Littératures orales africaines. Perspectives théoriques et méthodologiques
Baumgardt Ursula ; Derive Jean
KARTHALA
29,00 €
Epuisé
EAN :9782811100209
On constate actuellement un regain d'intérêt pour l'oralité comme mode de culture et de communication. Le temps n'est plus où on la définissait négativement, en la caractérisant par l'absence d'écriture. L'Afrique a conservé vivante, plus que l'Europe, la pratique d'un art verbal qui se décline sous plusieurs formes: d'abord, les contes, genre emblématique de la littérature orale; ensuite, les proverbes et enfin l'épopée. A cela on peut ajouter, sur un mode mineur, les devinettes, les berceuses et autres comptines... Il faut élargir cette vision trop étroite en embrassant un nouvel horizon plus vaste, foisonnant d'une multitude de genres méconnus: chants cérémoniels ou sacrés, joutes oratoires, panégyriques, poèmes corporatifs (cynégétiques, pastoraux, etc.). Une autre idée reçue présente la littérature orale africaine comme fondamentalement passéiste, fixée une fois pour toutes dans des répertoires rigides qui se répètent au sein d'un univers rural archaïque. En réalité, cette littérature, loin d'être figée, est soumise à une variabilité qui fait la part belle à la créativité; elle est en perpétuelle évolution et sait s'accommoder des réalités modernes de la vie urbaine, du monde politique et du développement. Si les études approfondies sur tel ou tel aspect des littératures orales d'Afrique subsaharienne ne manquent pas, il n'existait pas jusqu'à présent d'ouvrage de synthèse, en langue française, qui fasse le point sur les problèmes théoriques et méthodologiques posés par l'approche de ce champ spécifique. L'ouvrage retiendra l'attention aussi bien des chercheurs en sciences humaines que de tous ceux qui, à un titre ou à un autre, s'intéressent à l'oralité littéraire. Biographie: Ursula Baumgardt est maître de conférences habilitée à diriger des recherches à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO, Paris) et membre du LLACAN (UMR 8135, "Langage, langues et cultures d'Afrique noire", CNRS/INALCO).Jean Derive, professeur émérite de l'Université de Savoie et membre du LLACAN, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'oralité africaine et la littérature comparée.
Nombre de pages
439
Date de parution
01/06/2008
Poids
700g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811100209
Auteur
Baumgardt Ursula ; Derive Jean
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20080601
Nombre de pages
439,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Les articles présentés dans ce volume s'inscrivent dans la continuité des recherches en littérature orale africaine menées au CNRS et à l'Inalco depuis les années 1970. Ces différents travaux ont porté très largement sur l'analyse de l'identité culturelle exprimée à travers les textes littéraires oraux. La notion d'altérité étant liée à celle d'identité, nous avons voulu l'explorer dans la perspective suivante : la littérature orale étant une voie d'accès aux représentations culturelles, quelle est la spécificité culturelle des expressions de l'altérité dans ces textes ? Nous souhaitons ainsi apporter une contribution à un champ peu analysé, celui de l'altérité vue de l'"intérieur", selon un axe Sud-Sud. De manière plus générale, on se trouve souvent face à un dilemme. On peut étudier la littérature orale comme l'expression d'une identité culturelle : cela implique alors, du point de vue de la recherche, qu'on aborde la problématique de façon exhaustive, sans faire l'impasse sur certains faits. Or, dans bien des cas, cette littérature est porteuse de clichés et de stéréotypes auxquels l'"usager" n'adhère pas forcément. Cela l'amène éventuellement à adopter des stratégies d'évitement : il fermera les yeux sur les questions conflictuelles et cherchera à "embellir" la réalité à laquelle renvoie l'expression littéraire. Dans d'autres cas, au contraire, l'"usager" admet tout à fait les clichés exprimés, sans prendre de distance par rapport à eux. Dans ces conditions, il est bien difficile de mettre en avant la richesse culturelle de la littérature orale comme on le fait habituellement dans un souci de valorisation du patrimoine universel. Il semble qu'une véritable valorisation ne peut se faire si l'on n'aborde pas ces questions en traitant de la portée idéologique de la littérature orale.
Les littératures en langues africaines sont encore mal connues, alors qu'elles sont riches et très diversifiées, réunissant aussi bien des productions orales que des productions écrites en plusieurs graphies. Ce volume présente des études sur les littératures de treize pays : Algérie, Cameroun, Comores, Djibouti, Gabon, Madagascar, Mali, Niger, Nigéria, Rwanda, Sénégal, Tanzanie et Tchad. Les langues concernées sont le bulu, le hausa, l'igbo, le kabyle, le kinyarwanda, le malgache, le mandingue, l'orungo, le peul, le shikomori, le somali, le swahili, le tupuri et le wolof. Les vingt-deux contributions s'organisent selon deux problématiques : la production d'abord et la diffusion ensuite des littératures en langues africaines, en distinguant pour chacune d'elles l'oralité et la scripturalité pour s'intéresser également à l'articulation entre les deux modalités de communication. Dans son introduction, Ursula Baumgardt définit le cadre théorique et méthodologique du projet pilote ELLAF (Encyclopédie des littératures en langues africaines) qui est à la source de l'ouvrage. Elle contextualise ainsi la production de la littérature orale et de la néo-oralité, tout comme sa diffusion numérique et les manifestations de l'écriture littéraire dans toute sa richesse. L'articulation étroite entre littératures orales et littératures écrites en langues africaines constitue la grande originalité de ces travaux. Elle permet une approche différenciée des textes et contribue à poser les bases d'une comparaison des littératures en fonction de la langue de production et du mode de communication utilisés. En conclusion, il est proposé d'améliorer les structures d'édition et de diffusion de ces littératures, d'encourager leur transmission et leur enseignement.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.