L'arpenteur de la nature saisit les inflexions chromatiques, il observe les changements subtils agissant secrètement, son mouvement profond ne pouvant être perçu que par celui qui se place à son diapason, en position de guetteur. Comme Thoreau, qui en fait son activité favorite et quasi quotidienne, Chateaubriand en Amérique se fait contemplateur de la nature : il rêve à travers elle et en saisit les grandes lignes de force. Une forêt disparaît, une autre lui succède ; une teinte s'assombrit, une autre s'éclaire, comme si un principe de compensation régissait la pulsion de la vie et de la mort qui agit à travers elle, assurant une éternité par-delà le déclin. L'expérience de la wilderness, l'espace sauvage américain, est traditionnellement associée à l'écriture de la nature, ou nature writing, en particulier avec Henry D. Thoreau, dans la seconde moitié du XIXe siècle. Or, celle-ci est apparue bien avant, dès les écrits du naturaliste VVilliam Bartram, inspirant fortement deux écrivains français de renom ? François-René de Chateaubriand et Alexis de Tocqueville ?qui ont décrit, entre 1775 et 1831, les splendeurs des grands espaces naturels se déployant en innombrables déserts, forêts, fleuves ou lacs. Portés par la vogue américaine issue des romans de James Fenimore Cooper, Chateaubriand et Tocqueville font naître l'écriture littéraire de la nature en s'inspirant in situ des solitudes du Nouveau Monde. Thoreau puis John Muir viendront parachever ce premier élan en consacrant l'autonomie d'un genre nouveau, promis de nos jours à un essor toujours plus grand.
Nombre de pages
341
Date de parution
08/10/2020
Poids
454g
Largeur
148mm
Plus d'informations
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EAN
9782361396473
Titre
Aux origines du nature writing
Auteur
Baudoin Sébastien
Editeur
MOT ET LE RESTE
Largeur
148
Poids
454
Date de parution
20201008
Nombre de pages
341,00 €
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Julien Gracq (1910-2007) est l'un des plus grands écrivains du XXe siècle. Son oeuvre se déploie sur une grande étendue temporelle (1938-2000) et dans tous les genres (roman, poésie, théâtre, essai). Très secret sur sa vie personnelle, Gracq ne s'est livré qu'au travers de mentions réparties au fil de ses oeuvres et de ses fictions ou encore de ses entretiens. Dans Julien Gracq, Le rivage du style, Sébastien Baudoin rassemble les fragments de cette mosaïque pour les associer à d'autres documents sur lesquels il a enquêté pendant plusieurs années. Ainsi, cet ouvrage est la première véritable biographie scientifique qui lui est consacrée. En sollicitant en profondeur sa correspondance, les témoins de sa vie ou les archives à sa disposition, Sébastien Baudoin éclaire cette vie remarquable.
Bartram William ; Baudoin Sébastien ; Benoist Pier
Auteur réputé aux Etats-Unis, William Bartram (1739-1823) est encore peu connu en France et en Europe. Or, ses Voyages (1775-1778) ont influencé de grands écrivains européens, comme le poète anglais Coleridge ou encore Chateaubriand, qui a puisé abondamment dans ses récits pour nourrir ses oeuvres américaines, Atala (1801), Les Natchez (1826) et Voyage en Amérique (1827). Dans cette édition, Sébastien Baudoin a retenu les pages qui forment le coeur de son parcours dans les Florides afin de restituer l'intensité de son rapport à cette nature exotique : loin de se contenter de recenser et d'analyser les espèces végétales et animales qu'il repère au fil de ses promenades botaniques, ce savant éclairé sait rendre avec poésie la beauté des scènes et des paysages qui s'offrent à lui. Mieux : il les transcende dans une vision providentialiste. C'est sans doute cet aspect, plus encore que la rigueur scientifique de ses observations, qui a pu charmer toute une génération d'écrivains en mal d'exotisme, célébrant la Nature comme une nouvelle Muse. Bartram donne enfin un témoignage essentiel sur les Indiens et leurs rapports aux hommes blancs de cette époque. Adoptant le regard d'un ethnologue avant l'heure, il se montre curieux de leurs moeurs, célébrant leur grandeur, déplorant leur décadence.
