Louis Aragon disait : "Le poète que je préfère ? Peut-être Hölderlin. " Il ajoutait : "Pour des raisons que personne ne percera. " On peut avoir des raisons diverses, et même secrètes, de préférer Hölderlin, le plus grand lyrique de l'Europe moderne. Cela peut déjà suffire. Mais on peut aussi se passionner pour une personnalité extraordinaire, pour un destin hors série, intégré bien plus qu'on n'a voulu le savoir à une grande époque de notre histoire : la Révolution française. Pierre Bertaux s'est attaché pendant cinquante ans - par intermittence - à révéler la face cachée d'un poète que tant de poètes français aiment et admirent : outre Louis Aragon, Pierre Jean Jouve, Pierre Emmanuel, René Char, Jean Tardieu, André du Bouchet, Michel Deguy... vingt autres. Il a fallu un patient travail d'archéologue-restaurateur, parfois de détective, pour dégager la grande figure de Hölderlin de la crasse des ans et le délivrer d'une légende romantique qui en faisait un rêveur, loin de toute réalité, qui finalement aurait été un fou. Pierre Bertaux montre qu'il n'y a pas d'esprit plus profondément rationnel que ce fils du siècle des Lumières. Hegel, qui était l'ami intime de Hölderlin, lui doit beaucoup, et peut-être le meilleur de sa pensée dialectique. Il n'est pas d'être plus cohérent, plus courageux, que ce "poète" au destin tragique. Ni davantage présent. Il demandait : "A quoi bon des poètes ?" En écho, Léon-Paul Fargue aimait à dire : "La poésie est indispensable ; je ne sais pas à quoi . " Il y a dans le livre de Pierre Bertaux le commencement d'une réponse.
Nombre de pages
408
Date de parution
11/02/1983
Poids
405g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070243075
Titre
Holderlin ou le temps d'un poète
Auteur
Bertaux Pierre
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
405
Date de parution
19830211
Nombre de pages
408,00 €
Disponibilité
Epuisé
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De la rue d'Ulm à la Sorbonne, la voie paraît toute tracée. Mais Pierre Bertaux en fit un parcours plein d'imprévus et de rebondissements - à l'image de toute sa vie, dont ces Mémoires interrompus relatent les quarante premières années. Ce fut un trajet peu conventionnel qui le conduisit de la maison familiale, fréquentée par les plus grands écrivains français et allemands de l'entre-deux-guerres, en passant par l'Ecole normale supérieure, le Berlin des années folles, les cabinets ministériels du Front populaire, la radiodiffusion naissante, l'université, la " drôle de guerre ", la résistance et la prison, jusqu'à la Préfecture de Toulouse où, Commissaire de la République, il accueillit en 1944 le général de Gaulle. Avant de revenir à l'enseignement et à la Sorbonne, Pierre Bertaux vivra encore bien d'autres existences qui n'apparaissent pas ici : directeur de cabinet de Jules Moch, superpréfet de Lyon, directeur de la Sûreté nationale, sénateur du Soudan, entrepreneur... Un personnage hors du commun, et pourtant bien de son temps, nous livre ici ses souvenirs et nous fait bénéficier des leçons qu'il a tirées de la fréquentation des puissants comme des humbles, des salons comme des prisons, des palais de la République comme des paysages sauvages de ses Pyrénées tant aimées. Malgré la singularité de cette existence, le récit acquiert par là sa valeur universelle et constitue en même temps un extraordinaire document sur une des périodes les plus fascinantes de notre siècle.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.