont mis en présence : vers réguliers ou libres, proses poétiques, minimalisme ou ampleur, oralité ou spatialisme, modernité affichée et militante ou jeu avec les formes fixes héritées de la tradition, écritures fragmentées... Bouquet varié de joies, d'inquiétudes et de beautés en compagnie de Villon, Marot, Ronsard, Racine, Voltaire, Lamartine, Vigny, Hugo, Nerval, Corbière, Rimbaud, Maeterlinck, Segalen, Apollinaire, Reverdy, Aragon, Michaux, Prévert, Senghor, Char, Des Forêts, Du Bouchet, Bonnefoy, Jaccottet, Butor, Venaille, Novarina, Bianu et bien d'autres...
Tourgueniev Ivan ; Mongault Henri ; Lartigue Pierr
Sourd-muet de naissance, le serf Gérasime est une force de la nature. Il rêvait d'épouser Tatiana, mais celle-ci est promise à un autre. Il se console en recueillant Moumou. La société russe du XIXe siècle est ainsi faite que Gérasime n'a le droit d'aimer qu'une chienne. Encore que... Ecrite pendant la détention de Tourguéniev à ta maison d'arrêt de Saint-Pétersbourg en mai 1852, cette nouvelle interdite par ta censure fut finalement publiée en mars 1854 dans ta revue Contemporain. Texte choisi et présenté par Pierre Lartigue.