L'apothéose des vaincus. Philosophie et champ jazzistique
Béthune Christian
PU MIDI
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EAN :9782810706075
Selon Walter Benjamin, l'histoire s'écrit généralement du point de vue des vainqueurs, le butin porté par le camp victorieux concernant en premier lieu les biens culturels. Avec la culture afro-américaine, on assiste à un retournement radical. Du fait des conditions de leur émergence, les expressions issues du champ jazzistique permettent d'interroger l'idée de culture à partir de ce que Benjamin appellerait la « tradition des vaincus » et de débusquer la part de barbarie constitutive de l'idéal philosophique propre à l'Occident. En effet, selon l'auteur des Thèses sur l'histoire, un témoignage de culture est aussi un témoignage de barbarie ; celle-ci, en l'occurrence, n'est pas du côté de la culture afro-américaine mais dans les conditions qui l'ont suscitée. Du fait des conditions historiques dont ils furent les victimes, les Afro-Américains se sont identifiés à tous les perdants de l'histoire. C'est la portée critique de ce « messianisme » du jazz dont il sera question ici. Selon Walter Benjamin, l'histoire s'écrit généralement du point de vue des vainqueurs, le butin porté par le camp victorieux concerne en premier lieu les biens culturels. Avec la culture afro-américaine, on assiste à un retournement radical. Du fait des conditions de leur émergence, les expressions issues du champ jazzistique permettent d'interroger l'idée de culture à partir de ce que Benjamin appellerait la « tradition des vaincus » et de débusquer la part de barbarie constitutive de l'idéal philosophique propre à l'Occident. En effet, selon l'auteur des Thèses sur l'histoire, un témoignage de culture est aussi un témoignage de barbarie ; celle-ci, en l'occurrence, n'est pas du côté de la culture afro-américaine mais dans les conditions qui l'ont suscitée. Dès les origines, les Afro-Américains furent sensibles à ce paradoxe et c'est en s'identifiant aux vaincus de l'histoire qu'ils sont parvenus à imposer leurs musiques à un niveau que l'on pourrait qualifier de « cosmopolitique ». Il n'est alors pas abusif d'évoquer une dimension messianique du jazz. Pour les Noirs, la figure évangélique du Christ aura d'emblée été celle de quelqu'un qui avait perdu, mais en héros revenu de façon triomphale. Du fait des conditions historiques dont ils furent les victimes, les Afro-Américains se sont identifiés à tous les perdants de l'histoire. C'est la portée critique de ce messianisme du jazz dont il sera question ici.
Nombre de pages
217
Date de parution
03/10/2019
Poids
408g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782810706075
Titre
L'apothéose des vaincus. Philosophie et champ jazzistique
Auteur
Béthune Christian
Editeur
PU MIDI
Largeur
160
Poids
408
Date de parution
20191003
Nombre de pages
217,00 €
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Elève d'Alban Berg, ardent défenseur de la seconde Ecole de Vienne, T-W Adorno exécrait le jazz. Cette "mode intemporelle" qu'il qualifiait aussi d'"archaïsme moderne" n'était, selon lui, qu'un pur produit de l'industrie culturelle, une expression faussement libératrice de la communauté noire américaine et une régression primitive au stade sadomasochiste. Toutefois, curieusement, le philosophe, pourtant peu enclin à s'attarder sur ce qu'il abhorrait, ne cesse, presque sa vie durant, de multiplier les commentaires visant à discréditer une musique à laquelle il attribue néanmoins, de façon contradictoire, une "immortalité paradoxale".Cette attitude quasi-obsessionnelle a-t-elle pour origine un simple malentendu? S'agit-il d'une relation ambivalente de type fascination-répulsion...Ces questions, Christian Béthune ne les élude pas totalement mais il ne se fie guère aux explications sociologiques, psychologiques voire psychanalytiques.Il préfère chercher les raisons de cette étrange aversion dans les fondements de l'esthétique adornienne. Peu décontenancé par les subtilités dialectiques du penseur de l'Ecole de Francfort, il scrute les textes avec minutie, analyse, non sans humour, des prises de positions en apparence inconciliables, et mène magistralement l'enquête qui le conduit "au c'ur même" de sa philosophie.Au-delà d'une étude sur les rapports conflictuels et finalement ambigus que T-W Adorno a toujours voulu entretenir avec l'une des plus grandes formes d'expression musicale née au XXe siècle, cet ouvrage peut déjà servir d'introduction à une esthétique du jazz.Marc Jimenez
Ni histoire, ni sociologie du hip-hop, ce livre entend situer le rap à l'intérieur d'un débat plus général concernant l'expérience esthétique. L'intention n'est pas de proposer un plaidoyer pour le hip-hop mais d'engager une réflexion sur un terrain où le philosophe n'a guère coutume de s'aventurer. La plupart du temps, la philosophie s'est soigneusement abstenue de penser les manifestations émergentes de l'expression (le jazz par exemple) qui ne cadraient pas avec les formes canoniques de l'art.Praticiens avant tout, les rappeurs se sont approprié des outils technologiques et se sont forgé des savoir-faire propres qu'ils mettent au service de leur créativité. Ainsi, ils ouvrent des perspectives inédites sur le phénomène de la création poétique et y apportent des réponses originales grâce auxquelles ils s'efforcent de pénétrer le bastion âprement défendu de l'art. Biographie de l'auteur Christian Béthune, docteur en philosophie, enseigne dans l'académie de Clermont-Ferrand. Longtemps chroniqueur à Jazz Magazine, il a également publié de nombreux articles (Cahiers du Jazz, Revue d'esthétique, Art Press, Papel do Jazz, Copyright Volume) ainsi que plusieurs ouvrages sur le jazz et le rap.
