Atteint d'une cataracte congénitale à l'âge de six ans, César Franck (1870-1937) ne recouvra qu'une petite partie de la vue, ce qui le contraint à rejoindre l'Institut national des jeunes aveugles puis à poursuivre ses études de pianiste au Conservatoire de Paris. En 1900, il devient titulaire des grandes orgues de Notre-Dame de Paris où il a donné quelques 1750 concerts. A partir de 1912, il enseigne à la Scola Cantorum aux côtés de d'Indy et compte parmi ses élèves Lili Boulanger ou Maurice Duruflé. Principalement connu pour ses nombreuses oeuvres d'orgue, il s'est aussi distingué dans les musiques symphoniques, de chambre, vocales et religieuses, et aussi à travers ses compositions pour le piano. Avec ce nouvel opus de la collection "Horizons", Franck Bésingrand analyse la vie et l'oeuvre de ce compositeur d'exception qui a marqué la musique française au début du XXe siècle, dans un ouvrage illustré et complété d'un tableau synoptique et d'une bibliographie.
Dès la fin du xixe siècle, Francis Jammes (1865-1938) rayonna sur la poésie française, tel un phare. Créant le Jammisme en 1897, son succès fut retentissant avec plusieurs recueils poétiques qui le firent entrer vivant dans la légende. Il affirmait un nouveau style poétique où la simplicité, avec une touche de naïveté, se conjuguait à une imagination débordante. Par un monde d'images colorées, de voyages intérieurs hantés par la Guadeloupe de ses ancêtres, le poète d'une manière inégalée, ouvre grandes les portes sur un monde à la fois féérique et familier. La singulière et attachante personnalité de Francis Jammes parle à notre époque, par son charisme, sa joie juvénile, son amour inconditionnel pour la nature et les animaux. Son étonnante résistance vis-à-vis du milieu littéraire parisien nous étonne et s'explique par son attachement indéfectible aux Pyrénées. Nous découvrirons comment il déplaça les plus grands de son temps venus le visiter pour rechercher des leçons de vie et d'humanisme.
Elève de César Franck, Henri Duparc (1848-1933) est aujourd'hui encore une référence en ce qui concerne la mélodie française, un summum de raffinement et de réussite. Quand il est - enfin ! - décoré de la Légion d'honneur à 73 ans, Le Figaro note alors que "son oeuvre est petite, mais sans défaut. [...] Sans M. Duparc, la mélodie française, celle de Fauré, de Bordes, de Chausson, de Debussy même, ne serait pas ce qu'elle est. Les poésies que [Duparc] a traduites en chant, personne n'a osé les reprendre. Il avait, du premier coup, atteint la perfection..." Malheureusement, très critique, y compris vis-à-vis de son propre travail, Duparc brûla de nombreuses pages, ne laissant que très peu d'oeuvres. Ce maigre opus n'en est pas moins remarquable, et, outre deux recueils de mélodies pour voix et piano, il recèle de sublimes pièces orchestrales, parfois bien loin des autres facettes de cette personnalité étonnante, compositeur philanthrope au mysticisme ardent et profond, complété d'un grand amoureux du sud-ouest de la France.
Figure majeure de la musique du XXe siècle, le compositeur allemand Hans Werner Henze (1926-2012) étudie à Brunswick puis Heidelberg et participe à l'école de Darmstadt. Il compose pour le Deutsches Theater de Constance, et s'impose rapidement comme un grand nom du ballet et de l'opéra. A partir de 1953, il s'établit définitivement en Italie, vivant à Naples et Rome avant d'acquérir la villa La Leprara à Marino et de créer le Festival de Montepulciano en Toscane. Engagé à gauche, il enseigne à La Havane de Cuba aussi bien qu'en Europe et dirige à plusieurs reprises le Berliner Philharmoniker. Compositeur prolifique lauréat de plusieurs prix, son large catalogue va de la musique de scène (notamment 32 opéras, dont 3 pour enfants et La Chatte anglaise créé à l'Opéra-Comique de Paris en 1984, et 17 ballets) aux musiques de films, en passant par la musique de chambre, la musique orchestrale (dont 10 symphonies), et des concertos. Il s'est éteint à 86 ans à Dresde. Ce nouveau volume inédit vous propose de partir à la rencontre d'une figure majeure du XXe siècle musical, le pendant allemand de Britten, complété de multiples annexes. Nombreuses illustrations grâce à l'aide de la Fondation Hans Werner Henze de Cologne.
