Le Maghreb à l'épreuve des migrations subsahariennes. Immigration sur émigration
Bensaâd Ali
KARTHALA
29,00 €
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EAN :9782811101640
Depuis les années 1990, l'identité migratoire du Maghreb se modifie et se complexifie. A sa fonction traditionnelle d'espace d'émigration s'ajoutent désormais celle d'espace d'immigration et, emboîtée à celle-ci, la fonction de terre de transit vers l'Europe. Le Maghreb devient ainsi un espace migratoire multifonctionnel qui démultiplie les modalités de sa mise en connexion avec le monde. L'immigration subsaharienne y est désormais un fait sociétal et spatial, majeur et inédit. Cette nouvelle réalité sociétale qui émerge au Maghreb entraîne un repositionnement géopolitique de ses pays. Interroger cette nouvelle réalité et ses significations, tel est l'objectif de cet ouvrage. Si cette immigration a commencé par concerner les régions sahariennes, où elle continue à être fortement présente, elle se diffuse aujourd'hui jusqu'aux métropoles littorales du nord du Maghreb, dont elle alimente les économies et marque les territorialités. Enfin, en se greffant sur une circulation euro-maghrébine qu'ils amplifient, les migrants subsahariens tentent désormais, pour une part, d'atteindre l'Europe, même s'ils n'y aboutissent pas souvent. Au-delà de son importance quantitative, le phénomène de l'immigration subsaharienne au Maghreb modifie substantiellement les problématiques sociétales et spatiales dans ces terres traditionnelles d'émigration. Il représente une nouvelle donne qui interagit fortement avec les sociétés du Maghreb et contribue à en précipiter les évolutions: une plus forte jonction avec l'Afrique noire, une réintroduction du cosmopolitisme et la reformulation de la question de l'altérité avec l'irruption d'un nouvel "autre": l'immigré. L'immigration subsaharienne constitue ainsi un outil d'interrogation et d'analyse des mutations de l'espace maghrébin et des modalités de son insertion dans le processus de mondialisation, notamment de sa projection comme "cordon sanitaire" de l'Europe.
Nombre de pages
441
Date de parution
01/02/2009
Poids
640g
Largeur
160mm
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EAN
9782811101640
Auteur
Bensaâd Ali
Editeur
KARTHALA
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160
Date de parution
20090201
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La question de l'eau se pose comme un enjeu vital dans la diagonale des pays arides où se trouve être pris le Maghreb. Mais son caractère impérieux est encore plus exacerbé dans les territoires sahariens marqués par une aridité extrême. Ces derniers ont acquis récemment une importance économique et stratégique centrale et ont connu, de ce fait, un exceptionnel développement. Celui-ci implique une sollicitation tendue sur des ressources en eau caractérisées principalement par la médiocrité et la difficulté d'exploitation et, depuis peu, grâce à l'accès aux nappes profondes fossiles, par des abondances sectorielles, probablement éphémères et, en tout cas, mal maîtrisées. Le Sahara est aussi un pays de vieille civilisation où les sociétés, confrontées à une aridité extrême, ont tissé au cours des siècles des rapports si étroits à l'eau que les paysages hydrauliques restituent tout autant les territorialités que les sociétés qui les ont structurées et les mutations qui les secouent actuellement toutes deux. Cette forte prégnance justifie, comme se le propose cet ouvrage, de faire de la question de l'eau un déchiffreur des espaces et des sociétés au Sahara ainsi que des enjeux de développement qui s'y posent. Les sociétés civiles sahariennes, délestées de leurs ancrages spatiaux ancestraux et contraintes à l'innovation, reconstruisent une autre culture de l'eau au travers de laquelle elles recomposent leur relation à l'espace saharien. Dans une tension avec les impulsions volontaristes exogènes et les bouleversements de leurs cadres socio-spatiaux, elles reconfigurent autant les systèmes hydro-agricoles hérités que ceux nouvellement greffés et interagissant ainsi, dessinent des territorialités autant contrastées que mouvantes.
Une ville, une rue, un immeuble. Dans cet immeuble, la vie se trame, faite de plusieurs existences dont les fils se croisent et s'entrecroisent. Une vie faites de petits riens, amis traversées parfois par des événements, heureux ou dramatiques. Ce récit est un kaléidoscope d'instantanés de vies, dont l'angle de vue se déplace ou se précise à partir d'un même lieu essentiel.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.