Le sceptique voudrait bien souffrir, comme le reste des hommes, pour les chimères qui font vivre. Il n'y parvient pas : c'est un martyr du bon sens", écrivait Cioran. Entendu par les Anciens comme une sagesse de la suspension du jugement et par les modernes comme une mise en cause radicale de la certitude de nos connaissances, le scepticisme, qui a traversé l'histoire de la pensée en empruntant des formes diverses, repose avant tout sur la non-assertion. Contre les dogmatiques, qui considèrent que se garder de toute opinion rend la vie et l'action impossibles, les sceptiques nous invitent, à l'instar de Montaigne, à "faire profession de notre ignorance", et nous rappellent que les convictions, peut-être autant que les mensonges, sont ennemies de la vérité et de la philosophie.
Nombre de pages
244
Date de parution
10/06/2015
Poids
178g
Largeur
107mm
Plus d'informations
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EAN
9782081363496
Titre
Le scepticisme
Auteur
Bénatouïl Thomas
Editeur
FLAMMARION
Largeur
107
Poids
178
Date de parution
20150610
Nombre de pages
244,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Musonius (30 ? 95 / 100?), Epictète (50/60? - ca 130) et Marc Aurèle (121 - 180), représentants du stoïcisme impérial, souffrent d'être les derniers d'une longue et fameuse lignée. Leur pensée est souvent réduite à une répétition scolaire des doctrines des premiers stoïciens, ou à une philosophie purement éthique voire moralisatrice, alors qu'elle est centrée sur la dimension pratique de la philosophie dans son ensemble. Que signifie concrètement « être stoïcien »? S'agit-il seulement d'adhérer à certaines thèses? Comment s'en imprégner et les appliquer? On tâche ici de mettre en évidence les principes, concepts et techniques que Musonius, Épictète et Marc Aurèle élaborent pour résoudre, théoriquement et pratiquement, le problème de la mise en oeuvre de la philosophie: dans sa partie éthique, mais aussi dans ses dimensions politique, épistémologique, dialectique, pédagogique, psychologique, cosmologique et théologique. Prenant pour guide l'« usage », notion-clé, on examine successivement comment les derniers stoïciens conçoivent celui des choses et des événements, d'autrui, des représentations, des facultés morales, enfin de notre vie par Dieu au sein de l'ordre du monde.
La réflexion politique de Platon n'en finit pas de susciter les débats, de Popper à Badiou en passant par Foucault ou Rancière. Dans ce volume, on cherche à comprendre les positions et analyses politiques de Platon dans leur contexte mais aussi du point de vue des débats contemporains. Comment Platon s'inspire-t-il de la politique de son temps comme la conception homérique du chef comme "pasteur d'hommes" ou les pratiques de colonisation grecques ? Peut-on défendre le "communisme" platonicien contre les critiques d'Aristote ? Comment la cité platonicienne se construit-elle par l'exclusion d'hommes "incurables" ?
Longtemps ignoré, l'athéisme antique a connu un regain d'intérêt à partir du dernier tiers du XXe siècle. A la différence de l'athéisme moderne, pure et simple négation de l'existence de Dieu, l'athéisme antique est cependant difficile à distinguer de l'impiété et de l'agnosticisme, et cela d'autant plus qu'il ne pouvait s'exprimer à visage découvert. Les études rassemblées dans ce numéro visent à faire progresser la perception de ces questions.
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.