Lors de la parution de La Part maudite, en 1949, Georges Bataille révélait qu?il travaillait depuisdix-huit ans à l?élaboration de cette représentation du monde, dont, seize ans auparavant, « Lanotion de dépense », publiée dans la revue La Critique sociale, constituait une première approche.Pour Georges Bataille, La Part maudite abordait, « en dehors des disciplines particulières, unproblème [...] à la clé de tous ceux que pose chaque discipline envisageant le mouvement del?énergie sur la terre, de la physique du globe à l?économie politique, à travers la sociologie,l?histoire et la biologie [...]. Même ce qui peut être dit de l?art, de la littérature, de la poésie est enrapport au premier chef avec le mouvement [?] de l?énergie excédante, traduit dansl?effervescence de la vie ». Le sens le plus intime de cette entreprise est donné par le fait que cette ébullition du monde, voué à l?« abandon », à l?« écoulement » et à l?« orage », est conçue à l?image de celle qui n?a cessé d?animer la vie de l?auteur. Aussi La Part maudite occupe-t-elle une place centrale dans l?oeuvre de Georges Bataille.
Nombre de pages
188
Date de parution
07/04/2011
Poids
160g
Largeur
115mm
Plus d'informations
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EAN
9782707321565
Titre
La Part maudite. Précédé de La notion de dépense
Auteur
Bataille Georges ; Piel Jean
Editeur
MINUIT
Largeur
115
Poids
160
Date de parution
20110407
Nombre de pages
188,00 €
Disponibilité
Epuisé
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La collection « Connaître une oeuvre » vous offre la possibilité de tout savoir du roman Ma mère de Georges Bataille, grâce à une fiche de lecture aussi complète que détaillée. La rédaction, claire et accessible, a été confiée à un spécialiste universitaire. Cette fiche de lecture répond à une charte qualité mise en place par une équipe d'enseignants. Ce livre contient la biographie de Georges Bataille, la présentation de l'oeuvre, le résumé détaillé, les raisons du succès, les thèmes principaux et l'étude du mouvement littéraire de l'auteur.
Georges Bataille avait un grand projet : élaborer, à partir d'une critique de l'utile, une économie générale qui désaliène l'homme rivé au travail et restitue sa "part maudite" - la consumation, libre, gratuite. Il fait l'hypothèse d'un temps originaire où le monde se serait donné à l'homme dans un pur rapport d'immanence et d'immédiateté. Le monde était alors l'intime de l'homme, il était excès, il était passion : "Le monde intime s'oppose au monde réel comme la démesure à la mesure, la folie à la raison, l'ivresse à la lucidité". Désormais, dans le monde transcendant - ce monde où l'homme rivé au travail s'invente des fins hors de lui et à atteindre dans l'avenir - l'érotisme permet de redécouvrir la possibilité de dépenses d'énergie sans cette utilité immédiate qui nous asservit. L'érotisme enfièvre, dépense, gaspille. Puisque sur lui seul l'avenir n'a pas de prise, il est "la voie la plus puissante pour entrer dans l'instant". Cet ouvrage est extrait du tome VIII des OEuvres complètes de Georges Bataille.
La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre particulièrement dangereux. A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détacher des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. Celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques sont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte. Il arrive ainsi que la pièce prenne l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet. Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarnée un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.
Dans Fin de partie il y a déjà cette notion d'immobilité, cette notion d'enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu'il peut faire c'est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu'on voit de temps en temps apparaître et qui ont un très charmant dialogue d'amour. Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d'échecs et ils marquent des points, l'un après l'autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s'en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s'exprime avec beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce - qui est à un niveau théâtral absolument direct, où il n'y a pas d'immense symbole à cher-cher, où le style est d'une absolue simplicité -, il y a cette espèce de jeu qu'ils se font l'un à l'autre, et qui se termine aussi d'une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, s'il y a suspense, c'est ce fils Clov, partira-t-il ou non? Et on ne le sait pas jusqu'à la fin. Je dois dire aussi que c'est une pièce comique. Les exégètes de Beckett parlent d'un "message", d'une espèce de chose comme ça. Ils oublient de dire le principal, c'est que c'est une chose qui est une découverte du langage, de faire exploser un langage très quotidien. Il n'y a pas de littérature plaquée, absolument pas. Faire exploser un langage quotidien où chaque chose est à la fois comique et tragique.