Berger Mathieu ; Céfaï Daniel ; Gayet-Viaud Carole
EHESS
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EAN :9782713234408
L'oeuvre d'Erving Goffman est souvent taxée d'apolitisme ou de conservatisme. Elle est rabattue sur un "niveau microsociologique", quand elle n'est pas contestée dans les études sur le politique. Selon quelles modalités articuler sa "microanalyse de l'ordre de l'interaction" avec d'autres grandeurs d'échelle spatiale et temporelle, qui transcendent l'ici et maintenant de la coprésence ? De quelles façons interpréter le fameux "couplage flou" entre l'ordre de l'interaction, d'une part, et l'ordre des structures ou des institutions, d'autre part ? Et quelles conséquences en tirer, dans la menée de nos enquêtes et de nos analyses sur le politique ? Sur divers corpus textuels et empiriques, cette livraison de Raisons pratiques explore les implications d'une analyse du monde social en termes de "politiques de l'interaction". Elle ouvre de nouvelles pistes de recherche sur les rituels d'interaction et leur rapport aux inégalités, la vidéocommunication dans les institutions, les conflits de place en contexte familial ou professionnel, les mobilisations contre des formes de stigmatisation et de discrimination, les ambiguïtés de la démocratie participative, le harcèlement des femmes dans les lieux publics, les microagressions dans des interactions quotidiennes, et les réactions aux situations de danger ou de confrontation a la violence. Ces enquêtes et analyses prennent au sérieux les catégories que Goffman nous a léguées d'ordre public, de rite, de face, de stigmate, de cadrage ou de passing. Elles attestent de la fécondité d'une politique d'inspiration goffmanienne, qui ne fasse pas des analyses de situation de simples illustrations "micro" de structures sociales ou de processus historiques qui se joueraient ailleurs.
Nombre de pages
491
Date de parution
17/04/2026
Poids
750g
Largeur
150mm
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EAN
9782713234408
Auteur
Berger Mathieu ; Céfaï Daniel ; Gayet-Viaud Carole
Editeur
EHESS
Largeur
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Date de parution
20260417
Nombre de pages
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Berger Mathieu ; Céfaï Daniel ; Gayet-Viaud Carole
Ce livre a remporté le prix Jean Widmer 2012 de l'Université de Fribourg, Suisse. Plus qu'une simple méthode, l'enquête ethnographique permet de poser de nouvelles questions sur le politique, en rupture avec ses représentations comme un domaine d'activités en soi, circonscrit à la politique institutionnelle ou aux politiques publiques. Recueillies aux quatre coins du monde (Brésil, Etats-Unis, Chine, Algérie, Espagne, Italie, Suisse, Belgique, France), les études de cas ici rassemblées examinent le politique par le bas, tel qu'il se fait, depuis son enracinement dans les affaires de tous les jours. En engageant différentes espèces de description ethnographique, elles invitent à repenser l'articulation entre lien civil et vie politique sous trois angles complémentaires. D'abord, celui des expériences ordinaires, généralement définies comme infra-politiques, depuis où nous nous projetons dans la vie publique. Celui, ensuite, des moments de politisation qui font surgir des questions sur le bien public, au coeur même du monde de la vie quotidienne. Celui, enfin, des modalités pratiques de l'engagement politique, au sens classique, dans des actions qui ont pour visée expresse la transformation du monde.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.