Pourquoi la philosophie s'est-elle si souvent satisfaite au mieux de méconnaître le jazz et, au pire, de le mésentendre (Adorno)? L'une des réponses serait que l'irruption du jazz, au début du XXe siècle, réimporte des valeurs - oralité, imitation, priorité du corps sur le signe, unité du sens et de la voix - que l'Occident s'est efforcé de congédier dès l'origine de la philosophie occidentale. Deux mille cinq cents ans plus tard, après une lente maturation au sein de la communauté afro-américaine, le jazz consacre des thèmes esthétiques et ontologiques auxquels les nouvelles techniques de communication et de diffusion assurent un retentissement planétaire.
Contrairement à ce que l'on a pu prétendre, le rap n'a pas jailli tout armé des fins fonds du Bronx ou des ghettos noirs des années 1971. Dernier avatar d'une tradition afro-américaine séculaire, il en manifeste les aspects les plus intransigeants. Le rap, avec sa poésie contondante - faite de bruit et de fureur, de prédation sonore et de rimes percutantes, de franche rigolade et de vision tragique du monde -, met les pieds dans le plat. Dans ses outrances mêmes, la culture hip hop ouvre des perspectives créatrices à tout un pan d'une jeunesse mondiale qui refuse de se reconnaître dans le prêt-à-porter culturel. Tenter de cerner les éléments de cette "esthétique hors la loi", en proposer quelques clés significatives tout en évitant de se rabattre sur l'explication fourre-tout des handicaps sociaux; bref, s'efforcer de saisir le rap dans sa dimension esthétique, c'est-à-dire son apport original et créateur, tel est le propos de ce livre.
Une impression de déjà-vu ? La forteresse de Dunsinane, c'est le château où s'était retranché l'usurpateur Macbeth à la fin de Macbeth, la "pièce écossaise" de William Shakespeare. David Greig reprend la situation là où Shakespeare l'avait laissée en 1606. L'assassin du bon roi Duncan a enfin été éliminé ; la dangereuse femme-sorcière qui avait poussé son époux au crime est défaite, elle aussi. Le retour à la paix civile ? Pas tout à fait. Certes, Macbeth l'usurpateur est mort, mais son successeur Malcolm n'est que veulerie et luxure. L'harmonie politique semble ne pas vouloir s'installer en ce royaume. Dans la suite qu'il invente à la tragédie de Shakespeare, David Greig s'infiltre dans les ouvertures, ou plutôt les ellipses de l'histoire de Macbeth, et il les remplit des doutes politiques de notre époque. Greig a vu les armées britanniques et américaines intervenir et s'embourber au Moyen-Orient. Dans Dunsinane, il montre à quel point, une fois les opérations militaires achevées, rien n'est encore joué et comment la politique continue la guerre par d'autres moyens, pour inverser la formule de Clausewitz. Greig rebat les cartes et distribue une nouvelle main aux joueurs de la partie ; il donne la parole à ceux que Shakespeare avait, à l'instar de son tyran, réduits au silence : Lady Macbeth, Malcolm, et les soldats.
Dans un non-lieu et dans un temps suspendu, sont réunies toutes les femmes victimes de la violence des hommes : femmes riches et pauvres, cultivées ou analphabètes, jeunes et âgées, rebelles et soumises. Libérées par la mort de leur condition de victimes, elles nous racontent leurs histoires. On assiste à des drames provoqués par une société machiste, des traditions cruelles, des mentalités arriérées. A travers des témoignages/ fictions de plusieurs pays du monde (Inde, Italie, France, USA, Mexique...), toutes les conditions sociales et toutes les cultures sont mises en cause par la dramaturge. Il en résulte une anthologie de récits bizarrement pleins d'humour et d'ironie, où la tragédie du quotidien demande justice et où l'universalité des histoires pousse le lecteur-spectateur à réfléchir sur la véritable condition de la femme au XXIe siècleSerena dandini est auteure et animatrice télé. Très connue de par le caractère innovant et satyrique de ses émissions, elle a travaillé avec des artistes très populaires en Italie. En 1988, elle écrit et présente La tv delle ragazze (La télé des filles), une émission qui fera connaître au grand public de nombreuses comédiennes et artistes. Entre 2012 et 2013 elle met en scène son premier texte théâtral, Blessées à mort, inspiré par des faits divers de violence sur les femmes. Cette pièce est encore aujourd'hui en tournée en Italie et dans le monde. Texte engagé, militant, dur, il se fait porte-parole d'une situation malheureusement bien présente dans notre société, toutes ces histoires étant inspirées de faits réellement advenus.
Blond Stéphane ; Hilaire-Pérez Liliane ; Nègre Val
Ce livre est issu de journées d'étude qui ont renouvelé les approches sur l'histoire des ingénieurs à l'époque moderne en interrogeant les interfaces avec d'autres professions et le rôle des mobilités dans la mise en oeuvre de formes d'intelligence collective. L'enjeu est d'approfondir la thématique de la transmission, des intermédiations et des savoirs mixtes, un sujet majeur de l'historiographie récente. Les auteurs soulignent l'importance des hybridations de savoirs à l'épreuve du terrain, sur les chantiers, qu'il convient de considérer comme de véritables "trading zones" . Mais jusqu'à quel point la diversité des savoirs, des statuts, des langues permet-elle une mixité des savoirs ? Dans quelle mesure aussi l'hybridation des savoirs des élites techniciennes ne constitue-t-elle pas un mode de prédation des savoirs vernaculaires et communautaires ? Ce sont autant de questions auxquelles les auteurs s'efforcent de répondre.