1946. L'Europe émerge de la seconde guerre mondiale. L'Espagne s'est enfoncée dans la dictature catholique du Général Franco. Marcel Bataillon, consacre cette année-là son cours du Collège de France aux premiers jésuites d'Espagne. Inédit jusqu'à ce jour, le manuscrit de ce cours est un météore. Ancré dans l'histoire sociale, politique, culturelle et spirituelle des marges du royaume de Castille, mais tout autant attaché à des aventures individuelles, il mobilise toutes les ressources d'un grand historien et devance de plusieurs décennies les recherches actuelles sur la première réforme catholique dans la péninsule ibérique, en soulignant par exemple l'ouverture, exceptionnelle et brève, de la jeune Compagnie de Jésus aux juifs convertis. Marcel Bataillon est un homme libre. Contre l'anticléricalisme de l'hispanisme français de l'immédiat après-guerre, irrigué par l'exil républicain, il fait surgir une communauté de prêtres-moines peu orthodoxes, et cependant bien catholiques. Contre la forteresse de l'historiographie catholique du Siècle d'Or, il lance cette même petite troupe. Contre les certitudes des uns et des autres, il questionne, il interroge. A l'heure de la reconstruction d'un continent ravagé par lui-même, il met en avant l'urgence d'une attention toute particulière à ces jésuites du XVIe siècle confrontés comme leurs contemporains à un double traumatisme : le grand schisme de la Réforme et la révélation d'un Nouveau Monde.
De La Vega Garcilaso ; Bataillon Marcel ; Durand R
Les Commentaires royaux sur le Pérou des Incas, publiés il y a plus de quatre siècles, sont l'oeuvre d'un métis, Garcilaso de la Vega, fils d'un conquistador espagnol et d'une princesse Inca. Soigneusement établis à partir de témoignages, documents et souvenirs, ces inégalables Commentaires restituent avec minutie, outre la chronologie des grands événements du Pérou, tous les aspects de la société inca : lois, modes de cultures, rites sacrés, travaux de femmes, procédés de construction mais aussi flore, faune, vêtements, alimentation. Parce qu'il a capté, comme aucun autre Européen n'a su le faire, le véritable esprit de la civilisation inca, Garcilaso de la Vega peut à juste titre être considéré comme l'Hérodote des Incas.
Courte biographie anonyme, La Vida de Lazarillo de Tormès (1554) est une oeuvre surprenante qui retrace non les amours d'un berger ou les exploits d'un chevalier, mais la vie d'un va-nu-pieds. Après un triomphe initial, l'ouvrage va figurer sur la liste des livres interdits. Peine perdue : le succès ne s'est pas démenti, jusqu'à nos jours. Lazare, le héros, est un type de personnage nouveau, un gueux, un pícaro. Il tourne en dérision les valeurs fondamentales de la société espagnole : la foi et l'honneur. Lazare est un Espagnol pauvre qui porte un regard ironique sur la société et met à nu la dureté, l'hypocrisie et le cynisme du monde. Voleur d'andouilles ou perceur de coffres, le pícaro ne se paye pas de mots : la vérité n'est pas celle qu'on dit. Pour survivre, il lui faut aller voir de l'autre côté de la vie, selon l'expression de Céline.
Après avoir appris que "dessiner, c'est facile", après avoir donné vie à leurs personnages de papier, Marjorie, Thomas ou Gabriel vont découvrir la magie des couleurs : comment les choisir, les marier et les ordonner. En plus, le Professeur Pingouin réserve une surprise à ses élèves : la réalisation d'une grande fresque dans la cour de récré ! Ce nouveau manuel de dessin explique pas à pas comment parler la "langue dessinée" : s'amuser avec les couleurs, donner vie à ses personnages... Il complète la série initiée avec Un rond deux points, le petit manuel qui t'apprend à dessiner et Raconte-moi ton dessin.
