Qui suis-je ? " C'est la question que Karl Beaudelere se pose, et nous pose en retour, dans ses autoportraits obsessionnels. En mal d'identité depuis son enfance, il a entrepris vers la quarantaine d'affronter au moyen du dessin son visage tel qu'il se réfléchissait dans le petit miroir de sa chambre. Armé de stylos à bille, il a développé une technique graphique à nulle autre pareille, d'une virtuosité stupéfiante, extrayant d'un chaos de lignes et de couleurs un visage en mouvance perpétuelle, oscillant entre monstruosité et animalité, où transparaît, par moments, le fantasme d'une supra-humanité. A quel monde appartient-il ? A quelle dimension ? Quelque chose de son mystère vibre en chacun d'entre nous, et les multiples distorsions auxquelles il se prête nous rappellent à nous-mêmes, à notre propre quête de notre visage. S'affranchissant des formules de la mimétique, Karl Beaudelere nous restitue l'expérience magique du regard, au fil d'un trait qui évolue à la manière d'une psychanalyse. Les textes de Michel Thévoz, historien d'art, de Sarah Lombardi, conservatrice de la Collection de l'art brut à Lausanne, de Françoise Monnin, rédactrice en chef de la revue Artension, et de Katia Furter éclairent cette vie et cette oeuvre, parmi les plus singulières d'aujourd'hui.
Kilcher Andreas Benjamin ; Butler Judith ; Schmidt
Résumé : Entre 1901 et 1907, Franz Kafka dessine intensément, multipliant les supports : carnets, lettres, cartes postales, polycopiés de cours de droit. Il saisit sur le vif toutes sortes de personnages, des êtres fragiles, instables, aussi énigmatiques que fascinants, qui semblent émancipés autant de la gravité que de leur propre anatomie. Comme dans ses oeuvres écrites, on navigue sans entrave entre rêve et réalité, dans une tonalité inquiétante, qui confine au grotesque. Jusqu'en 2019, tous ces dessins, à l'exception de quelques-uns, restèrent précieusement gardés sous clef dans des banques zurichoises. Désormais accessibles au public, ils sont réunis pour la première fois dans le présent ouvrage. Des feuilles volantes, mais également un livret de dessins complet révèlent au lecteur cet aspect méconnu d'un des écrivains les plus singuliers et les plus marquants du XXe siècle. Les textes d'Andreas Kilcher, de Judith Butler et de Pavel Schmidt offrent au lecteur la clef de cet univers foisonnant, où le rire nargue la tragédie, où l'onirique le dispute au désespoir.
De Gustave Courbet (1819-1877), chef de file de l'école réaliste, réformateur incontesté de la peinture moderne, artiste prolifique et largement commenté, on ne saurait imaginer qu'il reste des zones d'ombre à éclaircir. Et pourtant, le mystère qui entoure son activité de dessinateur a été jusqu'ici peu abordé, et cela s'avère d'autant plus surprenant que certains dessins sont absolument remarquables. Cet ouvrage propose pour la première fois une étude historique d'ensemble, des carnets de croquis aux dessins les plus aboutis, en passant par des académies et des esquisses préparatoires. Mêlant inédits et oeuvres célèbres, il ouvre la voie à une réévaluation du rôle du dessin dans l'oeuvre de Courbet. Sous la direction de Niklaus Manuel Güdel Avec la collaboration de Anne-Sophie Poirot et Philippe Clerc Préface de Louis-Antoine Prat Textes de Lonnie Baverel Pierre Chessex Petra ten-Doesschate Chu Philippe Clerc Nicolas Ducimetière Dominique de Font-Réaulx Niklaus Manuel Güdel Michael Jakob Leïla Jarbouai Jean-David Jumeau-Lafond Robert Kopp Ségolène Le Men Dominique Lobstein Emmanuelle Neukomm Isolde Pludermacher Séverine Petit Anne-Sophie Poirot Pauline Santschi Thierry Savatier Nathalie Strasser Cet ouvrage paraît à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Courbet et est le résultat d'un projet franco-suisse des institutions suivantes : Société Courbet, Musée Courbet, Musée Jenisch Vevey, Musée d'Orsay.
Folon Jean-Michel ; Weill Alain ; Scheerlinck Karl
Quelle plus belle destinée que celle d'une affiche ! Vous l'avez faite. Les autres la comprennent. Vous travaillez pour la mémoire de la rue. [... ] Et si votre affiche est bonne, elle vivra en morceaux dans la mémoire des gens". Jean-Michel Folon a réalisé près de six cents affiches. Six cents affiches qui sont autant de chefs-d'oeuvre d'inventivité, de sensibilité, de poésie. C'était sa façon à lui d' "entendre le monde en marche". Délicates aquarelles, encres irisées : tranchant avec les productions de son époque tout en photos et en surcharges typographiques, il a choisi le dessin, privilégiant la simplicité du trait et la puissance émotionnelle de la couleur. Se méfiant du monde publicitaire, avec lequel il a peu collaboré, il a mis son art au service de ses convictions : la défense de l'environnement et des droits de l'homme, le dictionnaire Larousse, le cinéma, les manifestations culturelles, scientifiques et sportives. Flèches, personnages, masques, yeux, mains, oiseaux, arbres - on retrouve ses éléments de prédilection, son humour singulier, son onirisme confinant à la métaphysique. Nous proposons ici une sélection de cent cinquante affiches, que viennent éclairer un entretien avec l'artiste, ainsi que les textes de connaisseurs tels que Karl Scheerlinck et Alain Weill.
Quand le pinceau épouse la plume, ou inversement, pour partager l'art des confidences de la Muse qui ne manque aucun rendez-vous dans l'aventure. En route donc sur les sentiers des clins d'oeil poétiques et par-delà quelques versants historiques où se jouent et se confondent épopées, contes et mythes. Avec joie, Xavier
Figuratif autant qu'abstrait, abstrait autant que figuratif, travaillant souvent au corps à corps avec la nature et dans la nature, Vincent Bebert, né en 1980, témoigne des ressources que la peinture offre de nouveau aux artistes pour s'exprimer. Intense, vibrante, tourmentée et cependant apprivoisée et raffinée, la peinture de Vincent Bebert étonne et fascine. Des artistes aussi reconnus que Alexandre Hollan et Sam Szafran, des critiques comme Alain Madeleine-Perdrillat, Yves Michaud et Bernard Léon se sont réunis dans cette première monographie pour introduire l'oeuvre de Vincent Bebert et dire l'estime qu'ils lui portent.