A la mort de son grand-père, un jeune homme s'attarde dans une maison déserte des Yvelines. Dans cette maison où la lumière de partout lui tombe entre les mains, la découverte d'un carnet le renvoie à un fait divers troublant qui engagea, soixante ans auparavant, la réputation de la famille : au matin du 12 décembre 1966, dans la plaine encore noyée de brume, un ouvrier polonais perdit un oeil dans un accident de chasse. Au récit d'une Ile-de-France peu à peu dévorée par les promoteurs se superpose une histoire marquée par le doute et le renoncement, accumulant pour le dernier-né l'énigme des générations disparues. On retrouve dans ce court roman tout l'éclat de l'écriture singulière d'Anton Beraber, fascinante, ironique et tendre, capable d'évoquer comme nulle autre les tragédies invisibles qui font ce que nous sommes.
Nombre de pages
123
Date de parution
10/03/2022
Poids
170g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782072950827
Titre
Braves d'après
Auteur
Beraber Anton
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
170
Date de parution
20220310
Nombre de pages
123,00 €
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Son nom parcourt le livre comme une incantation, et pourtant Saul Kaloyannis reste une énigme. Qui était-il, cet homme aux yeux emplis de ténèbres : un idéaliste, un traître, ou le dernier des héros ? Dans les années 70, un étudiant part à la recherche de ce survivant d'une guerre perdue un demi-siècle auparavant. Les témoins qu'il retrouve, tous des laissés-pour-compte de l'Histoire, se succèdent pour retracer le destin de Kaloyannis, son voyage sans retour des confins de l'Orient à la baie de New York. En des temps où les régimes répriment l'extraordinaire, la légende galopante du contestataire embrase déserts, îles des Cyclades, forêts de sauges géantes, villes sous les vagues... Ce roman d'aventures déployant un imaginaire infini est porté par une écriture magnifique, ample, visionnaire, qui dans son fleuve obstiné allie le trivial et le précieux, le réalisme et la poésie.
J'expliquai que les religions toutes également me battaient froid. Me fondant sur des baromètres trompeurs j'avais imaginé pour ma fille un monde débarrassé de ces excentricités-là comme on parvint de le faire pour le géocentrisme ou la variole. L'autre passager retint mal son sourire : au contraire, murmura-t-il, on voyait sans peine à quel haut degré de fascination me jetaient les choses de la foi et l'énigme de croire. Je ne trouvai à répondre qu'en sortant de l'aéroport, dans la congestion générale de la porte de l'Est où les taxis au point mort font tourner le compteur avec une pointe de Bic : les religions, aurais-je dû protester, ne suscitaient mon intérêt que dans leurs dysfonctionnements". Ce carnet restitue sur le mode de la diffraction une vision fantasmée de la Ville immense. En choisissant ce moment particulier où la fatigue du jeûne en révèle les points d'usure, l'auteur porte aussi un regard ironique et tendre sur les ratés de la rencontre entre le dogme religieux et la nature humaine.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.