Récemment élu à la présidence de l'École des hautes études en sciences sociales (1972), Jacques Le Goff crée des antennes de l'EHESS en région. En 1976, il inaugure le Centre d'ethnologie de la France qu'il dirige avec Jean-Michel Guilcher (CNRS). Trois séminaires sont mis en place en collaboration avec l'Université de Bretagne occidentale, ceux de J.-M. Guilcher, de Nicole Belmont et de Marie-Louise Tenèze qui fait l'objet de cette publication. Nicole Belmont (EHESS, Paris) et Josiane Bru (EHESS, Toulouse) livrent à notre attention une précieuse édition critique de ce séminaire de Brest qui porte témoignage de ce moment de notre histoire, qui fit des littératures orales d'Europe à la fois un objet de connaissance et un outil majeur d'intelligibilité des sociétés humaines.
Nombre de pages
268
Date de parution
27/06/2024
Poids
318g
Largeur
135mm
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EAN
9782140489129
Titre
Le conte merveilleux. Séminaire de Brest et textes inédits
Cet ouvrage se propose de faire découvrir au lecteur la beauté et la vigueur expressive des contes traditionnels, transmis de bouche à oreille et de génération en génération. Leur richesse a été occultée en France par le recueil de Charles Perrault, oeuvre littéraire tellement réussie qu'elle a laissé croire à son exhaustivité. Il existe pourtant un patrimoine méconnu, fait de milliers de récits plus attachants les uns que les autres dont la séduction provient du sentiment que la forme apparemment simple, voire naïve, dissimule des significations et des vérités qui nous touchent très profondément.
Les contes de transmission orale cachent beaucoup de poésie sous leur apparente naïveté, grâce à quoi ils nous séduisent encore et toujours. De Barbe bleue à La petite fille qui cherche ses frères, du vrai Poucet à La fille bannie, cet ouvrage tente de découvrir en quoi cette poésie consiste et par quels moyens elle s'exprime. Pour l'essentiel elle est faite d'images et de mises en scène proposées par le conteur au fil du récit, à la fois familières et étranges. Oniriques en quelque façon, elles sont prises dans le tissu narratif qui déroule l'itinéraire du héros ou de l'héroïne, lui-même semblable à ce " Petit-Poucet rêveur " qui est pour Arthur Rimbaud le poète lui-même. Sont pris en considération dans ces passages à l'écrit le poids que fait peser le recueil de Perrault sur le corpus français et l'infléchissement des contes vers l'enfance à partir du recueil des frères Grimm. Est également posée la question du programme nécessairement optimiste du conte ? " c'est un vrai conte de fées " ? lorsque l'on trouve dans le corpus traditionnel quelques versions " ratées " de ce point de vue : comme un retournement en " anti-conte ". Toutes ces questions renvoient au problème de la création littéraire et de sa transmission en dehors de l'écrit, revendiquant pour cette littérature dite orale le statut d'oeuvre à part entière qui lui est déniée, parfois avec véhémence.
Sorcières, loups-garous et autres croque-mitaines n'ont cessé, au cours des siècles, de faire peur aux enfants. Ces peurs magiques, délicieuses, salutaires nous introduisent dans l'univers du rêve et de l'inconscient. L'auteur s'interroge sur ces êtres fantastiques avec lesquels on effraie les enfants, et qui témoignent d'un imaginaire étonnant.