Deutsch Catherine ; Bobillier Marie ; Morrier Deni
Avec la chute de Constantinople en 1453, de nombreux savants, lettrés et artistes byzantins s'exilent en Italie, apportant avec eux des manuscrits grecs et latins que l'Occident redécouvre, prémices à de grands progrès dans les domaines artistiques, culturels, scientifiques et techniques, ainsi que de profonds changements en matière de politique, d'économie et de religion. Ce mouvement appelé Rinascimento (Renaissance), soutenu par de grandes familles italienne - tels les Médicis à Florence, les Sforza à Milan, les Gonzague à Mantoue ou les Este à Ferrare ou Venise -, permet aussi à la musique de s'affranchir du Moyen Age et de donner naissance à d'extraordinaires polyphonies vocales (Madrigaux) ou instrumentales, que la diffusion de la musique écrite et imprimée favorise d'autant plus. Elle permet aussi l'émergence de nouveaux talents, parmi lesquels brillent Giovanni da Palestrina (1525-1594) au Vatican, puis le sulfureux Carlo Gesualdo (1566-1613) à Venosa, jusqu'au "maestro" Claudio Monteverdi (1567-1643) à Florence et Venise, annonçant déjà la musique "baroque" d'Antonio Vivaldi (1678-1741). Ce coffret inédit, qui regroupe trois volumes de la collection illustrée horizons, vous invite à une escapade dans les splendeurs musicales de la la renaissance italienne à travers trois compositeurs emblématiques préfigurant l'art de figures comme Antonio Vivaldi - : ou Jan Dismas Zelenka (à découvrir aussi dans les volumes 16 & 09 de cette même collection).
Résumé : Originaire de Ciboure au Pays basque, Maurice Ravel (1875-1937) est sans doute le compositeur français le plus connu, malheureusement trop souvent résumé à son Bolero. Bien qu'ayant été refusé cinq fois au 1er Prix de Rome, son style - à son image, plein d'élégance et de raffinement à la française - devint pourtant le sujet de ce même concours des années plus tard. S'il a rendu hommage aux maîtres du passé (Le Tombeau de Couperin par exemple), Ravel n'en a pas moins appartenu aux "Apaches" parisiens du début du XXe siècle, lorgné vers le jazz, et travaillé avec Les Ballets Russes de Diaghilev, souvent taxé "d'impressionnisme musical" (pendant au mouvement pictural français). Il laisse un merveilleux répertoire aussi bien pianistique (Jeux d'eau, Gaspard de la nuit, concertos pour piano, ...), que vocal (Mélodies, Shéhérazade, L'Heure Espagnole, L'Enfant et les sortilèges, ...) et orchestral (Pavane pour une infante défunte, Valses nobles et sentimentales, Rapsodie espagnole, Daphnis et Chloé, ...).
Alors que l'Espagne connaît son Siècle d'Or, un genre musical voit le jour au nord de Madrid dans la résidence royale du Palacio de la Zarzuela (ou "Palais de la Ronceraie"), où se donnent de fastueux spectacles, qui prennent donc le même nom que leur lieu d'accueil : zarzuela. Pendant que l'opéra en est à ses débuts en Italie, le XVIIe siècle espagnol se distingue à travers ses propres pièces lyriques s'appuyant sur des livrets de Pedro Calderón, véritable fondateur reprenant les classiques de la mythologie gréco-latine, et des musiques de Juan Hidalgo, puis de Sebastián Durón. Au XVllle siècle, la zarzuela s'étend ensuite aux théâtres populaires ibériques et jusque aux Amériques grâce aux compositions de Antonio Literes, José de Nebra et Antonio Rodríguez de Hita, ou encore aux livrets de Ramón de la Cruz. Ce n'est qu'après cent cinquante ans de gloire ininterrompue que la zarzuela "baroque", tout comme l'Espagne, connaîtra à la fin du XVIIIe siècle une éclipse qui l'obligera à se renouveler...