Tanger 1955. A l'âge de vingt ans le narrateur Robert Vitry regagne sa ville natale qu'il avait quittée tout enfant avec son père, mort entre-temps à Paris : il y est réclamé d'urgence par sa mère qui a besoin de lui pour administrer leur immense fortune. Car la révolution nationaliste éclate en plein coeur de la cité du faste mondain international et de l'affreuse misère du peuple, l'atmosphère étant souillée par le vice, la prostitution et le jeu mais dominée par la splendeur baroque des plus riches émigrés du monde parmi lesquels Barbara, l'Américaine dont le yacht est ancré au large de la côte. Nourri par ses souvenirs heureux de petit garçon, Robert Vitry entreprend l'exploration d'une ville en fureur que les milliardaires fuient les uns après les autres. Il se lie d'amitié avec Paolo le jeune révolutionnaire qui se fait tuer lors d'un attentat. Et c'est à travers le regard extraordinairement lucide de Robert que se compose ainsi, progressivement, l'authentique roman d'une ville en perdition. Un jour, le peuple des exilés s'aperçoit avec frayeur que le yacht de Barbara a déserté le port. Certains organisent alors leur départ. Mais beaucoup vont rester, continuant à parler du vent, des attentats, des arrivées ou des départs. Le narrateur, lui, s'en va à jamais. Il n'a été qu'un témoin, le temps d'un été.
Nombre de pages
232
Date de parution
04/05/1984
Poids
305g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070701551
Titre
La chute de Tanger
Auteur
Beauce Thierry
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
305
Date de parution
19840504
Nombre de pages
232,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Il y a près de deux cents ans, Rivarol avait célébré l'universalité de la langue française, universalité toute relative puisqu'elle se limitait alors, pour l'essentiel, à l'Europe et au parler de cour. Peu enseigné dans l'Empire au temps de la colonisation, le français n'a jamais été aussi généralisé qu'on l'a prétendu. Etrange paradoxe, c'est aujourd'hui qu'il est le plus parlé. La décolonisation lui a donné sa chance. Pour la première fois dans l'histoire, la langue française n'appartient plus en majorité aux habitants de la France. Dispersée entre les mondes arabes, africains, américains, elle traduit d'autres civilisations, d'autres climats, d'autres références historiques. Ce grand basculement annonce une véritable universalité. Les tenants sourcilleux de l'académisme et du nationalisme linguistique devront se montrer plus modestes. Ils ont perdu le monopole du français. Sans triomphalisme excessif, sans pessimisme de routine, Thierry de Beaucé mesure dans ce Nouveau discours la place que la langue française tient dans le monde contemporain.
J'écris pour Esther. Un sujet rétréci qui tient de l'expérience de soi. Je m'applique. Une tranche de vie doit s'énoncer en quelques lignes, proprette et sous-tendue de modeste morale". C'est une singulière fascination que nourrit l'auteur pour Esther, sa fille, à peine née, puis, page après page, grandissante. Il la raconte dans sa vie de tous les jours, ses caprices, ses jeux, ses apprentissages, au gré aussi des vies multiples de son père.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.