Chateaubriand François-René de ; Baudoin Sébastien
1791 : Chateaubriand a vingt-trois ans. Désoeuvré et préoccupé par la situation politique révolutionnaire, il quitte la France à destination de l'Amérique : son voyage durera huit mois. Là, au-delà de villes encore en devenir, il découvre, fasciné, la nature sauvage américaine : les chutes du Niagara, les grands lacs, le Mississipi et les Indiens qui peuplent ces contrées... La nature démesurée du Nouveau Monde comble son désir de liberté et lui fournit l'inspiration grandiose qui nourrira toute son oeuvre. Plus de trente ans après, se présentant comme "le dernier historien des peuples de la terre de Colomb" , il rédige son Voyage en Amérique par le prisme de ses souvenirs et de ses lectures. Tout ce qu'il n'a pas vu, il le réinvente. La nostalgie d'une grandeur passée - celle de la Nouvelle-France, l'empire colonial français désormais perdu - se mue sous sa plume en un éloge du Nouveau Monde, ce continent où "le genre humain recommence" . Chateaubriand nous le rappelle : la littérature demeure le conservatoire des mondes évanouis.
Quand le rédacteur en chef de Corsica-Hebdo est tué par une bombe, Isaià, une journaliste sans compromissions, part en quête de vérités. Sa seule piste ? Des lettres anonymes concernant la présence d'un faux Delacroix dans la cathédrale d'Ajaccio. Ses recherches l'amènent à Marseille, où elle rencontre Jane, une jeune peintre qui, bon gré mal gré, l'épaulera dans une enquête se révélant bien plus dangereuse et tortueuse qu'il n'y paraît. De l'insondable maquis corse aux hôtels parisiens miteux, d'intimidations en enlèvements, elles seront poussées dans leurs retranchements. Belles sanguinaires, c'est aussi l'histoire de deux femmes qui se trouvent, dans l'incertitude et la douleur, sous la force vibrante et solaire d'un territoire et d'une culture au croisement de la Corse, de l'Italie et de la Provence.4e de couverture : Quand le rédacteur en chef de Corsica-Hebdo est tué par une bombe, Isaià, une journaliste sans compromissions, part en quête de vérités. Sa seule piste ? Des lettres anonymes concernant la présence d'un faux Delacroix dans la cathédrale d'Ajaccio. Ses recherches l'amènent à Marseille, où elle rencontre Jane, une jeune peintre qui, bon gré mal gré, l'épaulera dans une enquête se révélant bien plus dangereuse et tortueuse qu'il n'y paraît. De l'insondable maquis corse aux hôtels parisiens miteux, d'intimidations en enlèvements, elles seront poussées dans leurs retranchements. Belles sanguinaires, c'est aussi l'histoire de deux femmes qui se trouvent, dans l'incertitude et la douleur, sous la force vibrante et solaire d'un territoire et d'une culture au croisement de la Corse, de l'Italie et de la Provence.
Dans le matin qui hésite encore sur la conduite à tenir, elle pense que tous les mots laissés en jachère, dans un coin de la vie, finissent par croître librement, sauvagement parfois, pour mener en secret une vie de vauriens, toujours prêts à resurgir au détour d'une route faussement éclairée par la neige qui vient. Sur le bras du fauteuil en rotin, sa robe rouge pend, abandonnée, misérable. Au-dessus du petit bureau, le portrait de Fidel semble la dévisager, sans vergogne. La lettre de Ruben est toujours sur la table près de la fenêtre qui donne au sud. Elle l'a relue, ces jours derniers, plusieurs fois. Elle en connaît maintenant le rythme et le souffle. Lorsqu'elle l'a découverte, elle s'est sentie comme une écolière qui reçoit ses premiers mots d'amour. 25 novembre 2016. Raúl Castro annonce la mort de son frère. Depuis le plateau ardéchois, Jeanne sent le vent du passé raviver la flamme de ses idéaux. Lorsque la lettre d'un ancien camarade, amour de jeunesse inachevé, fait surgir les souvenirs, un puissant désir d'avenir la submerge. Depuis les roches brûlantes de Cassis, Ruben a trouvé la force d'écrire, lui qui ne sait plus rien d'elle depuis si longtemps. En dépit des convictions qui les ont amenés à se rencontrer et à s'aimer, c'est le départ de Jeanne pour Cuba qui a scellé leur éloignement. A moins que ce ne soit le refus de Ruben de la suivre, horrifié à l'idée de retrouver les drapeaux sanglants, lui qui a dû fuir l'Espagne franquiste. Mais peu importent les révolutions, seules leurs retrouvailles comptent car tout reste à vivre.
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