Comment les Cahiers du cinéma, naguère la plus grande revue de cinéma du monde, ont-ils pu devenir un simple guide du consommateur? Où sont passées la vision et la passion qui les avaient animés? Emilie Bickerton raconte l'aventure de cette revue, depuis ses débuts glorieux jusqu'à son interminable agonie. Ses fondateurs nourrissaient l'ambition immense d'élever le cinéma au rang d'art et de prouver qu'Hitchcock, Hawks ou Ray étaient les égaux des plus grands peintres et romanciers. L'entreprise fut un succès et la critique devint une autre manière de faire du cinéma, avant que certains rédacteurs, comme Jean-Luc Godard, François Truffaut ou Eric Rohmer, ne passent eux-mêmes à la réalisation La revue joua une part active dans l'élaboration d'une théorie du cinéma, s'ouvrit au structuralisme et à la psychanalyse, envisagea le cinéma comme un art politique. Preuve d'un constant désir de se réinventer et d'agir sur le cinéma en train de se faire. A partir des années 1980, ce désir disparaît: les Cahiers s'accrochent à un auteurisme vide, renoncent aux idéaux qui les avaient guidés, épousent le monde comme il va. En faisant l'histoire des Cahiers, de leurs réussites et de leurs échecs, de leur grandeur et de leur décadence, ce livre propose une réflexion nécessaire sur le destin de la critique: partout et nulle part à la fois, elle se traîne, sans idées ni projet. Or qu'est-ce qu'une critique digne de ce nom sinon une intervention sur l'époque?
Nombre de pages
190
Date de parution
19/09/2012
Poids
260g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782350960562
Titre
Brève histoire des Cahiers du cinéma
Auteur
Bickerton Emilie ; Burdeau Marie-Mathilde
Editeur
AMSTERDAM
Largeur
141
Poids
260
Date de parution
20120919
Nombre de pages
190,00 €
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Cet ouvrage s?adresse à un large public. Alliant critique vigoureuse des vieilles idées et théories fougueuses mais sérieuses, Il s?attache à déterminer les conditions d?apparition du langage chez les hominidés et s?appuie pour cela sur une approche de l?évolution biologique relativement récente, la théorie de construction de niches. Partant d?une niche probable occupée par les hominidés, l?exploitation des charognes de gros mammifères, il tire la nécessité de l?apparition d?une forme de communication à la fois délocalisée et combinable (qui donc pourra ultérieurement aboutir à un langage). L'auteur élabore ainsi une hypothèse cohérente, susceptible d?expliquer ce que beaucoup appellent « le problème scientifique le plus ardu qui soit ».
La quatrième vague du féminisme a commencé : venue d'Amérique latine, portée par les combats contre les féminicides et pour la liberté des femmes à disposer de leur corps, amplifiée par le moment Metoo, elle constitue aussi-surtout-un mouvement qui s'attaque à l'inégalité des rapports de production et de reproduction sous le capitalisme. Qui dépasse, sans les exclure, les revendications juridiques ou paritaires et repense l'ensemble de l'organisation sociale à partir des oppressions subies par les femmes et les minorités de genre. Le féminisme est révolutionnaire ou il n'est pas : voilà la thèse soutenue par Aurore Koechlin, qui se propose d'abord de guider ses lectrices et lecteurs à travers l'histoire trop méconnue des différentes vagues féministes. Du MLF à l'inter-sectionnalité, de l'émergence d'un "féminisme d'Etat" au féminisme de la reproduction sociale, ce petit livre tire le bilan politique et intellectuel d'une quarantaine d'années de combats, repère leurs impasses, souligne leurs forces, pour contribuer aux luttes actuelles et à venir.
L'objectif ici poursuivi est de reproblématiser la pensée de Spinoza en la prenant, non de front et dans son envergure manifeste, mais en quelque sorte par la bande, grâce au biais que fournit un point crucial, l'alternative entre sagesse et ignorance, où se croisent sans se confondre un certain nombre d'enjeux fondamentaux qui concernent l'ontologie, l'éthique et la politique. Cela conduit à s'intéresser à des notions comme celles de "don" et d'"ingenium", que Spinoza emploie sans les thématiser mais qui jouent un rôle non négligeable dans le déroulement de sa réflexion. Réfléchir sur l'usage de ces notions permet de projeter sur la doctrine de Spinoza une lumière transversale, qui en fait ressortir certains aspects à première vue inattendus. Sont ainsi mis en relief des enjeux de pensée et des problèmes qu'un abord plus structuré et plus englobant, unifiant et synthétique de la philosophie élaborée par Spinoza tendrait à minorer ou à rejeter, alors que, s'ils n'y détiennent effectivement qu'une position latérale, ils y font saillie, ils surprennent, ils interpellent : par là ils stimulent la réflexion, ce qui justifie qu'on s'emploie à fixer sur eux l'attention.
A partir des années 1980, l'idée s'est peu à peu imposée : le clivage politique fondamental ne serait pas de nature idéologique - opposant le capitalisme au socialisme - mais civilisationnel. Cette conception, formulée notamment par Samuel Huntington, divise le champ politique entre d'un côté les tenants d'une vision sécularisée des rapports entre les hommes et les sociétés - "l'Occident" -, et de l'autre les défenseurs d'une conception religieuse ou "indigène" . Or de manière paradoxale, elle semble également s'être imposée au sein de courants intellectuels et politiques qui, considérant que l'accroissement de la domination de l'homme sur la nature est indissociable de celle de l'homme sur l'homme, érigent la pratique indigène en figure principale de l'opposition à la logique du capitalisme. Mais la perpétuation de la guerre et de la servitude dans l'histoire de l'humanité procède-t-elle vraiment de la diffusion des appareils conceptuels produits par l'Occident ? Etudiant les déterminants des trois mouvements historiques que sont le développement du capitalisme, la colonisation des Amériques et la traite atlantique, Ivan Segré montre qu'il n'en est rien, et que seul le recours à des facteurs d'un autre ordre - les comportements économiques prédateurs et la xénophobie - rend intelligible le cours de l'histoire.
Bâtonner (verbe) : action de copier-coller une dépêche fournie par une agence de presse en la remaniant à la marge. Pratique ordinaire, le bâtonnage résume à lui seul ce que le productivisme fait aux médias. C'est ce que montre le livre de Sophie Eustache, fruit d'une longue enquête, en nous immergeant dans les rédactions, web notamment. Mises en concurrence, celles-ci sont sommées de produire des contenus par les patrons de presse. Pendant que les sommités du journalisme pontifient, les ouvriers spécialisés de l'information, rivés à leur desk, travaillent à la chaîne. Dépossédés de leur savoir-faire par une organisation du travail taylorisée, leurs cadences s'accélèrent, leurs gestes s'automatisent. L'information, paramétrée par les algorithmes, est usinée en série dans les open spaces. Et dans cette course à la productivité, la fusion du néolibéralisme et du numérique détériore les conditions de travail et le travail lui-même. Dès lors, comment se fait-il que les travailleurs de l'information continuent de consentir à ce qu'ils font ? Si Bâtonner décrit la transformation des pratiques professionnelles, il interroge aussi les mécanismes de l'aliénation. Déqualifiée et disqualifiée, la profession proteste mais continue de se croire indispensable à la vertu publique. Toujours prompte à "checker" et "décoder" les fake news des autres, elle en oublie souvent que, réduit à une marchandise, le journalisme n'est pas l'ami du peuple, mais un vice qui corrompt la langue, la pensée et, avec elles, la possibilité de la démocratie.