L'intérieur du Maghreb, qu'est-ce à dire ? Le dedans du pays, par opposition à ses rivages ? Les dessous de la société et des mentalités, par contraste avec leurs niveaux d'élaboration ou d'adultération ? Ce qui persiste ou se réserve, au lieu de réagir, de répondre, de se transformer ? Tout cela ensemble, sans doute, et tout cela dans un rapport réciproque. Si ce rapport obéissait à des régularités, s'il laissait percer des constances, ne pourrions-nous à bon droit l'appeler système ? Ainsi, parler de l'intérieur du Maghreb, ce serait évoquer un système maghrébin, lequel, si l'hypothèse est exacte, commanderait de près ou de loin et les faits et les interprétations que les gens du pays en ont données au cours des âges. La subjectivité de leurs écrits risquerait dès lors de traduire, paradoxalement, ce qu'ils ont de plus objectif, je veux dire de n'avoir abordé leur objet quel qu'il fût : droit, chronique, croyance, qu'en fonction d'un système omniprésent, encore que tacite. On tente ici de reconstituer l'histoire invisible de l'ensemble maghrébin dans une période de dispersion et de fragmentation, à partir de documents juridiques ou religieux qui autorisent des sondages localisés, mais des sondages en profondeur. Enrichissante conclusion de dix ans d'un enseignement donné au Collège de France, pour ne rien dire de bien plus d'années encore vécues au Maghreb." Jacques Berque.
Nombre de pages
560
Date de parution
07/12/1978
Poids
605g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070269723
Titre
L'intérieur du Maghreb (15ème-19ème siècle)
Auteur
Berque Jacques
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
605
Date de parution
19781207
Nombre de pages
560,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Que nous importe en définitive que ce soit un poète chamelier du VIe siècle ou un lettré de Bassora ou de Coufa qui nous ait dit la joie haletante du voleur d'amour; ou la métamorphose des palanquinières en silhouettes d'arbres ou de roches quand elles s'effacent aux tournants dela vallée; ou la course onduleuse au désert, et le mirage qui tressaute sur les cailloutis brûlants? Dans une hypothèse comme dans l'autre, une grande voix aura retenti.".
Préparé par Jacques Berque juste avant son décès en juin 1995, ce livre rassemble la plupart des textes politiques de celui qui aura été l'un des plus grands maîtres de l'histoire sociale et de l'anthropologie des sociétés méditerranéennes. Parallèlement à ses études sur les structures sociales des pays du Maghreb ou du Moyen-Orient, à ses analyses du Coran et de la pensée arabe, le professeur au Collège de France intervint très tôt pour dénoncer l'autoritarisme bureaucratique du colonialisme, les méfaits de la guerre d'Algérie, le mépris d'une Europe emmurée dans son arrogance à l'égard des peuples du Sud. Reconnu par tous pour sa rigueur et sa hauteur de vue, il ne cessa de s'engager dans des combats qui firent de lui un " passeur entre deux rives ". Les articles et interviews ici réunis sur des sujets aussi brûlants que l'immigration maghrébine en France, les rapports de l'islam et de l'islamisme, la question palestinienne ou l'après-guerre du Golfe n'ont aujourd'hui rien perdu de leur actualité. La perspective d'un " monde à refaire " qui s'en dégage, le style superbe et incisif de Jacques Berque, la finesse d'esprit de chacun de ces textes font de cet ouvrage une leçon d'intelligence et un document unique sur les grands mouvements de cette seconde moitié du siècle.
Membre de l'Académie de langue arabe du Caire, professeur honoraire au Collège de France, sociologue et orientaliste, Jacques Berque, parfois dénommé "le passeur entre les deux rives", a donné à l'Institut du monde arabe des conférences où, après la publication de son Essai de traduction du Coran, il présentait à un large public le livre fondateur de l'Islam. À une apparente incohérence, Jacques Berque oppose de saisissantes régularités qui laissent entrevoir une composition en entrelacs. Le message conjugue la transmission de l'absolu et le traitement de données conjoncturelles: Ainsi les valeurs permanentes qu'il édicte s'inscriront-elles dans le temps des hommes. À l"heure où certains prônent l'extension d'une"sharî'a"figée, ou seulement déduite, Jacques Berque souligne l'appel du texte à la raison, ses ouvertures à l'innovation. Enfin, la langue, qualifiée traditionnellement d'inimitable, illustre la transfiguration de parlers arabes réels en un système linguistique aux propriétés singulières. Relire le Coran se veut moins une introduction érudite qu'un guide pour aborder par l'intelligence et le coeur l'une des pièces de ce patrimoine universel où Jules Michelet voyait la"Bible de l'humanité"."
Seize années de travail, et une vie tout entière consacrée à l'étude de l'islam, avaient été nécessaires au professeur Jacques Berque pour proposer un "essai de traduction" du Coran. A la fois savante et littéraire, cette oeuvre monumentale, témoignant d'une intime familiarité avec le monde arabe et la tradition de l'islam, fut saluée comme un événement pour l'approche de cette culture par le public francophone. Après quatre ans de travail supplémentaires, Jacques Berque améliora son texte en y apportant des centaines de retouches d'après les remarques de lecteurs érudits. Cette édition définitive publiée quelques mois avant sa disparition nous fait redécouvrir le Coran dans le souffle de ses origines, ouvrant les perspectives d'un islam éclairé où foi et raison auraient toutes deux leur place.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.