Rachel Bespaloff, née en 1895 dans une famille juive originaire d'Ukraine, quitta Genève pour Paris à l'âge de vingt ans, abandonnant une carrière musicale prometteuse dont les résonances allaient néanmoins habiter son écriture. Disciple de Léon Chestov et amie de Jean Wahl, elle publia divers articles dans la Revue philosophique et dans La NRF: certains de ces textes, consacrés à Heidegger - dont elle fut l'une des premières lectrices en France -, à Kierkegaard, à Gabriel Marcel, à André Malraux ou à Julien Green, seront rassemblés chez Vrin en 1938. Découvrant au gré de ses lectures "un trésor d'incertitudes qui rendent à la vie un sens inépuisable", Rachel Bespaloff nous fait partager ses cheminements le long de quelques grandes ?uvres situées aux carrefours de la littérature et de la philosophie. Dans la redécouverte de cette pensée qui se situe dans le premier courant existentiel, le lecteur puisera l'assurance que "la sensibilité n'a pas fini de nous surprendre, ni la conscience de se former".
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Date de parution
02/11/2004
Poids
300g
Largeur
180mm
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EAN
9782711617166
Titre
CHEMINEMENTS ET CARREFOURS
ISBN
2711617165
Auteur
BESPALOFF
Editeur
VRIN
Largeur
180
Poids
300
Date de parution
20041102
Nombre de pages
0,00 €
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Le déroulement de l'inévitable a pour théâtre, simultanément, le c?ur de l'homme et le Cosmos. A l'éternelle cécité de l'histoire s'oppose la lucidité créatrice du poète désignant aux générations futures des héros plus divins que les dieux, plus hommes que les humains.
La poignante grandeur de ce philosophe, c'est que d'emblée, avec une ausace inégalée, il se situe dans l'inextricable ; il ne feint pas de trancher le nœud de l'Existence, il nous en révèle la complexité. (...) La philosophie de Heidegger n'est pas un système que l'on adopte ou que l'on rejette, mais un monde où l'on pénètre. "
Afin de se prémunir contre le risque de devenir un jour savant, tout jeune chercheur devrait, à titre d'antidote, avoir lu ce classique de Gaston Bachelard. L'originalité de l'ouvrage consiste non seulement à dégager les conditions psychologiques propices à la formation de l'esprit scientifique mais aussi à mettre au jour celles de son dépérissement. Ainsi, la connaissance scientifique s'institue en s'opposant à la connaissance vulgaire, issue de l'expérience commune. Cependant, elle se corrompt et se stérilise dès lors qu'elle prétend fournir des réponses définitives. L'attachement à ses propres certitudes, qu'elles soient d'ordre sensible ou scientifique, contrarie les progrès de la recherche. La science tout autant que l'opinion constituent ainsi ce que Bachelard appelle un obstacle épistémologique. Toute découverte suppose donc la capacité de résister à "cette tendance conservatrice de l'esprit humain" qui le porte à ramener l'inconnu au connu, par une sorte de goût inné pour la cohérence. L'épistémologie à portée des débutants. --Paul Klein
Rien que dans ce petit coin du monde, il y a quatre principes, la raison, l'instinct, la génération, la végétation, qui sont semblables les uns aux autres et sont les causes d'effets semblables. Combien d'autres principes ne pourrions-nous pas naturellement supposer dans l'immense étendue et l'immense variété de l'univers, si nous étions capables de voyager de planète en planète et de système en système, afin d'examiner chaque partie de ce vaste agencement? L'un quelconque des quatre principes mentionnés ci-dessus (et de cent autres qui s'offrent à notre conjecture) peut nous fournir une théorie par laquelle juger de l'origine du monde; et c'est une preuve palpable et insigne de partialité que limiter entièrement notre vue au principe par lequel nos propres esprits opèrent. Si ce principe était plus intelligible pour cela, une telle partialité pourrait dans une certaine mesure s'excuser; mais la raison, dans son agencement et sa structure interne, nous est en réalité aussi peu connue que l'instinct ou la végétation".
Quand on a pris les soins nécessaires pour conserver au corps sa force et sa vigueur, pour le mettre en état d'obéir aux ordres de l'âme elle-même, afin que en toute occasion, elle ne donne son consentement qu'à ce qui est conforme à la dignité et à l'excellence d'une créature raisonnable"
Résumé : Les religions ont une histoire, qui n'est pas celle de la Bible. Elles trouvent leur origine dans les passions des hommes. De là, on conclut aisément qu'en matière de religion le culte importe plus que le dogme, que le polythéisme précéda le théisme qui en dériva, et que les maux générés par celui-ci sont pires que ceux causés par celui-là. La question d'une " pure " religion reste en suspens, sachant qu'aucune religion révélée ne peut invoquer en sa faveur un témoignage assez fort ni aucune religion philosophique se reposer sur une démonstration qui soit certaine.