Le carnet de Bento

Berger John ; Arnaud Pascal
OLIVIER
24,00 €
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EAN : 9782823600254

Cet automne, les pruniers croulent sous les fruits. Certaines branches ont craqué sous leur poids. Je n'ai pas le souvenir d'une année où il y ait eu autant de prunes.Une fois mûres, ces prunes pourpres acquièrent un velouté de la couleur du crépuscule. À la mi-journée, à la lumière du soleil - et du soleil nous en avons depuis des jours -, on aperçoit des grappes, de la couleur du crépuscule, suspendues derrière le feuillage.Seule la myrtille est aussi bleue, mais sa teinte est sombre et d'un noir de perle, tandis que le bleu de la quetsche est celui d'une fumée claire qui se volatilise. Sur de petites branches, les grappes de quatre, cinq ou six fruits se développent par poignées. Des centaines de poignées suspendues à un seul arbre.Au petit matin, je décide de dessiner une grappe, sans doute pour mieux comprendre pourquoi je ne cesse de dire «poignée». Dessin maladroit et raté. J'en commence un autre. Trois poignées derrière celle que j'ai choisie de dessiner, un petit escargot noir et blanc, de la taille d'un de mes ongles, dort sur la feuille dont il s'est nourri. Deuxième dessin aussi raté que le premier. Je m'arrête donc pour m'atteler aux tâches de la journée.Vers la fin de l'après-midi, je reviens aux pruniers avec l'idée d'essayer, une fois encore, de dessiner la même grappe. Sans doute à cause du changement de lumière - le soleil n'est plus à l'est mais à l'ouest -, je suis incapable de trouver ou d'identifier la grappe. Je me demande même si je suis sous le bon arbre.Je me déplace vers l'arbre d'à côté, me penchant sous ses branches, regard tourné vers le ciel. Il y a de la quetsche à revendre, mais pas ma grappe. Bien sûr, il me serait facile d'en dessiner une autre, mais quelque chose en moi s'y refuse obstinément. Je tourne en rond sous les branches des deux arbres. Et puis j'aperçois l'escargot. Trente centimètres sur sa gauche, je trouve ma grappe. L'escargot avait changé de position mais non d'endroit. Je l'examine.Je commence à dessiner. Il me faut un vert pour marquer le feuillage. À mes pieds, quelques orties. J'en prends une feuille, la frotte sur le papier, et voilà mon vert. Cette fois je garde le dessin.Trois jours plus tard, il est temps de récolter les prunes. Mises en fûts à fermenter quelques mois, on peut en tirer une excellente Slivovitz. Elles font aussi une bonne confiture et une garniture de tarte merveilleuse.Pour récolter les quetsches, on secoue les branches de l'arbre et tout un tas de prunes tombent par terre, ou alors on grimpe dans l'arbre avec un seau et on les cueille à la main.Les arbres ont des épines naissantes et une multitude de brindilles. Posté en hauteur, on a la sensation de ramper à travers la broussaille, d'avancer d'un petit anneau de fumée bleue à un autre, et de cueillir dans la paume de sa main libre, pouce chaud après pouce chaud. On peut en tenir trois ou quatre, ou cinq, pas plus. Voilà pourquoi les grappes sont des poignées pour moi. Inévitablement, quelques fruits roulent de la main et tombent dans l'herbe.Plus tard, lorsque je ramasse à genoux les prunes dans l'herbe et les jette dans un panier, je découvre plusieurs escargots noir et blanc qui, sans se faire mal, sont tombés parmi les fruits. J'en aligne cinq côte à côte, et à ma grande surprise je reconnais aisément celui qui fut mon guide. Je le dessine, un peu plus grand que nature.

Nombre de pages 171
Date de parution 15/11/2012
Poids 408g
Largeur 150mm
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EAN 9782823600254
Titre Le carnet de Bento
ISBN 2823600256
Auteur Berger John ; Arnaud Pascal
Editeur OLIVIER
Largeur 150
Poids 408
Date de parution 20121115
Nombre de pages 171,00 €

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