Depuis plus de vingt ans, Philippe Bazin photographie le visage d individus pris dans un contexte institutionnel (l hôpital, l hospice, l école, la prison...). L ensemble de ce vaste projet artistique sur les visages de nos contemporains interroge la présence de l homme au sein des institutions qui encadrent notre vie de la naissance à la mort, tel que Michel Foucault a pu en parler dans son oeuvre, mais pose aussi la question de la singularité. Il s agit, par la photographie, de redonner visage à des personnes qui, absentes de notre regard, ont souvent disparu d une visibilité collective. Chaque visage est montré comme l affirmation d une présence au monde, faite d une chair et d un regard avec lesquels nous devons compter. Les photographies de P. Bazin évitent tout psychologisme, tout pathos, et ne cherchent pas à dévoiler une prétendue intériorité; elles ne sont pas non plus d ordre social mais tentent de faire le vide de toute présence extérieure à l être lui-même. On peut considérer que Bazin établit une sorte de mémoire collective tirée parfois des franges de notre société.
Nombre de pages
271
Date de parution
22/09/2009
Poids
2 458g
Largeur
290mm
Plus d'informations
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EAN
9782350461816
Titre
La radicalisation du monde
Auteur
Bazin Philippe
Editeur
FILIGRANES
Largeur
290
Poids
2458
Date de parution
20090922
Nombre de pages
271,00 €
Disponibilité
Epuisé
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L'institutionnalisation généralisée de tous les moments de l'existence a transformé la vie des hommes au xxe siècle, créant, après la Seconde Guerre mondiale, une situation inédite. Le travail photographique de Philippe Bazin se veut critique de cette transformation, que ce soit à travers un ensemble de faces photographiées dans des lieux institutionnels ou à travers différents projets à caractère documentaire.
Dans ce livre, Philippe Bazin s'interroge sur la photographie. D'abord, il articule des études techniques - la couleur - à des recherches historiques - à propos des relations entre médecine et photographie au XIXe siècle - et à des analyses esthétiques - à propos du « coup d'oeil » ou encore de Picasso et Brassaï. Puis, il s'intéresse à des photographes dont les oeuvres lui semblent éclairer la sienne (Larry Clark, Andreas Gursky, Albert Londe, Frédéric Lefever, Éric Nehr, Clarisse Bourgeois, Gérald Deflandre et Gérald Garbez).
Résumé : Engagé dans un projet artistique d'envergure, le photographe Philippe Bazin propose une réflexion sur son travail à la lumière des photographies des autres. Il oriente sa pensée sur la question de la photographie comme document critique et réunit ses analyses d'oeuvres de photographes importants comme Lewis Baltz, Allan Sekula, Martha Rosler ou encore Bruno Serralongue, en les rapprochant de photographes moins connus comme Géraldine Millo ou Mahaut Lavoine. Les articles rassemblés dans ce court volume sous le titre Pour une photographie documentaire critique témoignent d'une pensée féconde et cohérente prenant en compte les contextes historiques, esthétiques et idéologiques dans lesquels cette photographie se crée aujourd'hui. Chaque écrit ouvre une nouvelle facette d'un même objet d'étude. La conclusion unifie l'ensemble et propose de développer une méthodologie originale que l'auteur qualifie d'" attitude documentaire " inspirée des avant-gardes artistiques et inscrit la démarche d'écriture dans sa profondeur historique et expérimentale. Ainsi, tout le livre se veut un manifeste prospectif pour une ouverture pragmatique, dans le sens d'une politique des images, sur l'avenir de la photographie documentaire et le monde. Chez Bazin, une distance constante est recherchée, d'avec une forme d'humanisme qui ne serait plus que de l'humanitarisme condescendant, d'avec une pure satisfaction des émotions, au profit d'un travail collaboratif aussi bien lors de la production que de l'exposition, proposant un partage du sensible pouvant réintégrer une " émotion documentaire " (selon l'expression de Christiane Vollaire). Le livre ne recule pas devant ses possibles aspects polémiques et veut créer le débat autour des rapports des images à l'espace public et d'une photographie critique comme contre pouvoir.
J'ai toujours eu un faible pour Robert Doisneau et ses photographies qui dégrisent la réalité, comme un lendemain de fête. J'y ai croisé des gens plus ou moins abordables, fréquemment aimables, tantôt embarrassés par leur corps, les soucis, les parapluies, tantôt en harmonie avec cette société d'après-guerre où l'espoir renaissait. En photographiant ces gens ordinaires dans leur décor, souvent en bas de chez eux, Doisneau les a rendus hors du commun. Ce qui n'en fait pas un saint, heureusement, il rie se prenait pas la tête, ce qui l'a sauvé du pire, probablement. Reste le meilleur.