Inde du Nord, vers 1587. Au faîte d'une puissance durement acquise, le Grand Mogol Akbar souhaite voir l'étonnante histoire de sa lignée consignée dans une chronique. Appel est fait aux témoins survivants des temps de son illustre grand-père Bâbur et de son père Humâyûn. De même que ceux des compagnons d'armes et des domestiques, les souvenirs de l'une de ses tantes paternelles sont ainsi sollicités. La noble dame couche aussitôt sur le papier ce qui lui revient à l'esprit, sans imaginer qu'une grande partie de ses notes parviendra jusqu'à nous, faisant d'elle l'une des premières femmes de lettres connues dans la prose persane et, plus généralement, dans les littératures islamiques. Écrit avec un grand naturel, ce texte, souvent enjoué, parfois étreint par l'émotion au rappel d'événements heureux ou tragiques, retrace, à travers le regard d'une femme dont le père et le frère furent empereurs, un demi-siècle essentiel dans l'histoire de l'Inde, mais vu comme aucune chronique du temps ne le vit: les grandes batailles, les ruptures politiques majeures ne sont que des bruits de fond dans la vie d'une cellule familiale où, plus que dans la pompe et la splendeur, le bonheur consiste d'abord à être tous réunis. Par contraste, les déchirements qui surviennent s'entourent d'autant plus de bruit et de fureur, menant à des situations véritablement shakespeariennes. Complété, afin d'assurer au récit la cohérence souhaitable, par des extraits de chroniques du temps ou un peu postérieures, le texte légué par "Princesse Corps de Rose" laisse le regret de ne pouvoir en apprendre davantage en conversant, à l'heure du thé, avec cette femme intelligente et cultivée, courageuse et sensible, digne fille de Bâbur, le conquérant poète et autobiographe.
Nombre de pages
275
Date de parution
21/06/1996
Poids
314g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070745043
Titre
Le livre de Humayun
Auteur
Baygam Gul-Badan
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
314
Date de parution
19960621
Nombre de pages
275,00 €
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Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.