En publiant La recherche de la poésie (1947), l'auteur se proposait de compléter son livre par une série d'études qui en fussent comme les exercices pratiques. Plutôt que de jouer, presque à coup sûr, sur les poèmes du passé, mieux valait se risquer sur les poèmes d'aujourd'hui : découvrir comment ils sont faits, et laisser au moins témoignage de la manière dont ils auront été lus, vécus, avant de tomber dans l'Histoire. De ce propos il reste les articles ici rassemblés : ils touchent à l'art poétique - par exemple, dans ses rapports avec la radio - et, sauf quelques pages consacrées à Nietzsche et à Jarry, ils s'intéressent tous à des poètes vivants : d'André Breton à Jean Tardieu, Malcolm de Chazal, Henri Michaux, Raymond Queneau, etc. A ces articles on a joint un essai inédit qui s'efforce de débrouiller une question aussi irritante que le paradoxe du comédien : la poésie est-elle connaissance ? Elle n'est pas, en tout cas, la connaissance opératoire du savant ou par concepts du philosophe ; elle ne s'identifie pas, non plus, à la connaissance d'autrui. Est-elle copie ? invention ? prélogique ? logique ? Ne renouvelle-t-elle pas la notion même de connaissance ? L'enquête montre dans la poésie un chef-d'oeuvre de la raison, qui éclaire sur la raison.
Nombre de pages
228
Date de parution
27/05/1964
Poids
250g
Largeur
118mm
Plus d'informations
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EAN
9782070205684
Titre
Poèmes d'aujourd'hui
Auteur
Belaval Yvon
Editeur
GALLIMARD
Largeur
118
Poids
250
Date de parution
19640527
Nombre de pages
228,00 €
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S'il est peu d'idées plus confuses que celle de sincérité, il n'en est guère de plus vives. Yvon Belaval l'analyse dans ses rapports avec le naturel, la vérité, la connaissance ou l'expression de soi : l'art et la vie morale. Dans le souci de sincérité il découvre moins la préoccupation d'un aveu que le mouvement d'un désir, celui de s'adapter au monde social et de s'y sentir protégé. Son origine est dans la fabulation enfantine. Pour la formation de la personnalité, il représente un stade normal durant l'adolescence. Cependant, souci d'un pouvoir-être en quête d'un accord imprévisible, il relève de l'affectif plus que de la volonté, de la complaisance à soi-même plus que de la réalisation, de l'esthétique plus que de l'éthique. L'adulte doit lui préférer le souci de franchise.
Yvon Belaval analyse d'abord le plaisir que donne la poésie, le plaisir de lire un poème, et distingue trois âges dans son acquisition - l'âge du Petit Roi de Galice, l'âge de Musset, l'âge parnasso-symboliste - permettant de comprendre la diversité des lectures et le rôle de l'anecdote, du sentiment, de l'intelligence esthétique. Puis, l'auteur s'intéresse à la création du poème. Frappé par l'alternance des saisons poétiques vives et mortes dans l'histoire des lettres, il l'explique par cette loi que l'imitation productrice tant qu'elle réfracte un modèle à travers des milieux différents, est platement reproductrice lorsqu'elle le reflète en un même milieu.
A Yvon Belaval (1908-1988), l'on doit notamment un Leibniz critique de Descartes (1960) et des Études leibniziennes (1976). Ce fut aussi l'ami des poètes, par exemple de Max Jacob, et des artistes. Une vive sympathie pour Diderot, dont il édita Jacques le Fataliste, l'a conduit à examiner, en philosophe plutôt qu'en historien de la littérature, mais avec de nombreuses citations à l'appui, la pensée de l'auteur du Paradoxe sur le comédien. C'est dire qu'il insiste sur le théâtre, pour lui centre de l'esthétique de Diderot. La beauté? «Un effet théâtral possible.» Le théâtre de son temps est un lieu de prédication laïque. Voilà pourquoi le philosophe fuit l'excès d'intrigue et recherche le naturel dans les caractères: un naturel qui change avec les idées nouvelles, celui de la classe moyenne; mais un naturel avec de la passion pour le grand, voire pour le sauvage, en tout cas pour le Vrai et pour le Bien. Philosophie activiste, qui part du monde sensible pour aller vers les idées grâce à l'expérience, mais qui aboutit à une découverte de l'inconscient et de l'instinct créateur.
Ces Remarques ne sont ni des pensées, ni des maximes, car toutes sont de rencontre. Mais on reconnaît cependant le moraliste et le philosophe dans cette succession de jugements et de réflexions. Des sujets comme l'esprit, le caractère, l'égoïsme, la liberté, le temps ; l'espace, la science, le progrès, la personnalité, le travail, etc. sont abordés avec un sentiment de fraternité et de pitié qui se garde de toute emphase. On est attiré par une vive sympathie pour ce livre attachant teinté d'un scepticisme sans amertume, d'une indulgence désabusée où l'auteur exprime dans une conclusion l'étonnement de l'être lancé dans la vie et aboutissant à la mort.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.