Les Belles Lettres regroupent dans ce somptueux coffret réalisé par Benjamin Van Blancke les deux volumes d'Isaac Asimov consacrés à l'histoire romaine, de sa fondation à sa chute. C'est sa fascination pour l'histoire du grand Empire romain qui inspira Asimov pour construire son Empire galactique dans le Cycle de Fondation, oeuvre qui s'est rapidement imposée comme un classique et comme une référence de la littérature de science-fiction. Dans La République romaine, Asimov retrace l'épopée d'une petite tribu qui a bâti en l'espace de 500 ans, grâce à son audace et à son ingéniosité, l'une des civilisations les plus brillantes de l'histoire : Rome. De la fondation légendaire par Romulus à l'avènement d'Auguste, Asimov dresse, grâce à sa maîtrise parfaite de la narration, un tableau limpide de cette époque fascinante. Chaque chapitre s'ouvre sur l'une des superbes illustrations de Benjamin Van Blancke, et immerge tout entier le lecteur dans cette « suite extraordinaire de triomphes et de désastres, de faits de bravoure au combat et de bêtise dans la paix, d'intrigues sordides et d'idéalisme glorieux » (Isaac Asimov). Dans le second et dernier volume consacré à l'histoire romaine, Isaac Asimov guide ses lecteurs à travers les quatre siècles durant lesquels Rome assura son hégémonie sur le monde occidental, apportant la paix à une centaine de millions de personnes. L'Empire romain reprend le récit là où La République romaine l'avait laissé, à l'avènement d'Auguste et au début du principat, et couvre toutes les lignées d'empereurs jusqu'aux royaumes germaniques et à la victoire de Clovis à Soissons, qui marque la fin de la tradition romaine, 1239 ans après la fondation de la Ville par Romulus. Se plaçant en chroniqueur lucide, Asimov, au moyen d'anecdotes savoureuses et d'apartés, relie la « grande » histoire, celle des batailles et des dirigeants, à la « petite », celle du quotidien et des masses anonymes. Ce volume est, comme le précédent, illustré par les majestueux dessins de Benjamin Van Blancke.
Pendant une douzaine d'années, Jean-Pierre Otte s'est attaché à rassembler les mythes premiers du cercle Arctique, des deux Amériques, de l'Afrique noire, de l'Océanie et de l'Australie de l'"Ere du rêve". Ces mythes de création qui, dans le recours à l'imaginaire, demandent à la vie le secret de ses origines, étaient peu connus, dispersés ou fragmentaires, souvent jamais traduits de la langue dois laquelle les grands voyageurs et les premiers ethnographes les rapportèrent. Dans un second temps - et cette démarche fera date -, Jean-Pierre Otte s'est efforcé d'amener ces grands récits de la tradition orale à l'existence écrite. Son travail dans la rigueur n'en est pas moins une transposition poétique, aussi vivante et passionnée que possible. Il s'agissait d'amplifier le sens, d'exalter les couleurs, d'accentuer les contrastes, et de mettre en évidence, sans le dénaturer, le contenu philosophique, métaphysique, religieux, amoureux ou moral des mythes du commencement. Rendus magnifiquement, ces matins du monde ont été choisis pour être représentatifs des grands courants cosmogoniques, lesquels ne sont peut-être, malgré leurs différences, ou plutôt grâce à elles, que la diversité fabuleuse et fertile d'une unité foncière inscrite au plus profond de la mémoire du monde et de la nôtre.
Comnène Anne ; Frankopan Peter ; Leib Bernard ; Ki
Non, je n'écris pas cela par complaisance pour mon père. Je l'affirme, toutes les fois que je vois mon père se tromper, et je m'attache à la vérité. XIV, 7, 3
Revue de presse Ouvrage remarquable par sa clarté et son esprit de synthèse. Amplement documenté, précis et son propos est élevé. --Le Figaro LittéraireCes six cents pages, denses mais vivantes, surprenantes parfois, qui poussent à la réflexion et où chacun aiguisera cette qualité dont les anciens se méfiaient souvent : la curiositas. --Le Figaro HistoireAu terme de quinze ans de travail, Michel de Jaeghere publie le fruit de sa réflexion dans un grand livre. --Le Figaro Magazine