D'emblée, ce roman nous embarque avec Nojoum, vieille dame aveugle que sa petite-fille vient visiter tous les jeudis, pendant le confinement du printemps 2020, pour lui lire un livre, prétexte à la questionner sur son histoire. Nous savons, dès les premières pages, qu'elles sont liées par un " Evènement " qu'elles ont vécu ensemble quelques années plus tôt, en réalité, on l'apprendra un peu plus tard, l'attentat du musée du Bardo à Tunis, où elles se trouvaient en visite. Le récit, qui commence avec la naissance de Nojoum en 1949 retisse le fil de la vie de cinq générations de femmes, de la propre grand-mère paternelle de Nojoum, Beya, adorée par sa petite-fille, à l'arrière-petite-fille, Yasmine. Leurs histoires sont imbriquées les unes dans les autres par des relations familiales, domestiques et/ou amicales marquées du sceau d'une bienveillance exigeante, de la générosité et de la solidarité en dépit des différences, d'un désir commun d'émancipation et d'indépendance, sinon pour elles-mêmes, du moins pour celles et ceux qui viennent après elles. Il y a des tragédies dans leurs vies mais toutes y font face, résolument du côté de la vie, malgré la violence, les discriminations, la pauvreté ou encore l'exil et l'extrême violence du terrorisme. Aucun dogmatisme dans cette fiction littéraire tout en finesse et d'une tonalité douce-amère, qui raconte, autour d'un même cercle familial entre Tunis, Paris, Liège et la Calabre..., 70 ans de la Tunisie, de la pré-indépendance jusqu'à l'après-révolution de 2011 à travers l'émancipation des femmes et le retour de bâton de l'islamisme sous sa forme la plus extrême : le terrorisme enraciné dans la haine des femmes. Il y a toujours de l'espoir cependant, mais il vient d'ailleurs et surtout des femmes. " On vit des têtes aux cheveux de toutes les coupes, de toutes les couleurs, des femmes décomplexées envahir dans un même élan rues, écoles, bureaux, boutiques, usines, et cinémas. Le paysage garda durant des décennies cette vitalité dévoilée, et personne n'aurait pu s'imaginer une quelconque marche arrière, ni surtout qu'un jour l'Evénement pût avoir lieu. " E.B.Y.
Date de parution
10/06/2021
Poids
258g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782721009012
Titre
En pays assoiffé
Auteur
Belhaj Yahia emna
Editeur
DES FEMMES
Largeur
130
Poids
258
Date de parution
20210610
Nombre de pages
0,00 €
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Ce livre commence comme le récit, remarquablement écrit, de la révolution tunisienne. Mais peu à peu, il devient essai. Et il nous propose alors une réflexion audacieuse et originale sur le paradoxe de ce peuple qui met à la porte un dictateur pour élire un régime islamiste autoritaire... Emna Belhaj Yahia remonte aux sources des événements qui agitent son pays. Et on reste désarmé devant la contradiction entre le désir de démocratie et de développement, et la libération des pires haines contre l'école moderne, l'interrogation sur soi, le libre examen, vus comme des inventions de l'Occident. Passionnant et inquiétant. Emna Belhaj Yahia, née à Tunis (Tunisie) en 1945, est philosophe et écrivain. Elle est l'auteur de plusieurs romans, dont L'étage invisible (éditions J. Losfeld) et Tasharej, (éditions Balland).
Résumé : 80 mots qui sont autant d'histoires qui racontent la Tunisie et qui, en plus de l'analyse des mots et de leur résonance dans le coeur des femmes et des hommes qui les utilisent, évoquent le lien particulier qu'entretient l'autrice avec sa terre natale. Dans 80 mots de Tunisie, ce qui frappe c'est la grande culture et la connaissance approfondie de la langue française d'Emme Belhaj Yahia. Avec beaucoup de finesse et de tendresse, elle évoque le charme de la vie qu'elle a connue autrefois au sein d'une famille traditionnelle, mais elle sait aussi exposer avec clairvoyance les difficultés que rencontre son pays aujourd'hui. Ses années d'enseignement, les responsabilités scientifiques qu'elle a assumées et l'action qu'elle a pu mener en faveur des femmes lui permettent de couvrir à travers les mots qu'elle a choisis ? et qui nous en apprennent beaucoup sur l'arabe dialectal propre à la Tunisie ? un large champ d'exploration.
Résumé : Quinze textes d'expression française écrits par des membres du Parlement des écrivaines francophones (PEF) sont réunis dans cet ouvrage collectif. Marie-Rose Abomo Mvondo Maurin (Cameroun), Emna Belhaj Yahia (Tunisie), Anissa Bellefqih (Maroc), Sophie Bessis (France/Tunisie), Bettina de Cosnac (Allemagne), Sylvie Le Clech (France), Alicia Dujovne-Ortiz (France/Argentine), Suzanne Dracius (Martinique), Sedef Ecer (France/Turquie), Lise Gauvin (Québec), Viktor Lazlo (Belgique), Danielle Michel-Chich (France/Algérie), Madeleine Monette (Québec), Cécile Oumhani (France/Tunisie) et Faouzia Zouari (Tunisie) proposent des récits personnels, paroles intimes et courtes fictions sur l'expérience singulière qu'est la féminité. Une manière de lutter contre les stéréotypes de genre et l'uniformisation médiatique et politique du corps des femmes, et de réaffirmer sa propriété inaliénable.
A Istanbul, plusieurs destins s'entrecroisent entre 1980 et 1999. Quatre jeunes grandissent dans un pays secoué par un coup d'Etat militaire, la répression politique et les fractures sociales. Leurs vies se façonnent au rythme des rêves de liberté, des illusions révolutionnaires et des désillusions de l'exil. Autour d'eux, la ville devient un véritable personnage ¬ : ses ruelles, ses habitant·e·s, ses injustices et ses beautés racontent une Turquie en mutation. Couvrant deux décennies marquées par la dictature et les bouleversements politiques, La Maison du Bosphore est une plongée dans l'histoire turque dessinant une fresque humaine, sensible, bouleversante et universelle. A travers ce roman foisonnant, Pinar Selek donne voix aux oublié·e·s, aux résistant·e·s, aux femmes et aux hommes qui tentent de rester debout malgré la violence du monde. "Je me souviens... les enfants, les jeunes, les klaxons, les marchands, la fragrance du vent, les vagues, la mer. Les gens rentraient chez eux. Ils pressaient le pas, la tête légèrement inclinée, comme pour échapper à la pluie". P. S.
Résumé : Amma, mère, grand-mère et veuve de 80 ans, abandonne sans un mot la maisonnée de son fils aîné, où elle habitait selon la tradition. Hébergée par sa fille, une écrivaine très indépendante, elle découvre une nouvelle forme de liberté et d'amour. Amma s'ouvre alors au monde et à elle-même, aidée dans sa métamorphose par une curieuse aide-soignante, Rosy, une transgenre qu'elle semble connaître depuis toujours. Lorsque cette profonde amitié est brutalement interrompue, l'octogénaire aussi fantasque qu'attachante part pour le Pakistan sur les traces d'un mystérieux passé, entraînant sa fille dans cette folle aventure. Ce roman hors du commun, qui offre un portrait foisonnant de la culture indienne et s'inscrit dans la grande histoire de la Partition, fait vaciller les frontières : celles entre normalité et étrangeté, rêve et réalité, passé et présent, corps et esprit, et bien d'autres encore.
Goettner-Abendroth Heide ; Chaplain Camille ; Mont
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Une biographie remarquable sur la vie et la carrière de Marguerite Audoux, prix Femina 1910. Qui se souvient de Marguerite Audoux ? Cette écrivaine a connu un immense succès auprès de ses contemporains, en recevant notamment le prix Femina en 1910 pour son roman Marie-Claire. L'histoire est devenue si culte et populaire qu'un grand magazine reprendra le même titre. Autrice autodidacte, celle qui n'avait presque lu aucun livre rejoint un cercle d'amis écrivains parmi lesquels Octave Mirbeau, André Gide et Alain-Fournier, qui l'encourage à publier ses textes. Immédiatement, le public et les institutions reconnaissent son talent et sa plume singulière, à tel point qu'on soupçonne que ses textes sont écrits par... un homme ! Mais qu'importe, les traductions affluent, les distinctions aussi. Malgré sa notoriété, l'autrice souhaite conserver une vie simple, occupée à regarder le ciel et élever les enfants de sa soeur comme s'ils étaient les siens. Son parcours hors du commun, d'orpheline malvoyante et bergère en Sologne à son ascension fulgurante, est relaté dans cette biographie avec une précision d'orfèvre. Contre l'angoisse et le vertige, il y aura l'écriture dans le cahier. Contre l'enfant mort, il y aura Yvonne, plus tard Paul, Roger et Maurice. Avec cette petite, elle se découvre une vocation : élever des enfants. Elle aime bien ça. Elle les élève comme elle fait des livres : avec des mots simples, sans grands discours. G. D.